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Évasion : les libéraux serrent les rangs derrière la ministre Thériault

La ministre Lise Thériault

La ministre Lise Thériault

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance envers la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, alors que le Parti québécois continue de réclamer sa démission. Il l'accuse d'avoir transmis de fausses informations au public sur l'évasion des trois détenus du Centre de détention de Québec, samedi dernier.

La Coalition avenir Québec estime pour sa part qu'une telle demande est prématurée. 

« Le discrédit est total. Je ne pense pas qu'on revoit ça, un juge qui contredit la ministre de la Sécurité publique, a lancé en Chambre le chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, lors de la période des questions vendredi. Le premier ministre va-t-il la relever de ses fonctions? Ou va-t-il garder une ministre qui n'a, de toute évidence, plus aucune crédibilité pour exercer ses importantes fonctions. »

Le juge Louis Dionne a contredit la ministre Thériault, qui lui avait attribué la décision de réduire la cote de sécurité des évadés de la prison d'Orsainville avant leur fuite.

L'opposition reproche aussi à la ministre de la Sécurité publique d'avoir discrédité le système de justice en affirmant qu'on lui avait menti. Vendredi, elle a dit que l'enquête administrative ordonnée par le gouvernement permettra d'identifier « les menteurs » dans l'appareil gouvernemental. Le PQ y voit une attaque frontale envers les institutions. 

Le premier ministre Philippe Couillard a défendu sa ministre. « Notre collègue de la Sécurité publique est une femme déterminée - un adjectif bien connu des membres de l'opposition officielle - courageuse et compétente. Elle a donc toute la confiance du premier ministre et celle de ses collègues de l'Assemblée nationale », a-t-il rétorqué aux critiques lancés par M. Bédard. 

« Je ne me souviens pas que notre consoeur ait mis en cause une personne ou une institution en particulier. Elle s'est interrogée sur la qualité de l'information et la cohérence des informations qui lui sont fournies et à la lumière des déclarations des derniers jours, on peut comprendre sa préoccupation, n'est-ce pas? » a-t-il ajouté. 

Philippe Couillard a rappelé que la priorité était de retrouver les trois fugitifs et que la lumière soit faite sur leur évasion grâce à l'enquête ordonnée par le gouvernement et menée par l'ancien sous-ministre de la Justice, Michel Bouchard.

Lise Thériault ne commentera plus le dossier

La principale intéressée a indiqué qu'elle se ferait avare de commentaires en attendant d'obtenir des réponses. « Ce qui est important au moment où on se parle, c'est que Me Bouchard puisse avoir toute la latitude pour faire la lumière sur ce qui s'est vraiment passé. L'enquête est entre ses mains. À partir de ce moment, je ne commenterai ni les actions de M. Bouchard, ni ce qui se passe concernant le procès. Je crois qu'il est sage de ma part d'adopter cette attitude », a affirmé Mme Thériault.  

À leur arrivée au caucus ce matin, de nombreux collègues de Mme Thériault se sont portés à sa défense. Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a estimé que la ministre a pris la bonne décision en demandant une enquête administrative pour comprendre les causes des évasions. Il ajoute que l'engagement du premier ministre de rendre publiques les conclusions de l'enquête assure les Québécois de la transparence du gouvernement.

La ministre a indiqué jeudi que l'enquête administrative permettra d'identifier les « menteurs » dans l'appareil gouvernemental.

Une demande de démission prématurée, dit la CAQ

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, veut savoir qui a menti à la ministre, comme elle l'a laissé entendre. En conférence de presse pour faire un bilan de la session parlementaire, il a toutefois estimé qu'il était trop tôt pour réclamer la démission de Mme Thériault, même s'il reconnaît qu'il y a eu « cafouillage » de sa part.

La Sûreté du Québec est toujours à la recherche des trois dangereux détenus qui se sont évadés du Centre de détention de Québec à l'aide d'un hélicoptère, samedi dernier : Yves Denis, 35 ans, Denis Lefebvre, 53 ans, et  Serge Pomerleau, 49 ans.

Il s'agit de la deuxième évasion par hélicoptère à survenir en moins de 18 mois. Deux détenus s'étaient évadés par hélicoptère de la prison de Saint-Jérôme (Nouvelle fenêtre) en mars 2013, dans les Laurentides. Ils avaient été arrêtés quelques heures plus tard, à quelque 85 kilomètres dans la région de Mont-Tremblant, en compagnie de deux complices.

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