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Les trois évadés de Québec toujours en cavale

De gauche à droite : Denis Lefevbre, Yves Denis et Serge Pomerleau

Radio-Canada

La Sûreté du Québec (SQ) poursuit ses recherches et son enquête près de 24 heures après l'évasion de Serge Pomerleau, Denis Lefebvre et Yves Denis, qui ont réussi à s'enfuir par hélicoptère samedi soir du Centre de détention de Québec.

Les trois hommes sont considérés comme étant dangereux par les autorités. La SQ a fait savoir dimanche que leurs noms ont été ajoutés à la liste des 10 criminels les plus recherchés au Québec. Selon la SQ, leur évasion a été très bien planifiée et les trois hommes tentent de se cacher pour le moment.

« C'est sûr que ça semblait bien planifié », a affirmé Ann Mathieu, porte-parole de la SQ.

La SQ a demandé à tous les citoyens qui possèdent de l'information au sujet des trois évadés de contacter le 911. L'appel à témoins semble avoir fonctionné. « Il y a de l'information que les enquêteurs possèdent », indique Ann Mathieu. « Il y a des gens qui ont téléphoné pendant la nuit », a-t-elle ajouté.

L'évasion s'est produite vers 19 h 45. Un hélicoptère de couleur verte a atterri dans une des cours du Centre de détention de Québec. L'hélicoptère a par la suite survolé la ville à basse altitude en direction ouest. Certains citoyens ont été surpris de le voir.

« Au début, je pensais qu'il s'agissait d'un hélicoptère de l'armée, mais ce n'est pas assez gros pour qu'il s'agisse d'un hélicoptère de l'armée », a raconté Steve Rousseau.

Yves Denis, 35 ans, Denis Lefebvre, 53 ans, et Serge Pomerleau, 49 ans, ont été arrêtés dans l'opération Écrevisse, qui a permis de démanteler un réseau de stupéfiants en Abitibi-Témiscamingue en 2010. Depuis avril, ils subissent un procès devant jury à Québec pour trafic de stupéfiants. Selon la Couronne, le réseau qu'ils dirigeaient était relié aux Hells Angels et opérait principalement en Abitibi. Ils sont aussi accusés des meurtres de Johnny Coutu et Benoît Denis.

Lacune en matière de sécurité

Le niveau de sécurité du Centre de détention de Québec n'est pas particulièrement élevé, constate Sylvain Tremblay, enquêteur et officier à la retraite de la SQ.

On n'est pas dans un centre de détention à sécurité maximale, on est dans un minimum, donc ces gens-là ont le temps de penser. On peut facilement dire que c'est une évasion qui a été planifiée, probablement pendant tout le cours de leur procès et de leurs déplacements, ça leur permet d'avoir plusieurs contacts.

Sylvain Tremblay, enquêteur à la retraite

Le Centre de détention de Québec, appelé autrefois la prison d'Orsainville, accueille des détenus qui purgent des peines de moins de deux ans. Il est sous juridiction provinciale.

Selon Sylvain Tremblay, il y a de fortes chances que les trois évadés se cachent pour le moment en forêt, notamment dans la réserve faunique des Laurentides. « Ils n'ont sûrement pas fait deux ou trois cents kilomètres avec l'hélicoptère, sinon c'est dangereux », dit M. Tremblay. La présence de pêcheurs dans le parc devrait aider la police, car ces derniers pourraient apercevoir les évadés et lancer l'alerte, pense l'ancien enquêteur.

Vue aérienne de la prison d'OrsainvilleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vue aérienne de la prison d'Orsainville

Photo : Sarah Dion-Marquis

Procès pour trafic de drogues et meurtres

Selon Sylvain Tremblay, la principale raison qui aurait poussé les trois détenus à s'évader est leur prochain procès pour meurtres prémédités.

« C'était vraiment accessoire le procès de trafic de stupéfiants. [...] Mais eux, c'est certain que leur grande motivation, c'est la peine qui pouvait les condamner à vie pour leur procès de meurtre en janvier à Montréal », dit M. Tremblay. Les trois hommes sont en effet accusés des meurtres de Johnny Coutu et Benoît Denis. Le premier, un criminel notoire bien connu du milieu policier, a été assassiné à Laval le 13 juillet 2009, alors que le second a été tué à Joliette le 13 mai 2010.

C'est la deuxième fois en moins d'un an que des prisonniers s'évadent en hélicoptère. En mars 2013, deux détenus s'étaient évadés (Nouvelle fenêtre) de cette manière de la prison de Saint-Jérôme, au nord de Montréal. Ils avaient été arrêtés quelques heures plus tard 85 kilomètres plus loin, dans la région de Mont-Tremblant, en compagnie de deux complices.

Ces deux évasions amènent l'enquêteur à la retraite Sylvain Tremblay à se poser des questions. À son avis, les autorités devront revoir les mesures de sécurité, notamment dans les cours.

Le Syndicat des agents de la paix réagit

Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels, a de son côté défendu dimanche le travail des agents du Centre de détention de Québec. Selon lui, ils ne pouvaient rien faire pour contrer l'invasion d'un hélicoptère dans la cour de l'établissement.

« La problématique là-dedans, c'est qu'il y avait d'autres personnes incarcérées également dans la cour. Au moment de l'événement, il y en avait 17 dans la cour. C'est sûr qu'il y a toute une question de sécurité pour les agents d'aller intervenir auprès d'un hélicoptère [...] On ne sait pas si les personnes dans l'hélicoptère sont armées. Ils étaient un peu impuissants face à ça. Pour ce qui est des patrouilleurs périphériques, ils ne peuvent quand même pas tirer sur l'hélicoptère », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a réagi par voie de communiqué dimanche en fin d'après-midi. Elle a tenu à rassurer la population en disant que tous les efforts sont mis de l'avant depuis samedi soir afin de retrouver les trois détenus qui se sont évadés.

Entrevue avec Mathieu Lavoie, président du syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec

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