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Le Grand défi Pierre Lavoie, notre voyage de pêche annuel

Des cyclistes lors du Grand défi Pierre Lavoie
Radio-Canada

Chaque année, quand le printemps et le beau temps arrivent, c'est le même rituel pour notre groupe d'amis. Les courriels se multiplient, les dates butoirs arrivent et l'on se sépare les tâches. Sauf que, dans notre cas, la bière est remplacée par les boissons énergisantes riches en électrolytes et les gels énergétiques, l'huile à mouche par l'huile pour les chaînes, le bateau par le véhicule récréatif et la canne à pêche par le vélo... Mais, pour le reste, le Grand défi Pierre Lavoie est semblable à un voyage de pêche pour nous.

Un texte de Cendrix BouchardTwitterCourriel

Au fond, c'est l'occasion de se retrouver entre amis pendant quelques jours et de ne penser à rien. Les heures de sommeil sont peu nombreuses et les levers à l'aube sont monnaie courante, tout comme lors d'un voyage de pêche. Et comme tout bon voyage de pêche, on en revient beaucoup plus fatigué qu'on ne l'était à notre départ.

Bien entendu, le Grand défi c'est beaucoup plus que ça. Nous passons presque toute l'année à nous préparer. Il y a les campagnes de financement, les soirées vins et fromages, les soupers spaghetti. Le parrainage de notre école et les cubes d'énergie demandent également notre attention.

Le Grand défi Pierre Lavoie vise à faire la promotion de l'activité physique et des saines habitudes de vie. Il comporte plusieurs volets, dont le concours « Lève-toi et bouge », pour les enfants du primaire, une course à relais pour les jeunes du secondaire, ainsi qu'un marathon cycliste où des équipes de cinq personnes se relaient sur une distance de 1000 km, du Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu'à Montréal.

C'est vraiment lorsque la neige fond que la plupart des cyclistes commencent leur entraînement réel pour le Grand défi. Bon nombre d'entre nous effectuent de nombreuses heures d'entraînement sur un appareil à l'intérieur durant l'hiver. Dans mon cas, j'ai la chance de vivre dans un endroit où l'on peut rouler toute l'année. Mais n'allez pas penser que c'est le grand confort de rouler à Vancouver l'hiver. On doit composer avec la pluie et le vent et des températures relativement près du point de congélation. Mais on fait avec et on se trouve bien chanceux!

La période d'entraînement en est une parfois frustrante et l'on se demande comment on a pu perdre aussi rapidement cette forme qui a été tellement difficile à obtenir. C'est incroyable à quel point une sortie à vélo de trois heures peut paraître longue en mai, alors que la même sortie semble si courte en septembre.

Un brin de nostalgie

Le Grand défi c'est aussi l'occasion de revoir des visages familiers et des connaissances reliées uniquement à cet événement. On revoit aussi les infatigables bénévoles, année après année. Certains d'entre eux sont des irréductibles.

Pour moi, le Grand défi c'est aussi l'occasion de revoir des amis d'enfance et de visiter ma famille et ma ville natale. Le départ de l'arrondissement La Baie, à Saguenay, reste pour moi le moment le plus émouvant.

Ça se passe chez moi, sur le quai où l'on allait passer nos soirées sur le bord du fjord où j'ai grandi. Le tour de la ville à vélo est imbattable et l'on reconnaît des centaines de visages, ceux des gens qui nous encouragent année après année. Le Grand défi avec ses 2000 cyclistes redonne aussi à ma ville les allures qu'elle avait quand j'étais jeune et que les grands spectacles attiraient des milliers de personnes vers la fin des années 1980.

Bien entendu, tout ça va de pair avec la cause, l'homme et le mouvement qui nous unit tous comme cyclistes. C'est l'occasion de nous amuser en faisant une petite différence. Nous sommes tous très privilégiés de participer à cet événement!

Bref, chaque année, c'est le même scénario... Une fois la glace fondue sur les lacs, je me dis : où est-ce que j'ai mis ma canne à pêche déjà? Ah oui! Il y a tout de même une bonne différence : pour nous, ça mord toujours!

Journaliste de Radio-Canada, Cendrix Bouchard est basé à Vancouver. Il a grandi à La Baie et participe au Grand défi Pierre Lavoie depuis cinq ans.

Société