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Après la prostitution et la drogue, la délivrance

Stéphanie, ex-prostituée de Laval

Sortir des griffes de la toxicomanie

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La sobriété est le résultat d'un long parcours. Du dérapage, en passant par l'enfer, pour finalement atteindre la délivrance. Une ex-toxicomane et ex-prostituée a accepté de raconter son histoire pour lever le voile sur les dangers qui guettent les jeunes filles.

Un texte de Marie-Ève TremblayTwitterCourriel

Il y a un an, nous avons rencontré Stéphanie à Laval, une jeune toxicomane qui se prostituait depuis une quinzaine d'années pour subvenir à ses besoins. Aujourd'hui, elle avait une bonne nouvelle à annoncer. Elle a quitté la rue et ne consomme plus de drogue depuis le 19 juillet 2013, soit le jour où elle a visionné notre reportage.

Nous vous présentons son cheminement à travers deux visions : celle de Stéphanie, mais aussi celle de sa mère, Nathalie, qui a répondu avec franchise à toutes nos questions.

1. LE DÉRAPAGE

Stéphanie s'est fait recruter par les gangs de rue alors qu'elle était adolescente. Aujourd'hui âgée de 30 ans, secondaire 2 en poche, elle reconnaît qu'elle émerge d'un enfer. Elle n'a pas eu recours à la thérapie pour s'en sortir. Elle avait déjà tenté l'expérience, mais après plusieurs échecs, c'est sa volonté qui a été plus forte que tout.

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Notez que certaines images sont brouillées parce que l'an dernier, le témoignage de Stéphanie représentait un risque pour sa sécurité.

2. L'ENFER

En ce moment, je ne vis pas, je survis à ma consommation. Mon pimp, c'est ma drogue. Mon pimp, c'est mon vendeur.

Une citation de :Stéphanie

L'an dernier, la « roche » tenait Stéphanie en otage. Elle fumait pour l'équivalent de près de 300 $ de crack par jour. Sa mère raconte avoir souvent parcouru la ville à sa recherche lorsqu'elle était sans nouvelles. Elle avait peur de trouver sa fille morte dans la rue.

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3. LA DÉLIVRANCE

Pour arriver à s'en sortir, Stéphanie s'est éloignée de tous ceux qu'elle côtoyait quotidiennement et qui consommaient avec elle. Elle a quitté Laval et s'est réfugiée chez sa mère Nathalie, à Terrebonne.

La première semaine, elle a dormi et mangé. Il n'y avait pas de jour, ni de nuit.

Une citation de :Nathalie

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4. L'AIDE

Certaines personnes sont venues en aide à Stéphanie. Parmi elles Jeanne Pothier, intervenante à l'Oasis à Laval - un organisme travaillant en réduction des méfaits - et Frédéric Jean, porte-parole de la Police de Laval. Tous les deux ont travaillé avec Stéphanie. Ils se réjouissent de cette bonne nouvelle.

« Stéphanie, je la connaissais parce qu'elle était une habituée du secteur pont Viau et Chomedey auparavant. C'est toujours plaisant de savoir que parfois, nos interventions donnent de beaux résultats », se réjouit Frédéric Jean.

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Stéphanie habite maintenant à Montréal avec son copain. Le temps de se remettre en selle, elle touche de l'aide sociale. Elle s'implique dans des rencontres de Cocaïnomanes anonymes et elle fait du bénévolat.

Prochaine étape : trouver du boulot. Après des années dans la rue, elle a besoin d'aide pour constituer son curriculum vitae. Elle aimerait faire un cours en toilettage canin, mais elle doit d'abord amasser de l'argent pour payer sa formation. Entre-temps, elle compte travailler dans une chaîne de restauration rapide.

Aujourd'hui, je peux dire que je suis heureuse. J'apprends à vivre avec le bonheur. C'est l'fun! Des fois ça fait peur, mais je m'adapte bien.

Une citation de :Stéphanie

« C'est l'fun de voir toute son l'évolution, de voir comment elle a embelli, avec ses beaux yeux. Quand ils sont à l'état squelettique, c'est trop dur. C'est dur de voir la déchéance », conclut la mère de Stéphanie.

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