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Trop de voitures et pas assez d'autobus au Nouveau-Brunswick

Circulation automobile et autobus
Radio-Canada

Les citoyens du Nouveau-Brunswick sont beaucoup trop dépendants de l'automobile et n'ont pas de transport public adapté à leurs besoinsm selon une étude de l'Institut d'études urbaines et communautaires de l'Université du Nouveau-Brunswick. 

Les Néo-Brunswickois arrivent au troisième rang concernant la possession d'un véhicule privé, au pays. En moyenne, un foyer possède 1,55 véhicule, soit plus que la moyenne nationale de 1,47. 

Le directeur de l'Institut d'études urbaines et communautaires, Yves Bourgeois, explique que la ruralité est un facteur important expliquant cette dépendance à la voiture. 

« On vit dans des communautés où on a beaucoup d'espace, mais l'envers de la médaille, c'est qu'on vit dans des communautés qui sont peu denses, et c'est très difficile d'exploiter un système en commun. »

Yves Bourgeois estime d'ailleurs que le système de transport en commun actuel est désuet. Pour franchir une distance de 9 kilomètres, qui prendrait 15 minutes en voiture, il faut parfois faire jusqu'à une heure d'autobus. 

On a quelques initiatives communautaires. Il existe, c'est précaire, dans certaines communautés, ça dépend des bénévoles, il y a plein d'entraves. Autre que ça, on a des commissions de transports en commun à Moncton, à Fredericton et à Saint-Jean.

Yves Bourgeois, directeur de l'Institut d'études urbaines et communautaires de l'Université du Nouveau-Brunswick

Le système est d'ailleurs très peu utilisé, selon Yves Bourgeois. Seulement 3,5 % des résidents du Grand Moncton utilisent le transport en commun. À Fredericton, ce taux grimpe à environ 4,5 %, mais c'est beaucoup moins que le taux d'utilisateurs à Montréal, qui est de 20 %.

Des coûts énormes pour l'utilisateur 

Yves Bourgeois soutient que les propriétaires sous-estiment les coûts réels d'une voiture. Pour une personne ayant un salaire annuel de 32 000$, l'automobile gruge environ un tiers du revenu. 

Les gens pensent que ça coûte de 4 à 5 000 $. En réalité, ça coûte plus près de 11 000 $ par an juste pour exploiter une voiture, c'est-à-dire faire les paiements, l'assurance, le gaz, etc. 

Yves Bourgeois, directeur de l'Institut d'études urbaines et communautaires de l'Université du Nouveau-Brunswick

Yves Bourgeois estime que ces frais élevés freinent la prospérité économique. Il s'agit d'une barrière importante à la participation au marché du travail, pour les gens ayant un faible revenu. De plus, l'obligation d'avoir une voiture peut être rébarbative pour les nouveaux arrivants, qui préfèrent utiliser le système en commun.

« On prend aussi rarement en considération les autres coûts [...] si on situe une école en banlieue, par exemple, on n'a pas pris en considération que ça va demander plus en matière d'autobus, ça va créer plus de congestion, ça va causer plus de problèmes de santé, de productivité. »

Selon lui, lorsque tous ces coûts sont additionnés, le transport en commun est une option beaucoup plus économique pour la population. 

Plusieurs solutions pour améliorer 

La solution passe notamment par les nouvelles technologies, selon Yves Bourgeois. Il explique que la technologie existe pour analyser les besoins des utilisateurs, selon les moments de la journée. 

« À ce moment-là, on ne fait pas ce travail-là, on ne sait pas où les masses critiques de gens ont besoin de se déplacer. Pourtant, on a les moyens de le déceler. »

Yves Bourgeois estime que même si la majorité des gens sont réticents à payer davantage, un meilleur financement est essentiel pour améliorer le service. Tout comme les coûts de construction des routes et des ponts sont absorbés par l'ensemble des contribuables, les automobilistes devraient également mettre la main à la poche en payant davantage certains services, pour financer le transport en commun. 

Acadie

Société