•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Irak : Washington prêt à un dialogue avec l'Iran, selon le Wall Street Journal

Un combattant de l'EIIL dans les rues de Mossoul.

Photo : STRINGER Iraq / Reuters

Radio-Canada

Les États-Unis se préparent à ouvrir un dialogue direct avec l'Iran sur la situation en Irak, rapporte dimanche le Wall Street Journal.

Le quotidien cite des hauts responsables américains, qui déclarent que le dialogue pourrait s'ouvrir cette semaine entre Washington et Téhéran, alors que des djihadistes sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés d'une grande partie du nord-ouest de l'Irak.

Linsdey Graham, un sénateur républicain de Caroline du Sud, a déclaré à l'émission de CBS Face the Nation que Washington aurait besoin de l'aide de l'Iran pour éviter l'effondrement du gouvernement irakien. « Nous allons probablement avoir besoin de leur aide pour tenir Bagdad », a-t-il dit.

Cette semaine, l'Iran s'est dit hostile à « toute intervention militaire étrangère », croyant qu'elle compliquerait davantage la situation.

Exécutions de masse

Washington a également condamné dimanche les massacres « horribles » perpétrés par les djihadistes dans la ville de Tikrit. Ceux-ci affirment avoir massacré 1700 chiites membres des forces de l'armée de l'air irakienne.

L'EIIL a publié sur son compte Twitter des photos et des vidéos d'exécutions de masse de dizaines de personnes désarmées, habillées pour la plupart de vêtements civils et allongées sur le sol. Les djihadistes disent avoir exécuté des centaines de déserteurs de l'armée irakienne capturés alors qu'ils tentaient de fuir les combats.

« Voilà le sort qui attend les chiites que Nouri [Al-Maliki] a envoyés combattre les sunnites », lit-on sur une des images.

L'authenticité de ces images n'a pas pu être vérifiée.

Nouveau front

Les djihadistes, dont la progression en direction de Bagdad a ralenti ce week-end, ont pris le contrôle dimanche de la ville de Tal Afar, ont rapporté des témoins. 

Des insurgés défilent dans les rues de la ville de Mossoul.

Des insurgés défilent dans les rues de la ville de Mossoul.

Photo : STRINGER Iraq / Reuters

Les forces gouvernementales irakiennes, appuyées par des hélicoptères, ont combattu les militants de l'État islamique en Irak et au EIIL, faisant de nombreuses victimes. 

« La ville a été prise par les militants. De violents combats ont eu lieu, beaucoup de gens ont été tués. Des familles chiites ont fui vers l'ouest et des familles sunnites vers l'est », a déclaré un responsable de la municipalité.

Les habitants sunnites de cette ville, à majorité turkmène, accusent la police et l'armée, composées de chiites, d'avoir tiré au mortier sur leurs quartiers, précipitant ainsi l'intervention des combattants de l'EIIL. 

Tal Afar est située à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Mossoul et à 200 km au nord-ouest de Kirkouk et à proximité de la frontière syrienne.

Notre dossier

Bagdad sous haute tension

Les combattants de l'EIIL sont maintenant à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad et la capitale irakienne n'est pas épargnée par les violences. Une série d'explosions à Bagdad ont fait au moins 15 morts en plus de blesser au moins 30 personnes, dimanche. 

Cette semaine, les autorités irakiennes ont lancé une contre-offensive pour stopper l'avancée de l'EIIL et ont renforcé les défenses autour de la ville après un appel du groupe à attaquer Bagdad. Mais les explosions et attentats suicide continuent de se multiplier, ciblant surtout des quartiers chiites et des membres des forces de sécurité.

À Bagdad, des milliers de citoyens se sont portés volontaires pour prendre les armes contre les insurgés.

À Bagdad, des milliers de citoyens se sont portés volontaires pour prendre les armes contre les insurgés.

Photo : REUTERS/Thaier Al-Sudani

Des milliers de citoyens ont répondu à l'appel du plus haut dignitaire chiite du pays et se sont portés volontaires pour prendre les armes contre les insurgés. Mais, à Bakouba, à proximité de Bagdad, un centre de recrutement a été visé dimanche par des tirs d'obus de mortier, faisant six morts.

Washington évalue ses options

Les États-Unis ont annoncé un renforcement des mesures de sécurité à leur ambassade à Bagdad et vont retirer de la capitale irakienne une partie du personnel de la représentation diplomatique. La grande majorité du personnel de l'ambassade restera toutefois sur place. Les ressortissants américains ont aussi été invités à limiter leurs déplacements dans cinq provinces d'Irak.

Plus tôt cette semaine, le président américain a rejeté l'idée de ramener des troupes américaines au sol en Irak, mais a néanmoins déployé dans le Golfe d'un porte-avions américain.

Pour sa part, l'ancien émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré que l'offensive djihadiste est le résultat de l'inaction de la communauté internationale quant au conflit syrien qui fait rage depuis 2011. « C'est une règle bien connue : un conflit de ce genre ne peut pas rester enfermé dans les frontières d'un seul pays. Malheureusement, on a négligé le problème syrien et on n'a pas aidé à le résoudre. Voilà le résultat », a-t-il déploré.

L'Irak tente toujours de se remettre de l'invasion américaine de 2003, rappelle-t-il, ajoutant que cette « grosse blessure s'est infectée » avec le conflit syrien.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

International