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Québec vise l’équilibre budgétaire avant tout

Le ministre Carlos Leitao et le premier ministre Philippe Couillard avant le dépôt du budget

Le ministre Carlos Leitao et le premier ministre Philippe Couillard avant le dépôt du budget

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour renouer avec les surplus, le gouvernement libéral se permet de renier plusieurs promesses électorales. Régime minceur de la fonction publique et hausse de certains tarifs pour les Québécois. Au passage, on renonce à des investissements dans les infrastructures, pourtant au cœur du plan de relance de l'économie.

Un texte de Gaétan PouliotTwitterCourriel

Même sans révision des programmes, le premier ministre Philippe Couillard et son équipe imposent de nouvelles compressions à l'appareil gouvernemental avec le premier budget du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao.

On impose dès cette année des réductions budgétaires à la majorité des ministères, alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) promettait lors de la campagne électorale un gel des sommes allouées.

Pour les deux missions prioritaires du gouvernement, la santé et l'éducation, les budgets des ministères augmentent, mais de manière moins importante que promis.
Résultat : le gouvernement instaure un gel des embauches et certains programmes devront être revus. Le tout se fera cependant en respectant des conventions collectives, a tenu à souligner le ministre Leitao.

Budget Leitao 2014 en 10 mesures

Fumeurs et buveurs plus taxés

« Il n'y a pas de hausses de tarifs, il n'y a pas de hausse de taxes, de hausse d'impôts », avait assuré récemment le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux. Pourtant, les amateurs de bières, de vins et de cigarettes financeront aussi un peu le retour au déficit zéro, toujours prévu l'an prochain, en 2015-2016. Le budget prévoit une hausse des prix du paquet de cigarettes de 50 ¢. La bière et le vin achetés pour boire à la maison connaîtront aussi une hausse, de 5 ¢ et de 24 ¢ par bouteille respectivement.

Les jeunes familles aussi devront contribuer. Les tarifs des services de garde passeront à 7,30 $ par jour dès octobre 2014 et à 7,55 $ en septembre 2015. C'est aussi une hausse plus importante que prévu lors de la campagne.

L'élimination progressive de la taxe santé est par ailleurs remise à 2017-2018, soit un an plus tard que promis. 

Le gouvernement honore malgré tout certains engagements. Le crédit d'impôt à la rénovation de 200 millions de dollars est entre autres mis en place.

Rigueur

Ces nouvelles compressions et hausses de tarifs ont pour objectif l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2015-2016, autre grande promesse libérale. Un objectif « incontournable » pour le ministre des Finances. « Ce n'est pas une obsession, c'est une obligation », a-t-il indiqué lors d'un point de presse.

Le déficit pour cette année est revu à la hausse par le gouvernement, à 2,35 milliards de dollars, soit 600 millions de plus que ce que prévoyait le gouvernement péquiste, en février. Dans ce contexte, il est important de « reprendre le contrôle des finances publiques », a expliqué le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux.

Ce « coup de frein » est entre autres nécessaire en raison d'une croissance économique plus faible qu'anticipé. Si le PLQ tablait sur une hausse de 2,1 % du PIB cette année, il a dû revoir ses prévisions. Seulement deux mois après les élections, le gouvernement se range du côté des prévisions des grandes banques.

Budget

Une relance timide

Le plan de relance de l'économie du Parti libéral ne verra jamais le jour. La hausse des investissements dans les infrastructures, pierre d'assise de ce plan, est tout simplement passée à la trappe.

On injecte 300 millions de dollars de plus cette année, mais c'est beaucoup moins que le 1,5 milliard de dollars de plus promis par le premier ministre Philippe Couillard. Sur 10 ans, les libéraux prévoient même investir moins que les péquistes. Plusieurs projets d'infrastructures devront donc attendre.

On est à la « limite de notre capacité d'endettement », s'est défendu le ministre Leitao. « On est réaliste, la dette a augmenté plus rapidement que prévu. »

Élu il y a à peine deux mois, le PLQ fait maintenant face à la difficile réalité des finances publiques. Et pour atteindre l'équilibre budgétaire, il a décidé de sacrifier plusieurs promesses électorales. En quelque sorte, la fin justifie les moyens pour le gouvernement Couillard.

Taxe sur les boissons alcooliques

Un budget dénoncé par l'opposition

Sans surprise, tous les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ont critiqué le plan budgétaire de Carlos Leitao.

Le Parti québécois qualifie « d'imposture » ce budget qui fait reculer le gouvernement sur plusieurs promesses électorales.

La Coalition avenir Québec, elle, déplore l'alourdissement du fardeau fiscal des Québécois, alors que Québec solidaire estime que les compressions auront un impact néfaste sur les services à la population. 

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