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Internet sans trace de Tiananmen en Chine

yangsté chine internet

Photo : iStock / iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Aujourd'hui » n'existe pas en Chine sur Internet. Le gouvernement a bloqué toute recherche sur ce mot, parce que « aujourd'hui », c'est le 25e anniversaire du massacre de la place Tiananmen.

Le mot « bougie », utilisé par les internautes qui veulent commémorer l'événement, a également été bloqué. Même les émoticônes représentant des bougies ont disparu des listes de symboles proposés par Weibo, le Twitter chinois, ou Renren, l'équivalent de Facebook en Chine.

Les chiffres 6-4, qui représentent la date d'aujourd'hui, sont censurés, tout comme la date fictive « 35 mai », qui est une date codée utilisée pour parler du 4 juin.

En outre, sur le site Baidu, le Wikipédia chinois, aucune page n'est dédiée à l'année 1989.

On rapporte également la censure des mots suivants sur les réseaux sociaux chinois :

  • Tank
  • L'homme des tanks (surnom donné à l'homme sur la célèbre photo de 1989 d'un homme se tenant debout devant une série de tanks)
  • Zhao Ziyang (un ancien membre du gouvernement réputé sympathique à la cause des étudiants à l'époque)
  • Émeute
  • Tiananmen
  • Vérité 89

On sait que le gouvernement chinois utilise différentes méthodes de censure. En plus de filtrer certains mots clés et de bloquer des sites web, il limite parfois la bande passante pour restreindre l'accès au web.

Plusieurs internautes se plaignent d'ailleurs de lenteur sur Internet depuis les derniers jours. De plus, mardi, les services de Google, comme la messagerie Gmail par exemple, n'étaient pas accessibles. La Chine interdit par ailleurs déjà les sites Twitter, YouTube et Facebook.

La censure a aussi eu des effets à Hong Kong, une région administrative indépendante, où le réseau LinkedIn a accidentellement bloqué les contenus sur Tiananmen. En temps normal, à Hong Kong, les internautes peuvent parler ouvertement de n'importe quel sujet. Or, des internautes qui voulaient discuter du massacre de Tiananmen ont vu leurs contenus bloqués et ont reçu un message de la part de LinkedIn leur indiquant que leur contenu était interdit.

LinkedIn a précisé depuis qu'il s'agissait d'une erreur, mais l'incident rappelle que les réseaux sociaux étrangers qui ont des activités en Chine doivent se plier aux règles du gouvernement. « Nous avons reconnu dès notre lancement en Chine que nous devrions nous conformer à la censure du gouvernement chinois sur nos plateformes », a expliqué un responsable de LinkedIn au Daily Beast.

La censure s'applique évidemment aussi à la télévision. Même les médias étrangers diffusés en Chine sont surveillés. Dès qu'un animateur à la télévision commence à parler des événements de Tiananmen, les images tombent au noir et ne reviennent que quelques minutes plus tard, lorsqu'il n'est plus question de ce sujet, nous explique notre correspondant en Chine, Yvan Côté.

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