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De « gros risques » pèsent sur la production pétrolière de l'Irak

L'avancée des djihadistes sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant fait planer une menace sur la production irakienne, la deuxième plus importante dans pays membres de l'OPEP.

Photo : Reuters

Reuters

L'Agence internationale de l'énergie estime que l'Irak risque de ne pas atteindre ses objectifs de production pétrolière, qui représente les trois cinquièmes de la hausse de la production mondiale attendue d'ici 2019. Selon les experts de l'organisation, la production irakienne « est sujette à de gros risques » en raison « des institutions faibles, une bureaucratie lourde, une résurgence dramatique de la violence dans le sillage de la guerre civile en Syrie, qui culmine à l'heure où nous écrivons dans une campagne militaire rapide d'insurgés sunnites ».

Alors que la demande augmente, l'Agence souligne par ailleurs que des menaces pèsent sur les exportations d'autres pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans un contexte de montée des violences et d'instabilité politique.

Dans son rapport prospectif à moyen terme publié mardi, l'organisation, qui conseille la plupart des pays industrialisés, estime cependant que la demande mondiale pourrait ralentir d'ici la fin de la décennie en raison, notamment, des prix élevés.

Les prix du pétrole Brent de la mer du Nord ont frôlé les 115 $ le baril la semaine dernière, près d'un sommet en neuf mois, à mesure de l'avancée des djihadistes sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui fait planer une menace sur la production irakienne.

L'Irak est le deuxième producteur de l'OPEP. Une partie des exportations irakiennes sont suspendues depuis mars, tandis que la production de l'OPEP a également été affectée par les troubles en Libye et les sanctions contre l'Iran.

« Au sein de l'OPEP, l'Irak demeure la principale source de la hausse attendue de la capacité de production, mais cette augmentation semble de plus en plus exposée », a écrit la directrice générale de l'AIE Maria van der Hoeven, dans le rapport.

Actuellement, l'agence prévoit que l'OPEP augmente sa capacité de production de 2,08 millions de barils par jour (bpj) pour atteindre 37,06 millions bpj d'ici 2019. À lui seul, l'Irak devrait représenter plus de 60 % de cette hausse.

Ce rapport contraste avec celui de mai 2013, qui prévoyait que le pétrole de schiste américain compense la hausse de la demande mondiale, laissant peu de marge à l'OPEP pour augmenter sa production sans tirer les prix vers le bas.

L'AIE table désormais sur une demande mondiale moyenne de 92,76 millions bpj en 2014, en hausse de 960 000 bpj par rapport aux prévisions de mai 2013. La croissance de la demande mondiale va s'accélérer pour atteindre 1,42 million bpj l'année prochaine contre 1,32 million cette année, selon l'AIE.

L'agence a également relevé sa prévision de demande mondiale pour les stocks de pétrole brut de l'OPEP de 900 000 bpj, à 30,1 millions bpj en 2014.

« Les marchés pétroliers sont de bien des façons [...] bien plus tendus aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a un an », a dit l'AIE.

Illustrant le fait que la hausse de la demande est surtout soutenue par l'Asie, l'AIE prévoit que la Chine devienne dès cette année le premier importateur de pétrole brut, devant les États-Unis.

Après une nouvelle accélération de la demande en 2015, l'AIE table sur un ralentissement en raison de préoccupations environnementales et d'alternatives au pétrole meilleur marché.

Notre dossier

Fermeture de la raffinerie de Baïdji

La direction de la plus grande raffinerie d'Irak a annoncé mardi la fermeture du site et l'évacuation du personnel étranger par mesure de sécurité.

Située entre Mossoul et Tikrit, deux villes tombées aux mains des insurgés sunnites qui contrôlent désormais une grande partie du nord de l'Irak, la raffinerie est encerclée depuis la semaine dernière par les combattants djihadistes de l'EIIL.

Selon la direction, la raffinerie est toujours contrôlée par l'armée gouvernementale et les ouvriers irakiens sont restés sur place après l'arrêt des installations dans la nuit.

« Suite à des tirs de mortier des insurgés, la direction de la raffinerie a décidé d'évacuer le personnel étranger par mesure de sécurité et d'arrêter totalement la production pour limiter le risque de dégâts importants », a déclaré un ingénieur en chef sous le couvert de l'anonymat.

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