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Un agent parle d'une « crise de la santé mentale » au sein de la GRC

Un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) se confie à la journaliste Natalie Clancy de CBC en mai 2014.

Cet agent de la GRC depuis 25 ans s'est confié à CBC pour raconter les événements traumatiques de son métier qui l'ont poussé à tenter de se suicider.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) depuis 25 ans affirme qu'être le témoin de morts violentes et la victime d'intimidation de la part de ses supérieurs l'ont mené à tenter de se suicider.

L'agent, qui a demandé à ne pas être identifié par crainte de perdre son emploi, explique avoir été traité en secret pour qu'aucun de ses collègues ne sache qu'il était dépressif. « J'ai travaillé avec six gars qui se sont enlevé la vie », témoigne-t-il.

Selon lui, certains policiers atteignent le fond du baril à cause d'une « accumulation de fierté ». « Si vous êtes isolé, victime d'intimidation, si vous avez délaissé votre famille - quand vous en avez encore une - et si vos seuls amis sont des policiers, vous mesurez tout par votre succès au travail. Et si cela aussi va mal, vous ne pouvez pas accepter l'échec. »

L'agent soutient que ses superviseurs ont attribué les suicides de ses collègues à des problèmes personnels ou matrimoniaux, mais jamais au travail qu'ils faisaient. Il se dit fatigué d'être porteur à des funérailles. « J'ai perdu et j'ai porté trop de collègues morts. Nous ne pouvons plus nous permettre d'en perdre d'autres. Il s'agit d'une crise de la santé mentale. »

Ses propos sont rejoints par ceux du psychiatre Greg Passey, qui travaille avec des militaires et des policiers fédéraux atteints de stress post-traumatique. « Honnêtement, la GRC n'a aucun programme qui se rapproche, ne serait-ce qu'un peu, de celui de l'armée », reproche le Dr Passey.

La GRC s'emploie pourtant à éliminer la stigmatisation de ses membres atteints d'un trouble de santé mentale, dit le commissaire adjoint Gilles Moreau. Elle lancera bientôt un plan quinquennal sur la santé mentale et espère encourager les agents dépressifs à demander de l'aide.

Toutefois, le Dr Passey fait remarquer que le plan n'offre aux agents que six séances de thérapie sans autorisation, en plus d'inclure trop de bureaucratie dans le chemin vers un traitement.

Selon le commissaire adjoint, il y a eu 16 cas documentés de suicides de membres actifs de la GRC et 13 cas de membres retraités depuis les huit dernières années. De l'aveu de M. Moreau, ces cas n'ont pas été examinés.

L'an dernier, la GRC a révélé qu'elle ne recensait pas les suicides dans ses rangs, mais M. Moreau mentionne que cela change. « Nous rendrons obligatoire la tenue d'une autopsie après chaque suicide et nous évaluerons chaque cas pour en tirer des leçons », promet-il.

Un enquêteur spécial du bureau des coroners de la Colombie-Britannique enquête sur le suicide, en juillet 2013, du sergent Pierre Lemaitre. Celui-ci agissait comme porte-parole quand la GRC a fourni de l'information inexacte aux médias au sujet de la mort par pistolet électrique de Robert Dziekanski. Des amis affirment qu'il n'a jamais pu laver son nom.

La GRC assure qu'elle tiendra compte des recommandations du bureau des coroners et fera des changements, si nécessaire.

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