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Les mouches à fruits en pleine réflexion

Photo : Wikipédia
Radio-Canada

Les mouches à fruits (ou drosophiles) pensent avant d'agir, selon une étude réalisée par des chercheurs du Centre for Neural Circuits and Behaviour de l'Université d'Oxford. Selon cette recherche, ces insectes sont plus lents à prendre une décision difficile.

Ainsi, les drosophiles n'agiraient pas instinctivement ou impulsivement, mais accumuleraient de l'information avant de prendre une décision. Cette caractéristique est d'habitude considérée comme un signe de haute intelligence, comme en démontrent les singes et les humains.

Lors de leur expérimentation, après avoir entraîné les drosophiles à éviter une odeur particulière, les chercheurs ont observé les mouches faire un choix entre deux odeurs, situées aux coins opposés d'une pièce étroite.

Lorsque les deux odeurs étaient très différentes, les mouches prenaient une décision très rapidement et volaient la plupart du temps vers le coin d'où provenait l'odeur qu'elles ne devaient pas éviter. Cependant, quand les deux odeurs se ressemblaient et étaient difficiles à distinguer, les insectes prenaient beaucoup plus de temps à se décider et faisaient plus d'erreurs.

De plus, certaines mouches qui avaient subi des mutations du gène FoxP, actif chez les drosophiles dans près de 200 neurones sur les 200 000 que contient leur cerveau, prenaient encore plus de temps que les mouches normales à prendre leur décision quand les deux odeurs étaient très proches. Les chercheurs croient que ce gène serait impliqué dans le processus de prise de décision des mouches.

Les mouches à fruit possèdent un seul gène FoxP, alors que les humains en possèdent quatre. Chez les humains, les gènes FoxP1 et FoxP2 sont associés au langage et au développement cognitif. Ces gènes sont aussi associés à la capacité à apprendre une séquence de mouvement, comme apprendre à jouer du piano.

« Nous ne savons pas pourquoi ce gène joue un rôle dans une si grande variété de processus mentaux. FoxP pourrait être important pour lier les capacités à produire et traiter des séquences temporelles dans le cerveau », avance le professeur Gero Miesenböck, qui a participé à la recherche.

Science