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Alstom vante le tram-train pour Montréal et la Rive-Sud

Un train léger de la compagnie Alstom à Bordeaux, en France.

Un train léger de la compagnie Alstom à Bordeaux, en France.

Radio-Canada

La compagnie Alstom propose une troisième option pour le transport en commun sur le nouveau pont Champlain. Plutôt que des autobus ou un train, le constructeur propose un tram-train électrique, un système hybride entre le tramway et le train. 

Un texte de Thomas GerbetTwitterCourriel

Alstom affirme que son tram-train est plus économique et plus souple et qu'il permet de rejoindre beaucoup plus de personnes que le train envisagé par l'AMT. Son système circule déjà dans 46 villes à travers le monde comme Barcelone et Madrid (en Espagne), Paris, Lyon, Bordeaux et Strasbourg (en France) ou Brasilia (au Brésil). La Ville d'Ottawa s'apprête à l'implanter dans la capitale canadienne.

« Il agit comme un tramway en région urbaine et comme un train en périphérie qui peut rouler à 100 km/h », explique le président et chef de la direction d'Alstom Canada, Pierre Gauthier. Pas besoin de créer des gares, de simples arrêts semblables à des arrêts d'autobus suffisent. Il pense que le tram-train pourrait par exemple rouler sur le boulevard René-Levesque ou sur le boulevard Taschereau.

Les gens de la Rive-Sud pourraient embarquer sur le tramway qui passerait sur une rue principale, et s'arrêterait à diverses stations. Il pourrait accélérer, traverser le pont Champlain, et arriver sur Montréal. Et là, au lieu que tous les gens débarquent à un endroit, ils débarquent à diverses stations.

Pierre Gauthier, PDG d'Alstom

Pas de correspondances

Un des avantages du tram-train mis de l'avant par Alstom, c'est la capacité de développer une toile d'araignée de rails sur les infrastructures routières existantes afin de rejoindre le plus de bassins possible et d'éviter les correspondances entre autocars et train aux abords du pont. Pierre Gauthier affirme qu'il pourrait également desservir la population de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui réclame un train de banlieue depuis longtemps. Les usagers des autocars qui se rendent directement à Montréal ne sont pas partisans de devoir changer de mode de transport en cours de route. 

Un tram-train a déjà existé ici

L'urbaniste Gérard Beaudet rappelle qu'un tram-train a déjà existé entre Montréal et Granby (Nouvelle fenêtre), dans la première moitié du 20e siècle. « Le principe, c'était de desservir de petites populations, par exemple à Chambly ou Granby, et de parcourir les corridors entre ces villes-là à grande vitesse ».

Dans les années 1930-1950, le tram-train desservait les quartiers centraux de Montréal, comme Côte-des-Neiges, et quand on traversait Saint-Laurent (qui était une campagne agricole à l'époque), on passait à grande vitesse sans s'arrêter et on se remettait en mode tramway quand on arrivait dans la région de Cartierville.

Gérard Beaudet, urbaniste

Aujourd'hui, le tram-train roule à l'électricité. Dans les centres historiques des villes européennes, il fonctionne sans fil, par induction électrique. Alstom, qui cherche bien sûr à vendre son propre produit, mène actuellement des représentations auprès de la Ville de Montréal et s'apprête à la faire avec le gouvernement à Québec.

Le 29 mai, le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, a demandé au gouvernement fédéral de livrer un tablier hybride sur le nouveau pont Champlain permettant de faire fonctionner un système d'autobus dès 2018 et de préserver l'option d'instaurer un train léger dans le futur.

Société