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Les médecins canadiens saluent les consultations de Québec sur les soins de fin de vie

Entretien avec Véronique Hivon, « marraine » du projet de loi 52

Le processus de consultation et le dialogue instauré par Québec sur le projet de loi mourir dans la dignité devrait servir d'exemple au reste du Canada, croit l'Association médicale canadienne (AMC).

Dans un rapport déposé mardi sur une consultation nationale sur les soins de fin de vie menée par l'AMC, l'organisme qui représente les médecins du pays juge que l'approche respectueuse et non partisane adoptée par Québec, qui a tenu des consultations et des audiences publiques sur cette délicate question, est un exemple à imiter pour le reste du Canada.

Dans un communiqué, l'AMC écrit que « les Canadiens veulent avoir une discussion franche et ouverte sur les enjeux liés à la fin de vie et à la mort » et que les citoyens des autres provinces s'attendent, comme ceux du Québec, à ce que leur gouvernement ouvre un dialogue sur cette importante question éthique.

L'Association médicale canadienne prévoit également déposer les résultats de la consultation qu'elle a menée dans le pays à la Cour suprême du Canada, qui doit bientôt entendre une cause portant sur le suicide assisté.

Principales conclusions tirées des consultations menées par l'AMC

  • Tous les Canadiens devraient discuter des volontés de fin de vie avec leur famille ou d'autres êtres chers.
  • Tous les Canadiens devraient élaborer des directives préalables appropriées et exécutoires dans la province ou le territoire où ils vivent.
  • Il faut développer une stratégie nationale sur les soins palliatifs.
  • Tous les Canadiens devraient avoir accès à des services de soins palliatifs appropriés.
  • Il faut mieux former les étudiants en médecine, les médecins résidents et les médecins praticiens sur les approches et services de soins palliatifs, et sur les directives préalables.
  • Si l'on modifie la loi canadienne pour permettre l'euthanasie ou l'aide médicale à mourir, il faudra établir des garanties et des protocoles rigoureux afin de protéger les personnes et les populations vulnérables.

Source : Association médicale canadienne

Les médecins aussi partagés sur la question

Mais tout comme au Québec, les médecins du reste du Canada sont divisés sur la question de l'euthanasie et de l'aide à mourir. 

Pour l'AMC, l'important est de respecter les souhaits de la population, peu importe si elle penche vers une légalisation pour l'aide à mourir ou le maintien de son interdiction.

La loi 52, qui encadre les soins de fin de vie au Québec, a été adoptée jeudi dernier par l'Assemblée nationale. Elle doit entrer en vigueur dans 18 mois.

Déjà, elle provoque des remous à Ottawa où le gouvernement Harper envisagerait une contestation judiciaire, selon le Bloc québécois.

Le gouvernement fédéral maintient que c'est lui, et non les provinces, qui a juridiction sur la question de l'aide à mourir, en vertu de sa compétence en droit criminel.

Le Bloc tentera en contrepartie de faire adopter une motion demandant à la Chambre des communes de réaffirmer le droit exclusif du Québec de légiférer en matière de santé et de soins de fin de vie.

Une démarche qui, pour réussir, doit réunir l'approbation unanime des députés. Ce qui n'est pas chose faite pour le Bloc. 

Mais il n'y a pas qu'à Ottawa que le projet de loi 52 suscite la controverse. Au Québec, dimanche dernier, un collectif de 500 médecins québécois a annoncé qu'il compte faire appel aux tribunaux afin de bloquer l'application de la loi 52.

Cette loi, dans sa forme actuelle, va à l'encontre du Code criminel canadien, selon eux.

Avec les informations de La Presse canadienne

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