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Il y aura de l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti cet été

Résultats de tests d'exploration pétrolièere Photo: Mark Bugnaski
Radio-Canada

Dans le plan d'action sur les hydrocarbures déposé ce matin, le gouvernement Couillard se déclare en faveur d'un développement prudent et respectueux de l'industrie des hydrocarbures au Québec.

En ce qui a trait à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, elle se poursuivra comme prévu, statue le gouvernement de Philippe Couillard.

Par contre, Québec ordonnera une évaluation environnementale propre à l'exploration et à l'exploitation de ressources pétrolières sur l'île d'Anticosti, qui devrait avoir lieu à l'hiver 2015.

La poursuite des travaux d'exploration prévus à l'été 2015 sera conditionnelle aux résultats de cette évaluation, annonce le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand. En attendant, seuls le sondage du sol et des activités de carottage seront autorisés à Anticosti.

Tous les travaux de fracturation du sol à l'île d'Anticosti demeurent par conséquent interdits jusqu'à nouvel ordre. 

En février dernier, le gouvernement de Pauline Marois annonçait des ententes avec les compagnies Pétrolia, Corridor Resources, Maurel & Prom, ainsi qu'avec Junex, pour lancer des programmes d'exploration afin de confirmer le potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti. Québec soutenait alors que ces ententes lui permettraient « de contrôler près de 50 % des permis sur l'île d'Anticosti et d'obtenir plus de 60 % des futurs bénéfices liés à l'exploitation pétrolière ».

Évalutation complète de la filière des hydrocarbures 

Les libéraux promettent par ailleurs une évaluation globale et en profondeur de toute la filière des hydrocarbures au Québec, ainsi que le dépôt d'un projet de loi intégré sur cette industrie dès l'an prochain.

Précisant que l'exploration ne signifie pas nécessairement l'exploitation des ressources pétrolières et gazières, le gouvernement du Québec promet d'agir avec prudence et transparence, et ce, dans le meilleur intérêt de la population, peut-on lire dans les documents déposés conjointement par le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, et David Heurtel, ministre de l'Environnement.

S'il autorise le développement de la filière des hydrocarbures, le gouvernement entend encadrer rigoureusement le processus allant de l'exploration à l'exploitation.

Le gouvernement du Québec, même s'il se montre favorable au développement de la filière des hydrocarbures, veut d'abord et avant tout s'assurer de la sécurité des personnes et de la protection de l'environnement.

Extrait du communiqué du gouvernement du Québec

Modernisation des lois

Le plan d'action du gouvernement prévoit l'instauration d'un processus « d'évaluation environnementale stratégique (EES) » qui portera sur l'ensemble de la filière des hydrocarbures au Québec.

L'EES devrait déboucher sur le dépôt d'un projet de loi intégré sur la filière des hydrocarbures dès 2015.

Cette loi, selon Québec, mettra de l'avant les meilleures pratiques et les technologies les plus modernes en matière d'exploration et d'exploitation des ressources, tout en « assurant aux Québécois que les actions seront prises avec prudence, dans le respect de la population et des communautés autochtones ainsi que de l'environnement et dans un souci de développement régional ».

Dans un premier temps, explique le ministre Pierre Arcand, un bilan des études réalisées au Québec au cours des dernières années à propos des hydrocarbures sera effectué. Cette étape se terminera à l'automne 2014.

« Dans un deuxième temps, les travaux de l'EES permettront de répondre aux questionnements sans réponse. Cette seconde phase devrait se terminer à l'été 2015. Cette EES traitera de tous les aspects qui sont liés à cette filière, qu'ils soient économiques, environnementaux ou sociaux, telle, entre autres, la sécurité des personnes », poursuit le ministre des Ressources naturelles.

Saviez-vous que...

En 2009, le gouvernement libéral de Jean Charest avait annoncé une cible de réduction des émissions de GES de 20 % par rapport au niveau de 1990 à l'horizon 2020. Le gouvernement Marois a porté cet objectif à 25 %. 


Le transport des hydrocarbures sous la loupe

Dans son projet d'étude environnementale stratégique, Québec prévoit également se pencher sur les enjeux liés au transport des hydrocarbures, et notamment sur la question des oléoducs.

Le gouvernement entend d'ailleurs s'inscrire à titre d'intervenant dans les causes qui sont entendues à l'Office national de l'énergie et qui touchent le projet d'oléoduc Énergie-Est de TransCanada ainsi que l'entente entre TransCanada PipeLines Limited et les distributeurs de gaz naturel de l'est du pays.

En ce qui a trait aux travaux prévus à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, le projet sera soumis à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement dont font partie les audiences publiques tenues par le BAPE.

Le gouvernement demandera aussi à la Régie de l'énergie d'évaluer les effets de ce projet sur les approvisionnements en gaz naturel au Québec.

Protection des eaux souterraines et du Saint-Laurent

Pour protéger les eaux souterraines de la contamination générée par les procédés de fracturation du sol, Québec promet un des règlements les plus sévères en Amérique du Nord sur le respect de distances séparatrices sécuritaires entre les zones habitées et les sites de forage et d'exploration.

Le gouvernement Couillard entend aussi maintenir les dispositions légales qui interdisent toute activité pétrolière et gazière dans l'estuaire du Saint-Laurent.

Quant au gisement pétrolier Old Harry, dans le golfe, Québec compte « accélérer les négociations avec le gouvernement fédéral afin de finaliser, d'ici l'automne prochain, les projets de loi miroirs en vue du dépôt à l'Assemblée nationale du projet de loi permettant d'encadrer d'éventuelles activités de mise en valeur dans la portion québécoise du golfe du Saint-Laurent ».

Bernard DrainvilleBernard Drainville Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Drainville déplore le retour des gaz de schistes

Pour le député péquiste Bernard Drainville, le gouvernement libéral relance, à tort, la filière des gaz de schistes dans la Vallée du Saint-Laurent.

« Ils enveloppent ça dans une deuxième évaluation environnementale stratégique, mais dans les faits, ce qu'ils font, c'est qu'ils relancent le dossier gaz de schistes dans la Vallée du Saint-Laurent, ce qui est une erreur à notre avis », avance M. Drainville.

Il n'y a pas d'accessibilité sociale à cet égard, il n'y en aura pas et on ne comprend pas pourquoi le gouvernement libéral s'obstine à relancer les gaz de schistes dans la Vallée du Saint-Laurent alors que les gens n'en veulent pas.

Bernard Drainville

Le député Drainville soutient que le refus des libéraux de reprendre le projet de loi 37, qui comprend un moratoire sur le gaz de schiste dans la Vallée du Saint-Laurent, témoigne de leur réel objectif. Sylvain Gaudreault a demandé que le projet de loi soit repris, mais les libéraux ont rejeté cette requête.

Québec solidaire parle d'incohérence

Andrés Fontecilla, président et porte-parole de Québec solidaire, affirme pour sa part : « Nous avons toutes les raisons de nous inquiéter du retour des gaz de schiste dans la Vallée du Saint-Laurent ».

Le plan libéral ouvre grande la porte à l'exploitation des hydrocarbures. Or, ce dont le Québec a besoin, c'est une tout autre vision : comment le Québec pourrait-il se passer de ces hydrocarbures et sortir de sa dépendance au pétrole ?

Amir Khadir, député de Mercier pour Québec solidaire

Québec solidaire qualifie « d'incohérence » la décision des ministres Arcand et Hurtel de lancer des évaluations environnementales stratégiques, tout en annonçant que les forages sur Anticosti iront de l'avant quoiqu'il arrive.

Le débat sur le gaz de schiste

Mauricie et Centre du Québec

Politique