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Sommet sur la santé maternelle : Ottawa mise sur le secteur privé

Stephen Harper, accompagné du président de la Tanzanie, Jakaya M. Kikwete, à l'ouverture du sommet intitulé « Sauver chaque femme, chaque enfant : un objectif à notre portée », à Toronto, le 28 mai

Stephen Harper, accompagné du président de la Tanzanie, Jakaya M. Kikwete, à l'ouverture du sommet intitulé « Sauver chaque femme, chaque enfant : un objectif à notre portée », à Toronto, le 28 mai

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Le premier ministre Stephen Harper a donné mercredi à Toronto le coup d'envoi du Sommet international sur la santé des mères et des nouveau-nés dans les pays en développement. À cette occasion, lui et son ministre Christian Paradis ont lancé un nouvel appel au secteur privé pour qu'il augmente sa participation.

Le but de cette rencontre de trois jours est de faire le point sur les progrès accomplis en 4 ans dans ce domaine. En 2010, dans le cadre de sa présidence du G8, le Canada a lancé un investissement d'une valeur de 2,85 milliards de dollars - l'Initiative de Muskoka - pour mobiliser les efforts internationaux afin de réduire la mortalité maternelle et d'améliorer la santé des mères et des enfants dans les pays les plus pauvres du monde.

À Toronto, on s'attend à ce que le gouvernement fédéral annonce une deuxième phase de financement en santé maternelle.

Il s'agit d'un enjeu de taille. On compte toujours près de 300 000 femmes qui meurent en couches tous les ans (800 par jour). Quelque 6,5 millions d'enfants meurent avant d'avoir atteint l'âge de 5 ans.

Ces chiffres ont diminué de moitié au cours des 20 dernières années, mais demeurent élevés. La communauté internationale risque d'ailleurs de ne pas atteindre l'objectif d'avoir réduit de trois quarts les décès avant 2015.

Le premier ministre canadien peut compter sur le soutien de personnalités renommées pour son initiative. La philanthrope Melinda Gates, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, l'Aga Khan et la reine Rania de Jordanie sont à Toronto pour prendre part à la soirée d'ouverture du sommet.

Outre les discours de politiciens, des discussions se déroulent à huis clos entre les dirigeants, les diplomates, les fonctionnaires et travailleurs humanitaires présents.

Accroître la place du privé

Des organisations saluent le rôle de leader d'Ottawa dans ce domaine, avec l'initiative de Muskoka. D'autres critiquent le déclin de l'aide internationale que verse Ottawa et la dissolution de l'Agence canadienne de développement international par le gouvernement Harper.

Lors du discours d'ouverture mercredi, le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a parlé de l'importance de diversifier les modes de financement du développement international. Il a soutenu que le secteur privé pourrait s'impliquer davantage dans l'aide au développement.

« Cet après-midi et dans les prochains jours, nous ferons le point sur nos réalisations. Nous déterminerons comment combler les écarts et nous planifierons les prochaines étapes », a dit le ministre Paradis.

Nous étudierons de nouveaux modèles de financement et réfléchirons à des sources de financement innovatrices.

Christian Paradis, ministre du Développement international

La participation du secteur privé dans l'aide humanitaire reste marginale à l'échelle internationale, mais prend de l'ampleur. Elle a presque doublé en 5 ans, pour atteindre 6 milliards de dollars. De grandes agences comme l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial ont même embauché du personnel spécialisé, afin de courtiser directement les entreprises intéressées.

Des ONG rappellent toutefois l'importance pour elles de préserver leur neutralité. « Il faut faire attention quand même, le privé n'a pas les mêmes objectifs que les ONG. Par contre, il y a beaucoup de sociétés qui cherchent à être des bons citoyens corporatifs. Ce n'est pas désintéressé, mais ce n'est pas toujours mauvais, ça dépend du contexte », affirme Denise Byrnes, d'Oxfam Québec.

L'enjeu de la planification des naissances

Le gouvernement Harper se félicite d'avoir déjà dépensé 80 % du financement promis dans l'initiative de 2010. Mais les résultats sont remis en question, notamment parce que les projets liés à la contraception et à l'avortement étaient exclus. Sur les 2,85 milliards de dollars investis, moins de 1 % sont allés à la planification familiale.

Avec une nouvelle aide pressentie, des ONG canadiennes pressent déjà Ottawa d'inclure, cette fois-ci, les projets liés à la contraception et à l'avortement.

« Il y a des millions de femmes forcées au mariage dès 13-14 ans. Elles n'ont pas accès à la contraception et à l'avortement. Ce sont elles qui sont le plus à risque de souffrir de mortalité maternelle et d'autres complications », dit Sarah Kennel, d'Action Canada pour la population et le développement. On calcule que 13 % de la mortalité maternelle est attribuable aux avortements clandestins, qui se pratiquent souvent dans des conditions misérables.

Cependant, même dans les pays africains très conservateurs, les mentalités changent au sujet de la planification familiale, dit Jean Chamberlain, qui travaille en Ouganda pour l'organisme Sauvons les enfants. Des chefs religieux qui s'y opposaient en font maintenant la promotion, dit-elle, parce qu'on leur en a expliqué les bienfaits pour leur communauté.

« Ça fait des femmes mieux éduquées, plus en santé, qui contribuent plus à l'économie de leur pays. C'est un gain total », dit de son côté la députée néo-démocrate de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Laverdière.

Avec les informations de Christian Noël et de Sophie Langlois

Avec les informations de La Presse canadienne

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