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« J’en connais des élus qui ont accepté de faire des voyages de pêche », dit Michel Lagacé

Les explications de Denis Leduc
Radio-Canada

Le témoignage d'un ex-ingénieur de BPR et Roche, sous le couvert de l'anonymat, à la commission Charbonneau, fait des vagues dans l’Est du Québec.

Il a, entre autres, prétendu, jeudi, qu’une cinquantaine d’élus de l’Est du Québec ont accepté, au fil des années, des voyages de pêche offerts par des firmes d’ingénieurs.

Le président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) du Bas St-Laurent, Michel Lagacé, a confirmé ces dires sans pouvoir quantifier l’ampleur du phénomène. À titre de maire de Saint-Cyprien, une municipalité près de Rivière-du-Loup, le président de la CRÉ s’est fait offrir, en compagnie du directeur général de la municipalité, un voyage par la firme BPR qu’il a refusé.

« Il y avait une ancienne pratique. Effectivement, des firmes offraient ça [les voyages] à des élus, explique M. Lagacé. On s’était fait offrir un voyage semblable, en hydravion, camp de pêche, tout le tralala nous était fourni. On arrivait avec notre petit linge et, par la suite, c’était la firme qui s’occupait du reste. »

Michel Lagacé a refusé d’identifier les maires qui ont refusé l’offre des firmes. Selon le témoin de la commission Charbonneau, cette pratique se serait étalée entre 1990 et 2004.

J’en connais effectivement des élus qui ont accepté de faire des voyages de pêche. C’était une ancienne pratique qui était occasionnelle

Michel Lagacé

« Aujourd’hui, je pense qu’il n’y a pas d’élus au Québec qui vont accepter d’aller en voyage de pêche payé par une firme d’ingénierie, En tout cas, j’espère », nuance-t-il.

Éric Forest pas au courant et surpris

Le maire de Rimouski et l'ancien président de l'Union des municipalités du Québec dit ne pas avoir entendu parler de cette pratique. Il est surpris d'entendre le nombre qui auraient bénéficié de cette pratique considérant le nombre de municipalité dans l'Est du Québec.

« C'est surprenant, 50 maires, c'est beaucoup, lance-t-il. C'est clair que la culture change. À mon avis, aujourd'hui, aucun accepterait d'aller à un voyage de pêche ou autre venant d'une firme d'ingénieurs. »

« D'ailleurs, je n'ai jamais été invité à ce type de voyage », assure Éric Forest.

Il pense qu'il est important de connaître la période exacte de cette pratique puisque des règles ont resserré l'octroi des contrats à la fin des années 2000.

Il mentionne que Rimouski peut être cité en exemple avec la création d'une banque de personnes appelées à siéger aux comités de sélection pour l'octroi des contrats publics à des firmes privées.

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