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Ukraine : Porochenko promet de signer bientôt l'accord avec l'UE

Le candidat Petro Porochenko s'adresse à la presse devant un bureau de vote à Kiev.

Le candidat Petro Porochenko s'adresse à la presse devant un bureau de vote à Kiev.

Photo : AP/Sergei Chuzavkov

Radio-Canada

Pendant que les combats se poursuivaient dans l'est de l'Ukraine, mercredi, le président élu, Petro Porochenko, a fait savoir qu'il comptait signer l'accord de libre-échange avec l'Union européenne (UE) après son investiture.

Ce projet est au coeur de la crise qui a enflammé le pays en novembre lorsque l'ex-président Viktor Ianoukovicth a décidé de ne pas signer l'accord pour se tourner plutôt vers la Russie.

Petro Porochenko, élu dès le premier tour dimanche, a fait du rapprochement avec l'UE l'une de ses priorités. Mais des responsables européens avaient auparavant laissé entendre que le président élu souhaitait reporter la signature de l'entente.

Dans un courriel à l'agence Reuters mercredi, les services du président ont laissé savoir qu'il « juge essentiel de ne pas reporter la signature du volet économique de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne. Selon lui, cette signature pourrait avoir lieu immédiatement après son investiture ». Le président devrait être investi début juin et la signature de l'accord aurait lieu à la mi-juin.

Par ailleurs, le président a promis mercredi de « réagir » pour mettre un terme à la « terreur » qui sévit dans l'est du pays.

« Nous sommes dans une situation de guerre dans l'est de l'Ukraine », a-t-il déclaré au quotidien allemand Bild. « Nous n'allons pas plus longtemps laisser ces terroristes enlever des gens et les tuer [...], les laisser occuper des bâtiments et faire fi des lois », a poursuivi M. Porochenko.

Il a aussi dit qu'il allait discuter avec son homologue russe Vladimir Poutine pour « apaiser la crise et oeuvrer à la paix ».

Les deux chefs d'État auront bientôt la chance de se croiser en France. Ils ont été invités par François Hollande aux cérémonies du débarquement le 6 juin.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a quant à lui appelé ses homologues américain, John Kerry, et allemand, Frank-Walter Steinmeier, pour exiger des gestes rapides de la part du gouvernement ukrainien afin d'arrêter le « bain de sang » dans l'Est.

Kiev accuse Moscou d'ingérence

De son côté, le premier ministre Arseni Iatseniouk , en visite en Allemagne, a affirmé que la situation dans l'Est se détériorait notamment à cause de l'implication de la Russie. Kiev accuse Moscou de soutenir les rebelles. Les autorités ukrainiennes ont fait état de la présence de Tchétchènes aux côtés des séparatistes prorusses dans l'Est, ce que ces derniers ont confirmé mercredi.

M. Iatseniouk a aussi nié que l'Ukraine doive à la Russie des milliards de dollars pour des livraisons de gaz naturel impayés. Moscou menace de couper l'approvisionnement en gaz à l'Ukraine.

Selon le premier ministre ukrainien, la société russe Gazprom devait plutôt 1 milliard de dollars à l'Ukraine en raison de la saisie de gaz naturel lors de l'annexion de la Crimée par la Russie.

Les combats font toujours rage

Des gens empilent des sacs de sable pour avoir une position de tir, près de l'aéroport de Donetsk.

Des gens empilent des sacs de sable pour avoir une position de tir, près de l'aéroport de Donetsk.

Photo : Vadim Ghirda/AP

La tension est encore montée mercredi dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine. Une unité de la Garde nationale ukrainienne basée à Lougansk a été attaquée. « Un combat est en cours. Il y a des pertes parmi les soldats ukrainiens et les assaillants », a indiqué la Garde nationale sur son site Internet.

À Donetsk, de nouveaux tirs ont été entendus dans le centre de la ville et la zone proche de l'aéroport, inaccessible depuis les intenses combats lundi qui ont fait une quarantaine de morts, principalement des rebelles. Quelques avions de chasse ont aussi été vus survolant cette ville, en matinée.

Mardi, Kiev a affirmé avoir repris le contrôle de l'aéroport de Donetsk, qui avait été pris d'assaut par des séparatistes prorusses.

La ville de près d'un million d'habitants est désormais déserte. Magasins et bureaux sont restés fermés mercredi. La circulation était toujours interdite dans le secteur de l'aéroport.

Observateurs de l'OSCE détenus

Par ailleurs, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a affirmé mercredi qu'une autre de ses équipes avait été détenue pendant quelques heures, après avoir été arrêtée à proximité d'un barrage routier près de Donetsk. Ces observateurs, au nombre de 11, ont ensuite été relâchés et ont pu regagner Donetsk.

Les autorités de Kiev ont dit mercredi travailler à la libération de quatre autres observateurs de l'OSCE, retenus par des insurgés depuis lundi soir, dans un endroit inconnu.

À la suite de ces événements, l'OSCE a annoncé qu'elle n'excluait pas le retrait de ses opérateurs en Ukraine.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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