•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Irak : les djihadistes gagnent du terrain et Washington étudie ses options

Les forces gouvernementales irakiennes combattent les djihadistes à Jurf al-Sakhar, le 14 juin.

Photo : Alaa Al-Marjani / Reuters

Radio-Canada

En Irak, les djihadistes poursuivent leur offensive et Washington annonce que l'équipe de sécurité nationale présentera lundi soir ses options en Irak au président Barack Obama.

Plus tôt lundi, le secrétaire d'État américain, John Kerry, avait déclaré que les États-Unis étaient disposés à parler avec l'Iran de la crise en Irak et envisageaient des frappes de drones parmi plusieurs options.

« Je n'exclurais rien qui puisse être constructif », a répondu M. Kerry à Yahoo News qui l'interrogeait sur une éventuelle coopération militaire avec l'Iran pour aider l'Irak.

Américains et Iraniens ont abordé la crise irakienne en marge des négociations qui se tiennent à Vienne sur le programme nucléaire iranien. « La question a été brièvement soulevée », a précisé un haut responsable américain sous couvert de l’anonymat.

Par ailleurs, un haut responsable iranien, cité par Reuters, a déclaré que la coopération militaire avec les États-Unis n'a pas été discutée et qu'elle ne constitue pas une option pour l'Iran.

Dimanche, le Wall Street Journal rapportait que les États-Unis se préparent à ouvrir un dialogue direct avec l'Iran sur la situation en Irak, citant de hauts responsables américains.

Cette semaine, l'Iran s'est dit hostile à « toute intervention militaire étrangère », croyant qu'elle compliquerait davantage la situation. Les États-Unis et l'Iran sont tous les deux alliés du régime irakien, mais les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 34 ans.

La ville de Tal Afar aux mains des djihadistes

Sur le terrain, les combattants sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés lundi de plusieurs secteurs de la ville stratégique de Tal Afar, dans le nord-ouest du pays. 

Cette agglomération, située à 380 km au nord-ouest de Bagdad, est une des seules de la province de Ninive qui échappait au contrôle des insurgés.

Ces attaques ont poussé quelque 200 000 personnes - soit la moitié de la population totale de Tal Afar et ses environs - à fuir les combats, selon Abdoulal Abbas, un responsable municipal, qui a réclamé une aide internationale.

Les insurgés de l'EIIL se sont emparés d'une grande partie du nord-ouest de l'Irak au cours des derniers jours et progressent vers Bagdad.

Les Bagdadis ont peur

Une ambiance de peur règne à Bagdad, rapporte notre collaboratrice Anne-Sophie Le Mauff depuis la capitale irakienne. « Les cafés sont désertés, les restaurants sont désertés. Il y a beaucoup moins de circulation dans les rues », ajoute-t-elle.  

Une fois leurs activités finies, les habitants courent se réfugier dans leur quartier. Beaucoup d’entre eux craignent la chute de Bagdad malgré la présence massive des forces de l’ordre. Ils tentent à tout prix de se procurer des armes pour se protéger.

Des membres des forces irakiennes patrouillent près des frontières de la province de Karballah et celle d’Anbar.

Des membres des forces irakiennes patrouillent près des frontières de la province de Karballah et celle d’Anbar.

Photo : STRINGER Iraq / Reuters

Des ambassades occidentales évacuent leur personnel à Bagdad

Plusieurs ambassades occidentales, dont celle du Canada, ont commencé à évacuer leur personnel de la capitale irakienne.

Pour des raisons de sécurité, le chargé d'affaires du Canada en Irak a quitté le pays dimanche, confirme le ministère canadien des Affaires étrangères.

En raison de ce départ, le gouvernement du Canada devra analyser sur une base quotidienne le type de présence diplomatique qu'il assurera en Irak, soutient le porte-parole de la diplomatie canadienne, John Babcock.

Récemment, le ministère des Affaires étrangères a recommandé aux Canadiens de ne pas se rendre en Irak, expliquant que la situation sociopolitique y était dangereuse et imprévisible.

De son côté, le gouvernement des États-Unis a évacué du personnel diplomatique de Bagdad et a envoyé trois navires de guerre dans le golfe Persique, dont un porte-avions, afin de protéger les intérêts américains dans la région.

Le président Obama a annoncé dans la soirée le déploiement de 275 militaires « équipés pour le combat » en Irak pour protéger l'ambassade des États-Unis à Bagdad et les citoyens américains.

L'Australie a aussi confirmé avoir évacué du personnel diplomatique. 

Notre dossier

Exécutions de masse

Washington a condamné dimanche les massacres « horribles » perpétrés par les djihadistes dans la ville de Tikrit. Ceux-ci affirment avoir massacré 1700 chiites membres des forces de l'armée de l'air irakienne.

L'EIIL a publié sur son compte Twitter des photos et des vidéos d'exécutions de masse de dizaines de personnes désarmées, habillées pour la plupart de vêtements civils et allongées sur le sol. Les djihadistes disent avoir exécuté des centaines de déserteurs de l'armée irakienne capturés pendant qu'ils tentaient de fuir les combats.

« Voilà le sort qui attend les chiites que Nouri [Al-Maliki] a envoyés combattre les sunnites », lit-on sur une des images.

L'authenticité de ces images n'a pas pu être vérifiée.

Pour Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, les forces alliées à l'EIIL ont très certainement commis des crimes de guerre en exécutant des centaines d'hommes non directement impliqués dans les combats en Irak.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, et Reuters

International