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Manifestations contre la réforme des soins de santé aux réfugiés

Les manifestants devant la colline parlementaire pour dénoncer la réforme des soins de santé aux réfugiés, à Ottawa, le 16 juin 2014
Les manifestants devant la colline parlementaire, à Ottawa Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Plus de 200 professionnels de la santé ont manifesté lundi midi à Toronto contre la décision du gouvernement Harper d'avoir supprimé, il y a deux ans, le programme de soins gratuits pour les réfugiés.

Un texte de Jean-Philippe NadeauTwitterCourriel

Il s'agissait du troisième rassemblement du genre au pays depuis 2012. D'autres manifestations ont eu lieu dans 17 autres villes du pays, comme Ottawa et Vancouver.

Les organisateurs de l'événement ont une fois de plus demandé au ministre fédéral de l'Immigration, Chris Alexander, de restaurer le programme.

Le relais des provinces

La couverture médicale des réfugiés ne concerne plus que les soins urgents, ce qui veut dire que les traitements non urgents, les soins dentaires et oculaires ne sont plus couverts par le régime public.

Depuis la réforme, six provinces, dont l'Ontario et le Québec, ont pris la relève en décidant de couvrir les frais de santé des réfugiés. Mais elles doivent le faire par l'intermédiaire de la Croix-Bleue. La démarche est compliquée et bureaucratique, ce qui décourage souvent les réfugiés, selon les organisateurs de la manifestation.

Ils affirment que le gouvernement a délibérément mis des obstacles administratifs pour freiner ces provinces qui offrent maintenant des services aux réfugiés. Ils demandent donc à Ottawa de rétablir le programme fédéral afin de permettre l'accès universel aux soins de santé.

Selon eux, la décision du gouvernement d'abolir le programme était anticonstitutionnelle et inhumaine. De plus, obliger des professionnels de la santé à refuser de donner des soins, va à l'encontre de leur code d'éthique, soutiennent-ils.

La réforme a eu, selon eux, un impact majeur sur l'état psychologique et la santé des demandeurs d'asile, qui n'ont souvent pas les moyens de payer pour un traitement médical et des médicaments.

La position du gouvernement

La réforme des conservateurs a été contestée devant la Cour fédérale cet hiver, et le tribunal doit rendre sa décision dans les prochaines semaines. Ce sont des associations de médecins et d'avocats travaillant auprès des réfugiés au pays qui ont décidé de saisir les tribunaux.

Les avocats du gouvernement fédéral affirment que la réforme a permis de dissuader ceux qui ne venaient au Canada que pour se faire soigner gratuitement.

Ils assurent que le ministère de l'Immigration continue à payer des services comme les traitements du diabète ou les soins dentaires pour les enfants. Ils font en outre une différence entre les soins d'urgence et les services de santé : les demandeurs qui ont des maladies transmissibles ont droit à une couverture gratuite, peu importe leurs intentions pour rester au pays.

Les demandeurs qui font appel après avoir essuyé un refus de rester au pays ont en outre toujours accès à des services gratuits, ajoutent-ils.

Les avocats du gouvernement concluent que la réforme n'est ni arbitraire ni injuste, mais bien rationnelle.

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