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Pont Champlain : Montréal tient au SLR, Québec ne s’engage pas

Une maquette d'un système léger sur rail, que Québec souhaite mettre en place sur le futur pont Champlain.

Photo : Ministère des transports du Québec

Radio-Canada

Les élus montréalais devraient réitérer cette semaine leur appui à l'implantation d'un système léger sur rail (SLR) sur le nouveau pont Champlain, alors que Québec affirme que le choix n'est pas encore fait quant au mode de transport en commun que comportera la nouvelle infrastructure.

Le chef de l'opposition officielle à la Ville de Montréal, Richard Bergeron, doit présenter mardi une motion d'urgence au conseil municipal en faveur de la mise en place d'un SLR. Le conseil municipal doit ensuite se prononcer sur la question. Initialement prévue lundi, cette présentation a été reportée par le maire Denis Coderre.

Pour M. Bergeron, ce système représente la seule option de transport collectif viable entre Montréal et la Rive-Sud. Il rappelle que les frais d'exploitation - qui seront assumés par la Ville pendant des décennies - doivent être pris en considération. Selon lui, le transport par autobus serait plus coûteux et aggraverait le problème de congestion sur le pont Champlain et même en ville.

M. Bergeron voudrait aussi qu'une étude coût-bénéfice soit menée sur la question. Il enjoint le maire Coderre de se battre pour ce projet afin de convaincre Québec d'investir dans un SLR.

D'emblée, lundi, le maire Denis Coderre s'est dit toujours d'accord avec ce projet, mais a rappelé que la Ville devait prendre toutes les précautions et faire les choses de façon « rationnelle et responsable ».

On est d'accord avec le SLR. Mais on peut se poser des questions. Il y a un imbroglio avec Ottawa sur la provenance des fonds. Il y a aussi les tracés à prendre en considération. On peut faire un SLR dans les airs, un scénario le propose. Nous proposons que l'Office de consultation publique se penche là-dessus.

Denis Coderre

Le maire souhaite que les élus développent une vision commune de ce projet. « Il faut aussi s'entendre sur un cadre financier. C'est un projet que l'on partage avec l'ensemble des villes des couronnes », dit-il.

M. Coderre a par ailleurs rappelé que même si le SLR était choisi, le système ne verrait pas le jour avant 2021. Puisque le nouveau pont sera prêt quelques années avant, la Ville n'aura d'autre choix que d'opter pour les autobus dans l'intérim. 

La question du SLR refait surface à Québec

À Québec, le caucus libéral s'est lui aussi penché sur la question du SLR, lundi matin. « On ne dit pas qu'on y tourne le dos, on veut respecter la signature du gouvernement, mais on réexamine le dossier en profondeur », a confié le premier ministre Philippe Couillard.

Il souligne que le gouvernement évaluera le rapport entre les coûts de construction du projet et les bénéfices que pourraient en tirer les contribuables québécois avant de prendre une décision éclairée.

Le premier ministre a également indiqué que son gouvernement tiendra compte du poids du projet dans la balance budgétaire. M. Couillard souligne que le SLR est loin d'être le seul projet pour l'agglomération de Montréal. Il rappelle les projets du train de l'ouest, du prolongement du métro vers l'est de la métropole, les voies réservées pour les autobus, le boulevard Notre-Dame. « Il y a beaucoup, beaucoup de projets très importants, poursuit M. Couillard. Il y a des projets vers Laval également. »

Le sujet a rebondi en chambre, où le porte-parole de l'opposition officielle pour la métropole, Jean-François Lisée, a rappelé que l'Assemblée nationale, à l'unanimité, s'était prononcée en faveur du projet de SLR. Cette motion affirme que le gouvernement fédéral devait accepter le choix de transport collectif déterminé par le gouvernement du Québec et le financer.

Le ministre des Transports, Robert Poëti, s'est défendu d'avoir décidé seul de revenir sur l'engagement du gouvernement précédent, soulignant travailler dans le meilleur intérêt des contribuables québécois en respectant leur capacité de payer.

M. Poëti a précisé que la décision du mode de transport collectif n'était pas encore arrêtée et que le bureau de projet ferait connaître son choix au cours de l'été. M. Lisée est revenu à la charge lui reprochant d'avoir unilatéralement infirmé la décision du gouvernement risquant ainsi de provoquer des retards dans la livraison du projet.

Vers un futur pont Champlain

Politique