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Boko Haram : le Cameroun déploie des troupes à la frontière nigériane

Vidéo du groupe islamiste Boko Haram
Vidéo du groupe islamiste Boko Haram Photo: AFP / BOKO HARAM
Radio-Canada

Pendant qu'au Nigeria l'ancien président Obasanjo tente de négocier la libération des 223 jeunes filles enlevées par Boko Haram, le gouvernement camerounais déploie plusieurs milliers de soldats à la frontière nigériane par mesure de précaution.

Selon l'Agence France-Presse, le gouvernement camerounais aurait mobilisé au moins 3000 soldats pour renforcer la sécurité dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria.

Yaoundé redoute en effet que les islamistes radicaux de la secte Boka Haram pénètrent au Cameroun sous la pression des forces militaires qui les pourchassent au Nigeria.   

Lundi, des combattants de Boko Haram ont attaqué une base militaire nigériane et une caserne de police adjacente dans le nord-est du Nigeria, faisant au moins 25 morts.

Carte du CamerounCarte du Cameroun

Tentative de dialogue

Pendant ce temps, l'ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo a entrepris des négociations avec des représentants du groupe islamiste Boko Haram alors que les militaires et l'actuel président nigérian Goodluck Jonathan divergent d'opinion sur le moyen de libérer les 223 jeunes filles retenues en otages par le groupe.

Les jeunes filles passaient des examens dans une école du village de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, lorsqu'elles ont été enlevées à la mi-avril au cours d'une attaque de Boko Haram.

M. Obasanjo a rencontré des intermédiaires du groupe islamiste dans sa ferme de l'État d'Ogun, dans le sud du pays, au cours du week-end dernier, a indiqué une source de l'AFP. « Le but de la rencontre était de négocier la libération des filles », a déclaré cette source sous le couvert de l'anonymat.

L'ancien président du Nigeria Olusegun ObasanjoL'ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo Photo : Stringer . / Reuters

L'avocat Mustapha Zanna, proche de M. Obasanjo, a confirmé la rencontre entre les deux parties sans préciser la teneur des échanges. Le gouvernement n'a fait aucun commentaire sur cette initiative.

M. Obasanjo a dirigé le Nigeria de 1999 à 2007. Il était proche de son successeur Goodluck Jonathan, mais il a pris ses distances depuis, en critiquant sa gestion de l'insurrection de Boko Haram dans le nord-est du pays.

M. Jonathan a récemment refusé toute négociation avec Boko Haram. Il a exclu la possibilité d'obtenir la libération des jeunes filles en échange de prisonniers islamistes détenus dans les prisons de l'État, comme le demandait le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau.

Un différend semble d'ailleurs se dessiner entre le président Jonathan et ses chefs militaires. Alors que le premier refuse de considérer l'échange proposé par Boko Haram, les militaires craignent qu'une intervention armée ne pousse les ravisseurs à exécuter les otages.

Le différend survient au moment où le chef de l'état-major des forces armées nigérianes, le maréchal Alex Badeh, a affirmé lundi savoir où se trouvent les adolescentes.

Les autorités militaires refusent toutefois de tenter un coup de force. Elles citent le cas de l'intervention qui s'est soldée par la mort de deux otages – un Britannique et un Italien – dans la ville de Sokoto en mars 2012.

Un groupe d'adolescentes enlevées par Boko Haram et vraisemblablement converties à l'islam telles qu'elles apparaissent sur la deuxième vidéo publiée par Boko Haram.Un groupe d'adolescentes enlevées par Boko Haram et présumément convertie à l'islam telles qu'elles apparaissent sur la deuxième vidéo publiée par Boko Haram.

L'enlèvement des jeunes filles a suscité une indignation internationale. La semaine dernière,  les États-Unis ont envoyé quelque 80 militaires qui se sont posés au Tchad pour mener « des opérations de renseignement et de surveillance, et des vols de reconnaissance au-dessus du nord du Nigeria et des régions voisines » afin de localiser les jeunes filles. Des drones ont été utilisés lors de cette  mission.

Le Canada, le Royaume-Uni, la France, Israël et la Chine ont également proposé leur  aide.

Le Conseil de sécurité a quant à lui  placé la secte sur la liste noire des organisations terroristes  soumises à des sanctions en raison de leurs liens avec  Al-Qaïda.

Au Nigeria, de nombreux citoyens et groupes ont protesté contre cet enlèvement.

Boko Haram a diffusé une vidéo dans laquelle apparaissent plusieurs adolescentes enlevées récitant des versets coraniques en arabe. Deux d'entre elles expliquent pourquoi elles se sont converties à l'Islam au cours de leur captivité.

Qui est le groupe Boko Haram?

Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un sacrilège » en langue haoussa. Il revendique la création d'un État islamique dans le nord du Nigeria.

Le groupe est accusé d'avoir tué plusieurs centaines de personnes depuis le début de l'année. Il exige la libération de ses militants et veut imposer la loi coranique, la charia, dans son interprétation la plus sévère, dans tout le Nigeria, divisé entre le sud, à majorité chrétienne, et le nord, à majorité musulmane.

Les violences ont déjà fait plusieurs milliers de morts dans le nord et le centre du Nigeria depuis 2009.

Le Nigeria compte 170 millions d'habitants divisés pratiquement également entre chrétiens et musulmans.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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