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Élections européennes : score historique pour le Front national

La chef du Front national Marine Le Pen réagissant aux résultats de l'élection européenne en France, le 25 mai 2014

La chef du Front national Marine Le Pen réagissant aux résultats de l'élection européenne en France

Photo : Christian Hartmann / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Front national (FN) est sorti grand vainqueur en France des élections européennes avec environ 25 % des voix, une percée historique qui relègue l'UMP à près de cinq points derrière (20 %-21 %) et lamine le Parti socialiste au pouvoir, crédité selon les estimations de son plus mauvais score dans un scrutin européen.

Malgré une abstention notable (autour de 57 %), le « 21 avril européen » redouté par la gauche au pouvoir et la droite républicaine est advenu, l'extrême droite s'imposant comme la première force politique en France et mettant fin au bipartisme.

Le 21 avril 2002, le candidat socialiste avait été éliminé au premier tour de la présidentielle, laissant le président sortant Jacques Chirac affronter Jean-Marie Le Pen.

C'est un choc, un séisme [...] un moment grave pour la France et pour l'Europe.

Une citation de :Manuel Valls, premier ministre français

À l'issue d'un scrutin souvent considéré en France comme un «  vote défouloir  », le FN devrait quadrupler son score des Européennes de 2009, où il avait recueilli 6,34 % des voix et gagné trois sièges au Parlement européen.

Il remporterait de 22 à 25 sièges sur les 74 eurodéputés que la France envoie à Strasbourg. La présidente du parti, Marine Le Pen, a pour objectif de créer un groupe parlementaire avec les autres partis souverainistes et eurosceptiques européens.

Les règles européennes imposent un nombre minimal de 25 députés européens, issus d'au moins sept États membres, pour obtenir le statut de groupe politique.

Le vote français témoigne à la fois d'un climat de défiance aiguë envers l'exécutif et d'un euroscepticisme grandissant.

Le FN demande la dissolution de l'assemblée

« C'est une défaite pour l'UMPS, c'est une déroute », a déclaré Jean-Marie Le Pen qui reconquiert avec sa fille Marine, notamment, un siège au Parlement de Strasbourg.

La présidente du FN a demandé à François Hollande la dissolution de l'Assemblée nationale pour qu'elle soit « représentative du peuple et à même de mener la politique d'indépendance que le peuple a choisie ce soir ».

L'UMP, qui entendait conforter son statut de première opposante en sortant premier des urnes, est nettement devancé avec 20 à 21 % des voix, selon les estimations Ifop, TNS-Sofres, CSA. Première en 2009, elle avait obtenu 27,88 % et 29 sièges.

Le verdict est rude pour son président Jean-François Copé, qui comptait rééditer le succès des municipales de mars pour conforter sa place à la tête de la formation de droite et échapper à la vindicte de ses pairs quant aux soupçons de malversations financières entachant son mandat.

Plusieurs responsables du mouvement, dont Alain Juppé et Bruno Le Maire, ont réclamé dès dimanche soir une refonte de l'UMP, « une gouvernance plus collective » et « une transparence » absolue sur les pratiques et la gestion du parti.

« C'est pour notre famille politique une grande déception, c'est aussi l'expression d'une gigantesque colère », a dit Jean-François Copé sur France 2. Il a dit prendre sa « part » de l'échec, mais a appelé sa famille à « méditer la nécessité de se rassembler ».

Le Parti socialiste s'achemine vers le pire résultat à un scrutin européen après les 14,5 % de 1994 (14,1 % à 14,5 %, selon les estimations). Les centristes réussissent leur premier test national depuis la fusion de l'UDI et du MoDem en novembre 2013 en dépassant les 10 %.

Les écologistes sont crédités de 9 à 10,3 % des voix (contre 16,28 % en 2009) et le Front de gauche réalise un score identique à celui du précédent scrutin (autour de 6,5 %).

« Une tragédie démocratique »

La ministre de l'Écologie Ségolène Royal a parlé d'« un choc profond ». « Ce soir, nous avons un gagnant et beaucoup de perdants » dont « l'image de la France et l'Europe elle-même », a commenté le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. « C'est plus qu'un avertissement, c'est vraiment un séisme ». « C'est une tragédie démocratique », a déclaré Rama Yade, vice-présidente de l'UDI. « Une décomposition de la vie politique française », a jugé le président du MoDem, François Bayrou.

« La France est entrée en éruption volcanique », a affirmé pour sa part le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Le député socialiste Jean-Marc Germain, l'un des 41 « frondeurs » à avoir voté contre le plan d'économies de Manuel Valls, a écrit sur Twitter : « Le 25 mai est un 21 avril puissance 2 ».

« Si on ne change pas, on est assuré d'un désastre », a estimé Jean-Luc Mélenchon.

Ce qui s'est passé aux municipales n'a pas été entendu et aujourd'hui, il se manifeste quelque chose de très fort, comme un malaise, une incompréhension.

Une citation de :Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts

Au-delà de la composition du prochain Parlement, ces élections auront indirectement pour enjeu la désignation du président de la Commission européenne, bras exécutif de l'UE.

Le candidat du Parti populaire européen (PPE, centre droit), Jean-Claude Juncker, est en bonne position pour remplacer José Manuel Barroso si les dirigeants européens, qui se réunissent mardi soir à Bruxelles, respectent le verdict des urnes.

François Hollande a dit qu'il s'y plierait, mais la chancelière Angela Merkel et le premier ministre britannique David Cameron veulent garder leur liberté de manœuvre.

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