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Comment la Première Guerre mondiale a changé le Canada

Soldats lors de la Première Guerre mondiale

Soldats lors de la Première Guerre mondiale

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Elle s’est déroulée loin de ses frontières, mais la Première Guerre mondiale a façonné le Canada du 20e siècle, que ce soit la place du pays sur la scène internationale ou encore le début de l’affirmation souverainiste du Québec.

Un reportage de Jean-Michel Leprince au Téléjournal Twitter Courriel

1. Une histoire contemporaine marquée par la guerre

Plus de 650 000 Canadiens ont servi dans ce conflit, alors que le pays ne comptait que 7 millions d’habitants. Et le tribut fut lourd : 66 000 morts et plus de 172 000 blessés.

En 1914, à l’appel de la Grande-Bretagne à tous ses dominions, 30 000 volontaires s’embarquent pour l’Europe. Les trois quarts sont nés dans les îles britanniques, mais 1200 sont des francophones.

Les Canadiens vont participer à de nombreux combats : Ypres, la bataille de la Somme, Vimy, Passchendaele, etc. Autant de batailles qui vont marquer l’histoire du pays.

Carl Pépin, historien militaire, évoque notamment la bataille de Courcelette : « Les soldats du 22e vont se retrouver encerclés, victimes d'une douzaine de contre-attaques ennemies, et il faut survivre ».

Au lendemain de la bataille, les Canadiens français vont devenir de véritables héros. Ils vont être encensés par la presse française et britannique canadienne, et ainsi va s’établir la réputation du 22e.

Carl Pépin, historien militaire

Une bataille qui est loin d'être la seule, selon l'historien. « Courcelette a été un épisode très douloureux, mais ça été un épisode parmi d'autres du calvaire et du sang versé par les soldats québécois dans la Grande Guerre ».

À travers cette guerre, le Canada affirme sa présence sur la scène internationale. Il signera d'ailleurs le traité de Versailles à la fin des combats. Le pays se distancera ensuite de plus en plus de la Grande-Bretagne et obtiendra son indépendance par le statut de Westminster en 1931.

2. La conscription, graine de discorde

Au bout de trois ans de guerre, les volontaires ne suffisent plus. En 1917, le premier ministre Robert Borden déclenche une élection sur le thème de la conscription. Une vive opposition au Québec ira jusqu’à une émeute le 1er avril 1918, créant une division qui perdure entre la province et le reste du pays.

Dans le reste du pays aussi, la colère gronde.

Dans le contexte du vote de la conscription de l'époque, les Canadiens anglais étaient quasiment aussi nombreux à ne pas vouloir y aller que les francophones. Par exemple en Ontario et dans les régions agricoles de l'Ouest en Alberta, de nombreux fermiers refusaient d'envoyer leurs fils à la guerre, parce que vendre du blé, c'était payant.

Carl Pépin, historien militaire

3. Les femmes prennent leur place

L’économie canadienne va se développer considérablement pendant la guerre. La société va changer. Les femmes ont occupé les emplois des hommes partis au front, mais elles devront s'affirmer pour faire entendre leurs droits. « À la fin de la guerre, les femmes retournent au foyer. On les remercie, tout le monde est d'accord, tout le monde s'entend pour dire que l'on a eu besoin d'elles et que leur effort de guerre a été fantastique, mais les hommes reviennent et ils veulent retrouver un emploi », explique Marcelle Cinq-Mars, historienne.

Dans les milieux féministes, on a la preuve que oui, on peut le faire aussi. Et c'est une avancée incroyable pour le mouvement féministe.

Marcelle Cinq-Mars, historienne, Bibliothèque et Archives Canada

Les femmes obtiendront notamment le droit de vote fédéral en 1917. Au Québec, il faudra attendre 1940.

Pour aller plus loin

Société