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Sonnés, les partisans de l'espagne.

Sonnés, les partisans de l'espagne.

Photo : Robert Frosi

Robert Frosi

Des manifestants anti-Coupe du monde qui se sont invités aux abords du stade Maracana, doublé d'un long congé, et Rio s'est transformé en un gigantesque stationnement mercredi, jour du duel Espagne-Chili.

Toutes les artères menant au stade présentaient un interminable convoi de voitures arrêtées sur plusieurs dizaines de kilomètres. Les partisans des deux camps ont pris d'assaut l'unique moyen de transport efficace, le métro. Mais là encore, les moyens ne suffisaient pas. Pendant ce temps, des centaines de partisans chiliens qui n'avaient pas de billets ont forcé les portes du stade.

Devant cette cohue monumentale, plusieurs ont décidé de rebrousser chemin.

C'est dans cette ambiance que l'équipe espagnole est arrivée sur le terrain comme un animal encore blessé, après son humiliante défaite contre les Pays-Bas. Les Chiliens, eux, comme ceux qui allaient porter le coup de grâce.

« Vraiment douloureux »

C'est à la Casa de Espana que je me réfugie, incapable de voir ne serait-ce qu'un infime morceau du Maracana. Il y a plus de 25 000 Espagnols à Rio, et plusieurs centaines d'entre eux se sont réunis dans ce centre communautaire qui leur rappelle à chaque instant leur pays. Le vaste établissement est situé au pied des collines verdoyantes dans un quartier cossu. Des écrans ont été installés un peu partout et des banderoles aux couleurs du pays ondulent au-dessus de nos têtes.

Pendant que les parents s'inquiètent après le premier but chilien, les enfants habillés aux couleurs de la Rioja courent en criant à tue-tête. À la fin de la première mi-temps, la déception est palpable, car l'Espagne est menée 2-0. Pour Gabriel Tostes Barboza, ça sent la fin. « Oui, j'ai peur, il faut maintenant jouer avec le coeur, tout donner...Oui, j'ai peur, car on risque de rentrer à la maison. Ce serait la première fois que l'Espagne sort au premier tour des qualifications. »

Pendant que l'on sert des tapas et de la sangria, l'équipe espagnole, totalement dominée par le Chili, n'arrivera pas à combler l'écart. Le coup de sifflet final de l'arbitre que l'on redoutait tant arrive comme une triste libération. L'Espagne est éliminée en phase de groupe de la Coupe du monde. Du jamais vu!

Un partisan espagnol incrédule devant le sort réservé à son équipe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un partisan espagnol incrédule devant le sort réservé à son équipe.

Photo : Robert Frosi

Avec cette défaite, l'Espagne rejoint le groupe peu enviable des équipes éliminées en phase de groupe après avoir été championne quatre ans plus tôt (Brésil en 1966, France en 2002 et Italie en 2010).

Jamon, qui a fait le voyage de Madrid, est sans mot. Après quelques instants, il se ressaisit. « Par-dessus tout, c'est triste pour l'Espagne, mais triste aussi pour le reste du monde qui espérait que les champions offrent un spectacle, du beau jeu. Mais on n'a rien eu de tout cela. Je suis triste, c'est vraiment douloureux. »

Des nuages noirs envahissent le ciel de Rio, à l'image des champions du monde qui rentrent maintenant chez eux faire leur deuil.

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