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Le reportage de Camille Carpentier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une femme de Trois-Rivières qui pratique le métier d'escorte depuis 13 ans a accepté de parler de son travail et du projet de loi du gouvernement Harper entourant la prostitution.

Emmanuelle (nom fictif) insiste : elle aime ce qu'elle fait.

« Il y a des endroits où les gens sont obligés de se prostituer, mais beaucoup d'autres font ce métier parce qu'ils sont à l'aise de le faire. »

Elle est escorte pour une agence placement. Dans son milieu de travail, il n'y a ni proxénète ni drogue.

Son métier, elle le fait pour l'argent, mais aussi parce qu'elle considère qu'elle fait le bien. « Ce n'est pas que sexuel : les clients ont besoin de combler un vide. »

Ses clients proviennent de toutes les sphères de la société, du milieu de la construction à la médecine. Pour la plupart, ce sont des hommes qui veulent combler des besoins auxquels leur femme ne répond pas. « Des gens tout à fait normaux », résume Emmanuelle.

Cette dernière peut se permettre de choisir ses clients. Elle peut aussi refuser de faire certains gestes.

En 13 ans de carrière, elle dit n'avoir jamais eu de client violent.

Elle reconnaît toutefois que certaines prostituées « sont prises dans la misère, que certains proxénètes profitent de leur travail. » Ce n'est pas le cas dans son agence de placement.

Être escorte lui procure un revenu annuel de 20 000 $, qui s'ajoute au salaire que lui procure son autre profession.

Projet de loi sur la prostitution

Le 4 juin dernier, le gouvernement Harper a déposé son projet de loi pour encadrer la prostitution au Canada.

Ottawa vise surtout les clients et les proxénètes qui vendent et profitent de la prostitution.

Le projet de loi, baptisé Loi sur la protection des collectivités et des personnes exploitées, mettrait un accent particulier sur les amendes pour ceux qui achètent des services sexuels dans les lieux publics.

Emmanuelle ne croit pas que le cadre proposé soit le bon.

« Je ne suis pas d'accord à ce que les clients fassent les frais », explique-t-elle. « C'est ce qui va faire en sorte que nos clients normaux, des hommes mariés qui viennent nous voir à l'insu de leur femme, ne viendront plus nous voir. Il ne va nous rester que ceux qui sont dans la marge. »

Dans cette situation, elle croit que sa sécurité pourrait être compromise.

Emmanuelle serait plutôt en faveur d'une décriminalisation totale de la prostitution au Canada. Elle ne croit pas que le métier en serait banalisé et estime même que les femmes et les hommes qui le pratiquent pourraient obtenir un meilleur soutien.

C'est d'ailleurs là son plus grand souhait : que la profession et ceux qui la pratiquent soient mieux encadrés.

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