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Le nouveau chef du Bloc se défend d’avoir fait référence au FLQ

Nouvelle démission au Bloc
Radio-Canada

Mario Beaulieu, nouveau chef du Bloc québécois, soutient ne pas avoir fait référence au Front de libération du Québec (FLQ) lorsqu'il a dit « nous vaincrons » lors de son discours de victoire.

Celui qui a été choisi pour diriger la formation souverainiste a murmuré samedi soir ces mots, alors que des militants les scandaient dans la salle. Ce slogan a été utilisé pendant la crise d'Octobre par le FLQ.

« Nous vaincrons, nous gagnerons, il y a eu toutes sortes de slogans qui ont été criés. Moi, je n'ai pas fait le lien entre "nous vaincrons" et le FLQ », s'est-il défendu en entrevue à Radio-Canada, ajoutant ne pas être un radical.

Gilles Duceppe, qui a été chef du Bloc durant 15 ans, en veut à Mario Beaulieu d'avoir prononcé ces mots. « Je ne peux pas m'identifier à des gens qui crient "nous vaincrons". On sait ce que ça veut dire. C'est complètement irresponsable, inconscient », a-t-il déploré. « Ce n'est pas en criant des incantations qu'on fait la souveraineté, c'est en étant rigoureux. »

L'entrevue avec Mario Beaulieu

Mensonger et démagogique

Le nouveau chef du Bloc québécois a aussi tenté de calmer la grogne suscitée par son discours. « Nous attendons cela depuis 20 ans. Le temps de l'attente et du défaitisme est terminé. Le temps de rêver à la liberté et de croire en l'avenir est revenu », a déclaré Mario Beaulieu samedi soir, s'attirant les foudres de Gilles Duceppe. 

« C'est mensonger, c'est de la démagogie », a répliqué l'ex-leader souverainiste.

« Moi, je ne dénigre pas le travail qui s'est fait avant. Tout ce que je dis, c'est que maintenant on ramène l'indépendance à l'avant-plan, dans toutes nos actions », s'est-il défendu en entrevue à Radio-Canada dimanche, ajoutant que « M. Duceppe a été un grand chef qui a accompli beaucoup ».

M. Beaulieu, 54 ans, reconnaît toutefois que son élection à la tête du parti représente un « changement considérable de stratégie ». Après le « deuil post-référendaire », il faut faire plus que défendre les intérêts du Québec à Ottawa à son avis. « On est au bout de cette stratégie », croit-il.

En ce moment, le Bloc n'a que quatre députés à la Chambre des communes, alors qu'il en comptait 49 à l'élection de 2008. Les prochaines élections fédérales sont prévues à l'automne 2015.

Deux démissions

Quelques heures à peine après l'élection de Mario Beaulieu, le président de l'association bloquiste d'Hochelaga, à Montréal, a annoncé quitter les rangs de la formation souverainiste. Jerry Beaudoin affirme qu'il ne peut se rallier aux positions défendues par le nouveau chef. Il dit croire que d'autres démissions pourraient survenir dans les prochaines semaines.

Dimanche, un membre de l'exécutif de l'association bloquiste de Laurier-Sainte-Marie, Bruno Grenier, a aussi annoncé qu'il démissionnait de son poste, traitant Mario Beaulieu de « clown ». « L'indépendance se fera par l'ouverture ou ne se fera pas. Il faut protéger cette conception de l'ouverture et de l'inclusion à notre Québec français pour tous », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Il se demande si les quatre députés du Bloc ne devraient pas quitter le parti pour créer une autre formation politique.

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