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Le vérificateur général dresse un portrait sombre des finances du Québec

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Sans mesures correctives, le déficit budgétaire du Québec pourrait atteindre cette année 5,7 milliards de dollars, très loin de la cible initiale de 1,75 milliard, selon les estimations du vérificateur général du Québec, Michel Samson.

Un texte de Davide GentileTwitterCourriel

Pour atteindre le déficit prévu, le gouvernement doit trouver près de 4 milliards de dollars, très loin que l'évaluation de 150 millions faite dans le dernier budget péquiste.

Le rapport déposé aujourd'hui à l'Assemblée nationale par le vérificateur général laisse présager un parcours ardu avant de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2015-2016. Le document confirme la situation budgétaire précaire du Québec, à la veille de la présentation du premier budget libéral.

Le vérificateur estime même que le gouvernement avait omis de déclarer un manque à gagner d'environ 3,3 milliards de dollars quant aux « efforts à fournir ». Des mesures théoriques, comme l'étalement des salaires des médecins spécialistes ou la hausse des tarifs des CPE, permettraient de combler une partie de l'écart entre dépenses et revenus de l'État.

Les données du vérificateur permettent de comprendre pourquoi le ministre des Finances, Carlos Leitao, a déjà annoncé que le déficit serait plus important que prévu.

Des revenus stagnants ou à la baisse

M. Samson note que le budget de février du gouvernement péquiste ne présentait pas un portrait complet de la situation budgétaire et de l'ampleur des efforts à fournir pour atteindre les cibles et ne disait pas clairement de quelle façon il comptait s'y prendre pour y arriver.

L'équipe du vérificateur général estime que les revenus budgétaires seront inférieurs de 485 millions de dollars aux prévisions du dernier budget. Les impôts payés par les entreprises sont à la baisse, tout comme ceux de Loto-Québec. La seule bonne nouvelle, telle qu'énoncée dans le budget Marceau, reste la hausse des transferts fédéraux, qui découle de l'appauvrissement relatif du Québec par rapport au reste du Canada.

Dépenses en forte hausse

On souligne que les dépenses de l'État, baptisées « coûts de reconduction des programmes », augmentent à une vitesse importante. Sans mesures de contrôle, telles que celles qui seront sans doute annoncées mercredi lors du budget, la hausse de ces dépenses se chiffrerait à 6,7 %.

La hausse des salaires des fonctionnaires et, surtout, l'augmentation rapide du coût des régimes de retraite expliquent la moitié de cette hausse. Une foule d'autres éléments accapare le reste, dont la politique priorité-emploi qui devait coûter 349 millions de dollars. Les promesses en matière d'enseignement supérieur se chiffrent à 256 millions. La tragédie de Lac-Mégantic a nécessité des paiements de 44 millions.

Plusieurs mesures seront assurément revues, comme le claironne le gouvernement depuis des semaines. Déjà en mi-journée, l'ancien ministre des Finances Nicolas Marceau a estimé que ce genre de projection est faite « à partir d'une liste de souhaits ». Concrètement, selon lui, on escamote l'étape la plus importante qui est celle où le gouvernement « fait des choix » au moment du budget.

« Je réitère que des mesures structurantes doivent être prises », a dit Michel Samson devant les journalistes mardi après-midi. Pour lui, le gel des salaires ne constitue qu'une mesure temporaire et des changements de fond doivent être apportés.

Améliorer la transparence et la reddition de comptes

Le vérificateur estime tout de même que le gouvernement devrait agir sur deux fronts pour présenter un portrait plus réaliste quant à l'état des finances publiques.

Il propose de dresser lors des années électorales un portrait clair de l'état des finances publiques. La pratique est déjà instituée en Ontario.

De plus, le vérificateur général estime qu'il faut ajouter une précision lors du dépôt des budgets. Il suggère de présenter les « coûts de reconduction », c'est-à-dire les sommes induites par le maintien des programmes existants et les annonces pour l'année en cours. Selon le vérificateur, cela permettrait d'évaluer l'ampleur de l'effort à faire pour réconcilier les budgets disponibles et l'augmentation probable des sommes dépensées.

Finalement, le vérificateur estime que Québec doit publier des prévisions à plus long terme. Actuellement, le gouvernement se limite à des prévisions de cinq ans.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique