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Kiev dit avoir repris le contrôle de l'aéroport de Donetsk

Un milien pro-russe prend position à une barricade érigée sur la route de l'aéroport.

Photo : Yannis Behrakis / Reuters

Radio-Canada

L'armée ukrainienne a repris le contrôle de l'aéroport de Donetsk, que des miliciens prorusses avaient investi dans la nuit de dimanche à lundi, soutient le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsene Avakov.

« L'aéroport est sous notre contrôle total. L'adversaire a essuyé de lourdes pertes et nous n'avons pas de pertes », a-t-il déclaré mardi devant des journalistes réunis à Kiev.

Nous allons poursuivre l'opération antiterroriste jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul terroriste sur le territoire ukrainien.

Arsène Avakov

Toutefois, le maire de Donetsk, Olexandre Loukiantchenko, établit un bilan différent de ces affrontements : selon lui, 38 combattants, ukrainiens et prorusses confondus, ont trouvé la mort, tout comme deux civils. Au moins 43 personnes ont aussi été blessées.

Pour sa part, le premier ministre de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Borodaï, dénombre « plus de 50 » morts du côté des rebelles. Enfin, un autre porte-parole, Leonid Baranov, croit que 100 rebelles ont perdu la vie. « La situation reste très tendue », a ajouté le maire Loukiantchenko.

L'envoyé spécial de Radio-Canada Jean-François Bélanger, qui est sur place, confirme d'ailleurs que des tirs de mortiers sont toujours entendus dans le secteur de l'aéroport.

L'aéroport de Donetsk revêt une importance stratégique certaine pour l'Ukraine, puisqu'il est névralgique pour l'accès à l'est du pays, en proie à une insurrection armée de miliciens prorusses.

L'armée ukrainienne avait lancé une opération pour en reprendre le contrôle, lundi. Des avions de combat Mig-29 et Soukhoï-25 y avaient lancé des raids aériens, avant que des parachutistes ne soient déployés dans l'enceinte de l'aéroport.

Selon Jean-François Bélanger, le gouvernement ukrainien entend maintenant établir un périmètre de sécurité autour de l'aéroport, puis sécuriser la ville de Donetsk d'ici quelques jours.

Incursion russe sur le territoire ukrainien

Selon notre envoyé spécial, cette bataille pour le contrôle de l'aéroport, la première à toucher la ville d'un million de personnes, a semé l'inquiétude dans la population de Donetsk, d'autant plus qu'un des leaders de l'insurrection, Denis Pushilin, a lui-même confirmé que des camions attaqués au cours des dernières heures transportaient des renforts venus de Russie.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a d'ailleurs convoqué le chargé d'affaires russe mardi pour protester contre une nouvelle incursion de « terroristes armées » venus de Russie en territoire ukrainien, dans la nuit de lundi à mardi. 

Un responsable américain de la Défense affirme de son côté que la Russie a retiré « plusieurs milliers » de militaires à la frontière ukrainienne ces derniers jours et que ce mouvement se poursuit. Il estime cependant que « des dizaines de milliers d'hommes » demeurent massés dans la zone frontalière, soit « assez pour provoquer toutes sortes de déstabilisations ».

La Russie a déployé près de 40 000 soldats à la frontière plus tôt ce printemps, selon une évaluation de l'OTAN. Le président Vladimir Poutine avait annoncé leur rappel le 19 mai, « après la fin de manoeuvres » militaires. 

Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine a lancé un appel à l'arrêt de « l'opération punitive » de l'armée ukrainienne dans l'est de l'Ukraine, et plaidé pour un « dialogue » lors d'un entretien téléphonique avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, selon ce que rapporte le Kremlin.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a aussi fait savoir par l'entremise d'un porte-parole qu'il « demande instamment que la restauration du contrôle de l'État sur des installations gouvernementales se fasse par des moyens exclusivement pacifiques, dont un dialogue politique inclusif ».

Le président ukrainien élu Petro Porochenko avait cependant déjà fait savoir qu'il refusait tout dialogue avec les « terroristes », estimant que l'armée serait capable de mettre fin « en quelques heures » à la révolte séparatiste dans l'Est.

Porochenko rencontrera Obama, mais pas Poutine

Le président américain Barack Obama a quant à lui appelé M. Perochenko pour le féliciter de sa victoire à la présidentielle de dimanche et l'assurer du « soutien total des États-Unis dans ses efforts pour unifier et faire avancer son pays ». Le milliardaire a été officiellement déclaré élu lundi, avec 54 % des voix exprimés.

« Le président a souligné l'importance de mettre en oeuvre rapidement les réformes nécessaires à l'Ukraine pour rassembler le pays et développer une économie viable, un climat attractif pour les investissements et mettre en place un gouvernement responsable qui réponde aux attentes et aux inquiétudes de tous les Ukrainiens », a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

Selon la présidence américaine, les deux hommes ont par ailleurs convenu de poursuivre leur dialogue « lors du prochain voyage en Europe du président ». Cela devrait se produire dans le cadre des commémorations du 70e anniversaire du débarquement de Normandie, auxquelles Barack Obama doit assister, début juin. 

En matinée, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exclu toute rencontre du genre avec Petro Perochenko. « La question d'une visite en Russie de Porochenko n'est pas envisagée, pas discutée, ni par les canaux diplomatiques, ni par aucun autre », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Quatre observateurs de l'OSCE portés disparus

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) annonce avoir perdu le contact avec quatre de ses observateurs -  un Danois, un Turc, un Estonien et un Suisse - qui effectuaient une « patrouille de routine » dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine.

Dans un communiqué, elle explique que les communications ont été rompues lundi, en début de soirée, alors que l'armée ukrainienne menait son offensive contre les séparatistes dans le secteur. 

Fin avril déjà, sept observateurs militaires européens sous l'égide de l'OSCE ont été retenus en otage pendant neuf jours par les séparatistes prorusses de Slaviansk.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier
Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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