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Autopatrouilles de la GRC à Moncton

Radio-Canada

Malgré un déploiement considérable, l'opération policière n'a toujours pas permis de mettre la main sur l'homme soupçonné d'avoir abattu trois policiers de la GRC, en plus d'en blesser deux autres, mercredi soir. Pour une deuxième nuit, Justin Bourque, 24 ans, est toujours en cavale à Moncton.

Les forces de l'ordre de la ville de 70 000 habitants ont fait appel à des corps policiers des municipalités environnantes, de même qu'à des groupes tactiques, des véhicules blindés et des hélicoptères pour tenter de cerner le suspect. Les efforts sont restés vains, jusqu'à présent.

La situation est plutôt délicate pour les policiers, qui doivent trouver le suspect tout en assurant la sécurité des policiers et des citoyens. Selon un ancien enquêteur à la Sûreté du Québec, Michel Therrien, la tâche est compliquée par le fait que Justin Bourque circule dans des zones résidentielles.

Il faut à tout prix éviter un échange de coups de feu. Sachant que le sujet a ouvert le feu sur des policiers hier, tout indique que si quelqu'un s'approche trop près de lui, du moins un uniforme [...] ça peut provoquer un échange de coups de feu.

Michel Therrien, ancien enquêteur de la Sûreté du Québec
Les gens de Moncton allument leurs lumières extérieures pour suivre l'avis de la GRC, mais aussi comme symbole, pour appuyer leur travailAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les gens de Moncton allument leurs lumières extérieures pour suivre l'avis de la GRC, mais aussi comme symbole, pour appuyer leur travail

Photo : Twitter

Le suspect a été aperçu par la GRC en début de journée, dans le nord de Moncton, mais les policiers n'ont pas réussi à lui mettre la main dessus.

Le quartier Pinehurst est toujours en état de siège depuis l'assassinat des trois policiers de la GRC. Un large périmètre de sécurité a été établi dans le secteur de Pinehurst, et les citoyens qui y résident sont toujours consignés dans leur demeure par les forces policières, qui recherchent activement le suspect.

La police rappelle aux gens, situés dans le périmètre de sécurité, de rester à la maison, d'allumer les lumières extérieures et de verrouiller les portes. De nombreuses personnes à travers le pays ont montré leur solidarité en allumant eux aussi leurs lumières extérieures. 

Pour joindre la police...

  • Échec au Crime Brunswick : 1 800-222-8477 ou par message texte en composant 274637, puis en commençant le message par TIP212
  • GRC Nouveau-Brunswick : 506 452-3400

En raison de la crise, les résidents qui ne peuvent pas retourner chez eux, ou qui sont confinés à domicile et nécessitent des médicaments ou de la nourriture, doivent téléphoner à la ligne sans frais de la Croix-Rouge au 1 800-222-9597.

Elle invite également la population à continuer à lui transmettre des informations, mais d'éviter le plus possible de publier des informations ou des photos des actions de la police dans les médias sociaux. La porte-parole Chantal Farrah a expliqué qu'il s'agissait d'une mesure de précaution, car il est impossible de savoir si le suspect se renseigne de cette manière.

De plus, au cours des dernières heures, l'accès au scanneur de la police, qui est normalement disponible sur Internet a été coupé afin d'éviter de divulguer des informations sur les opérations policières. Plus tôt jeudi, plus de 20 000 personnes suivaient ce qui était rapporté sur ces ondes.

Chantal Farrah a également expliqué que la GRC avait reçu un nombre considérable d'informations, que chacune d'elle était vérifiée, mais que le processus prenait un certain temps. Elle a également mentionné qu'une rumeur voulant que le suspect ait été aperçu à Oromocto, près de Fredericton, s'est avérée fausse.

Un peu plus tôt, les policiers ont encerclé un immeuble sur le chemin Mountain, et utilisé un robot et des chiens pisteurs pour tenter de trouver le suspect. Les personnes se trouvant à l'intérieur de l'immeuble ont été évacuées, mais aucune d'entre elles n'avait vu Justin Bourque.

Retour sur les dernières 24 heures

L'homme, vêtu d'un treillis militaire et portant de puissantes armes, déambulait dans le secteur Hildegard, mercredi soir, près du Colisée de Moncton. Alertés par des citoyens, les policiers sont intervenus dans le secteur pour tenter de procéder à son arrestation.

C'est alors qu'a éclaté une fusillade nourrie, au cours de laquelle trois policiers ont été tués et deux autres, blessés. Le suspect a ensuite pris la fuite.

Un des trois policiers de la GRC abattus à Moncton est originaire de Victoriaville, dans le Centre-du-Québec, a appris Radio-Canada. Dave Ross habitait au Nouveau-Brunswick depuis sept ans. Il a fait ses études pour devenir policier au Québec, avant de déménager à Moncton.

L'identité des autres victimes n'a pas encore été dévoilée. La GRC confirme toutefois qu'un des policiers décédés était père de trois enfants.

Les deux policiers blessés dans la fusillade ont dû subir une opération. L'un deux a obtenu son congé de l'hôpital, l'autre est toujours hospitalisé.

À consulter : Le fil des événements

Le suspect actif sur les médias sociaux

Les raisons qui ont poussé le tireur à tirer sur des policiers restent toujours nébuleuses. Les seuls indices proviennent de sa page Facebook, où le jeune homme apparaît comme une personne aimant les armes et vouant une haine aux policiers.

Peu avant le déclenchement de la fusillade, Justin Bourque a publié les paroles de la chanson Hook in mouth du groupe métal Megadeth sursa page Facebook. Plusieurs personnes ont aussi publié des commentaires sur des pages d'appui créées au nom du suspect. L'homme, ou un tiers qui gère sa page, aurait même accepté des demandes d'amitié pendant la fusillade.

Fermetures préventives

Les écoles des districts scolaires francophones et anglophones étaient fermées jeudi, et le seront de nouveau vendredi.

Toutes les cliniques des hôpitaux de Moncton et les services non essentiels ont été annulés jeudi.

Le campus de l'Université de Moncton a été fermé, ainsi que les collèges communautaires du Nouveau-Brunswick, campus de Moncton et Dieppe.

La distribution du courrier est interrompue, et les bureaux municipaux et gouvernementaux, de même que plusieurs commerces et centres commerciaux sont fermés jusqu'à nouvel ordre. Des retards sont à prévoir à l'aéroport de Moncton. Tous les passagers sont scrutés à la loupe.

Le périmètre de sécurité à MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le périmètre de sécurité à Moncton

Un moment difficile pour la GRC

Au cours d'une conférence de presse que la GRC a tenue mercredi, peu avant minuit (heure de l'Est), le porte-parole Damien Thériault a précisé que les policiers avaient été tués vers 19 h 30, au moment où ils se rendaient sur les lieux des premiers coups de feu signalés par des citoyens.

Très ému, le policier Damien Thériault s'est adressé brièvement à la presse pour préciser que la police allait tout faire pour assurer la sécurité du public, malgré ce drame qui la frappe. Il a affirmé que les policiers étaient des professionnels et qu'ils feraient leur travail.

« Il s'agit probablement de la journée la plus sombre de l'histoire de la GRC au Nouveau-Brunswick », a ajouté Roger Brown, commissaire de la GRC au Nouveau-Brunswick.

Le maire de Moncton, George LeBlanc, a offert ses condoléances aux familles. 

Notre dossier

Cette fusillade n'est pas sans rappeler une autre tragédie qui a touché la Gendarmerie royale du Canada, en mars 2005, à Mayerthorpe, en Alberta. Quatre agents, Brock Myrol, Leo Johnston, Peter Schiemann et Anthony Gordon, avaient alors été abattus par James Roszko lors d'une intervention policière à la ferme de ce dernier. Le meurtrier s'était ensuite enlevé la vie.

Au Nouveau-Brunswick, la dernière fois que des policiers ont été abattus en service date de 1978. Joseph Perry Brophy et Barry Warren Lidstone sont morts en intervenant dans une histoire de violence conjugale.

Justice et faits divers