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L'opposition dénonce les promesses brisées du PLQ

Le compte rendu de Martine Biron
Radio-Canada

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec accusent le gouvernement libéral de Philippe Couillard de ne pas avoir tenu plusieurs de ses promesses électorales, notamment celle de ne pas alourdir le fardeau fiscal des Québécois. 

« Le grand perdant de ces deux premiers mois [de gouvernement], c'est le contribuable », a dit le chef de la CAQ, François Legault, lors de son bilan de fin de session parlementaire. 

En dépit de sa promesse de ne pas alourdir le fardeau fiscal des Québécois, le gouvernement s'est empressé d'augmenter les tarifs d'électricité et de hausser les taxes scolaires de 8 % pour l'an prochain, déplore M. Legault. 

« On avait dit une pause de taxes et d'impôts. Or, les taxes ont augmenté pour la bière entre autres », a renchéri le chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, lors de son propre bilan de la session parlementaire. 

M. Bédard dénonce aussi la voie de l'austérité sur laquelle s'est engagé le gouvernement libéral, qualifiant le budget Leitao adopté aujourd'hui de « libéralo-caquiste ». « On y retrouve beaucoup d'engagements de la CAQ, mais on ne voit pas de traces des engagements libéraux de la dernière campagne. C'est pour ça que sans hésitation on l'appelle le budget des promesses brisées. »

François LegaultFrançois Legault Photo : PC / Jacques Boissinot

De son côté, le chef de la CAQ croit que le gouvernement a fait une partie du travail en revoyant la colonne des dépenses, mais déplore qu'il n'ait rien prévu pour relancer l'économie québécoise. « On a perdu 30 000 emplois depuis le début de l'année [et] aucune mesure n'est proposée », a déploré François Legault. 

Durant la campagne électorale, Philippe Couillard s'était engagé à créer 250 000 nouveaux emplois. Or, il n'a pas de plan pour y arriver, croit également Stéphane Bédard. 

Il faut absolument que le gouvernement soit obsédé par la création d'emplois plutôt que par l'austérité.

Stéphane Bédard, chef intérimaire du PQ

MM. Legault et Bédard ont par ailleurs raillé le gouvernement pour la mise en place de commissions sur la fiscalité et sur la révision permanente des programmes de l'État. « Ce que ça annonce c'est de l'indécision, a estimé Stéphane Bédard. Ce qu'on voit c'est un gouvernement qui ne sait pas où il s'en va. Quand tu ne sais pas où tu t'en vas, tu confies ça à un comité de non-élus qui va faire un rapport. On va parler du rapport, et pendant ce temps, pensez-vous vraiment que de bonnes décisions se prennent? »

Sur le plan des bons coups de la session, les deux hommes notent l'adoption du projet de loi sur les soins de santé en fin de vie, qui a fait consensus à l'Assemblée nationale.

À lire aussi : Des messages clairs, un ton assumé - blogue de Gérald Fillion sur les gestes posés par le gouvernement Couillard en matière économique

Couillard croit que les Québécois sont derrière lui

Philippe Couillard fait le bilan sur les huit dernières semaines de son gouvernement.Philippe Couillard fait le bilan sur les huit dernières semaines de son gouvernement. Photo : PC / Jacques Boissinot

Le premier ministre Philippe Couillard s'est pour sa part félicité de la rigueur budgétaire de son gouvernement et du grand nombre de promesses électorales réalisées depuis son élection. Il reconnaît que « la traversée » vers l'équilibre budgétaire en 2015-2016 sera « rude et exigeante », mais elle est surtout nécessaire, dit-il.

« C'est un peu le travail d'une famille qui vient de se rendre compte qu'elle a dépensé pas mal plus que ce que ses moyens lui permettaient au cours des dernières années et qui doit faire les ajustements requis. Je pense que les familles québécoises comprennent très bien ce passage obligé. »

En échos aux critiques de l'opposition sur la relance de l'économie, il affirme que son gouvernement a mis en place les quatre grands piliers de son plan avec des mesures touchant aux PME, au Plan Nord, aux ressources naturelles et à la stratégie maritime. 

« Il y avait énormément d'inquiétude pour le climat d'investissements avant l'élection du mois d'avril. Ça s'est dissipé. Les investisseurs, ils sont là ils vont revenir », croit-il. 

Mais c'est surtout l'évasion de trois détenus à Québec qui a marqué la fin de la session parlementaire. M. Couillard reconnaît que les travaux de l'Assemblée auraient pu se terminer sur une meilleure note. « Deux évasions héliportées au Québec, c'est trop là. Franchement, il n'y a pas de quoi être heureux. Je n'en suis pas heureux du tout. Je ne suis pas heureux non plus de la façon dont l'information a circulé entre les différents acteurs. »

Il souligne cependant avoir fait attention de ne pas rejeter la faute sur le gouvernement précédent, comme cela se fait souvent, et ajoute que sa confiance envers la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, demeure entière.

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