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Sécurité renforcée pour les 25 ans de la répression de Tiananmen

Vingt-cinq ans après la répression sanglante de la place Tiananmen, la Chine nie toujours cette page de son histoire. Photo: Getty Images / Kevin Frayer
Radio-Canada

C'est dans le déni que la Chine a vécu le 25e anniversaire de la répression des manifestations de la place Tiananmen mercredi, portant une attention toute particulière à ce que rien ne filtre sur ce chapitre noir de l'histoire chinoise.

Les militaires, policiers et membres des services de sécurité en civil constituaient la majorité des personnes présentes sur la place Tiananmen, au cœur de Pékin. Ils procédaient à divers contrôles d'identité et des fouilles inopinées pour empêcher toute tentative de commémorer l'évènement.

Certains étrangers en visite en Chine ont rapporté ne pas avoir obtenu la permission de se rendre sur la place et des journalistes en ont été chassés.

25 ans séparent ces deux images.25 ans séparent ces deux images. Photo : Sadayuki Mikami, Alexander F. Yuan

C'est que toutes discussions portant sur les manifestations du « printemps de Pékin, en 1989, sont taboues en Chine. Le sujet est perçu comme une fronde contre le Parti communiste au pouvoir.

Les jeunes nés après les évènements ignorent souvent ce qui s'est produit au printemps 1989, lorsque des soldats de l'Armée populaire de libération ont ouvert le feu sur leurs concitoyens après des semaines de grève étudiante et de manifestations sur la place Tiananmen.

Les manifestants réclamaient des réformes politiques et sociales majeures de la part de l'État chinois.

Vingt-cinq ans plus tard, il n'existe toujours pas de bilan officiel des violences. Certains avancent que plusieurs milliers de personnes, surtout des étudiants, ont péri sous les balles des soldats.

Depuis 25 ans, le gouvernement chinois assure que la répression était nécessaire afin de protéger la population et d'empêcher les manifestants de renverser le régime. Il a d'ailleurs réitéré cette explication mardi, une information qui n'a toutefois pas été rapportée dans les médias chinois.

Censure renforcée

Déjà omniprésente, particulièrement en ligne, la censure a été resserrée d'un cran en prévision du 4 juin 2014. Par exemple, une recherche portant sur le 4 juin 1989 ou même sur le mot-clé « aujourd'hui » ne donnait aucun résultat en Chine, autant sur les moteurs de recherche que sur les réseaux sociaux.

Amnistie internationale a également annoncé que 66 personnes avaient été placées en détention afin de les empêcher de mener des activités de commémoration, dont les membres d'un groupe de dissidents qui se seraient réunis en mai afin d'évoquer les évènements du 4 juin 1989.

Les familles des victimes tentent régulièrement d'obtenir le droit d'organiser une cérémonie publique, une admission de culpabilité de la part du gouvernement, ainsi que des excuses. Non seulement leurs demandes sont toujours refusées, mais elles entraînement généralement une surveillance accrue de la part des autorités.

Mercredi soir, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées au parc Victoria pour une veillée à la chandelle. Les noms des victimes connues ont été récités et des fleurs ont été déposées devant un monument en hommage aux manifestants.

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a quant à elle appelé la Chine à faire enquête sur le sujet. Les États-Unis ont lancé un appel semblable, prenant toutefois la peine de féliciter Pékin pour les progrès réalisés depuis.

 

Tiananmen en chiffres :

  • environ 100 millions de personnes ont pris d'assaut les rues;
  • les manifestations ont duré près de deux mois dans une vingtaine de villes et campus étudiants;
  • des centaines de milliers de travailleurs et leur syndicat sont aussi présents dans les rues;
  • le gouvernement a toujours refusé de divulguer le nombre de victimes;
  • les évaluations vont de quelques centaines à plusieurs milliers de morts;
  • on évalue qu'environ 10 000 personnes ont été arrêtées pendant et après les manifestations;
  • plusieurs dizaines de personnes ont été exécutées pour avoir participé à la révolte;
  • l'homme qui s'est interposé devant la colonne de tanks (photo en haut) n'a jamais été retrouvé.
Avec les informations de Reuters

International