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Dans la tête de cinq entrepreneurs émergents

Cette année, la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman a récompensé 25 entrepreneurs émergents pour leur dynamisme et leur créativité. Nous avons rencontré cinq d'entre eux pour savoir ce qui les a amenés à se lancer en affaires, ce qui les pousse à se lever chaque matin et ce qui leur donne envie de poursuivre dans ce chemin. Leur point commun? La passion.

Cette année, la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman a récompensé 25 entrepreneurs émergents pour leur dynamisme et leur créativité. Nous avons rencontré cinq d'entre eux pour savoir ce qui les a amenés à se lancer en affaires, ce qui les pousse à se lever chaque matin et ce qui leur donne envie de poursuivre dans ce chemin. Leur point commun? La passion.

Un texte de Naïma BenabdallahTwitterCourriel

Audra Renyi, femme d'affaires et de sens

Audra RenyiAudra Renyi, directrice générale de World Wide Hearing (WWH) Photo : Naïma Benabdallah

Réalisation : World Wide Hearing (Nouvelle fenêtre) est un organisme à but non lucratif qui offre des prothèses auditives à prix abordables pour les pays en développement.

Quel est votre parcours? : « J'ai commencé dans les finances pour une banque d'investissement à New York. Dans le cadre de mon travail, j'ai été amenée à travailler en Afrique et j'ai adoré le fait d'avoir un effet positif sur la vie des gens. Alors, j'ai combiné mes atouts en finances et en développement pour faire quelque chose qui me passionne. Mon père et sa sœur souffrent de déficience auditive depuis l'enfance. Alors, pour moi, c'est une cause importante, mais aussi personnelle. »

Une réalisation dont vous êtes fière : « On a terminé un projet pilote en Jordanie financé par Grands défis Canada, qui appuie les innovations en santé dans le monde. Ça nous a donné la preuve que non seulement notre modèle était durable, mais qu'il révolutionnait le domaine des prothèses auditives. De plus, nous formons des femmes à l'échelle locale. Ces femmes n'auraient pas accès à l'emploi. Notre méthode est donc également communautaire. »

Auriez-vous aimé avoir un conseil avant de vous lancer? : « La déficience auditive est invisible. Cela aurait été utile de penser à des façons créatrices de faire comprendre au grand public à quel point quelqu'un qui n'entend pas est déconnecté du monde. »

Pour atteindre mon but, je suis prête à... : « Donner toute mon énergie, ma passion, mais aussi mes connaissances pratiques en finances et en affaires pour faire en sorte que cette cause soit reconnue et qu'on trouve une solution. »

Les avantages et les inconvénients à la vie d'entrepreneur : « L'avantage, c'est qu'on adore ce que l'on fait et qu'on le fait constamment. Le désavantage, c'est... qu'on le fait constamment! »

Avez-vous un mentor? : « Oui. Claudio Bussandri, le président de la fondation internationale World Wide Hearing et un de ses membres fondateurs. Depuis son jeune âge, il souffre de déficience auditive. Malgré cela, il a très bien réussi sa carrière professionnelle. Il m'a aidée à voir clair, à prendre des décisions stratégiques. Il m'a aussi aidée à acquérir de l'entregent. Il m'a montré comment enthousiasmer les gens au sujet de notre projet. »

Ovidiu Mija, de décrocheur à entrepreneur

Ovidiu Mija, fondateur de Outpost TravelOvidiu Mija, fondateur de Outpost Travel Photo : Naïma Benabdallah

Réalisation : Outpost Travel (Nouvelle fenêtre) est un moteur de recherche qui regroupe les différentes offres d'hébergement et de transport faites par des individus, plutôt que par des entreprises. Par exemple, il rassemble et affiche des contenus des principaux sites de location de logement de particulier à particulier, dont Airbnb, Zimride et Vayable. Le but est d'offrir aux voyageurs une autre manière de visiter différents pays.

Quel est votre parcours? : « À la fin de 2012, le cofondateur de Outpost Travel, Hamed Al-Khabaz, et moi avons trouvé une brèche dans le système de sécurité Omnivox de notre cégep, le Collège Dawson. Nous avions accès aux détails personnels de tous les étudiants. Nous pouvions presque changer les notes! J'en ai avisé la direction. La compagnie a pris contact avec nous, bien heureuse de voir qu'on n'avait rien fait de mal. On voulait seulement sécuriser nos données personnelles. Le Collège ne l'a pas vu comme ça. Hamed Al-Khabaz a été renvoyé. Je suis parti moi aussi. Des compagnies nous ont fait des offres, mais on a refusé pour lancer Outpost Travel. »

L'origine de l'idée : « C'est en regardant le père de Hamed en train de préparer un voyage à Mont-Tremblant que l'idée est née. Il voulait louer un chalet. Il avait environ 20 onglets ouverts sur son navigateur et il comparait le prix sur papier! Hamed m'a appelé sur Skype et m'a dit : « On a un problème, il faut trouver une solution. » Il était 3 heures du matin. Nous avons fait un prototype du site et mis sur le web. Deux jours plus tard, on s'est rendu compte que plusieurs personnes utilisaient notre plateforme. Il y avait vraiment un besoin à combler. »

Une réalisation dont vous êtes fier : « Je suis fier d'avoir eu le courage de démarrer Outpost Travel. »

Auriez-vous aimé avoir un conseil avant de vous lancer? : « J'ai fait beaucoup d'erreurs dans le domaine juridique. Incorporer la compagnie, ériger la structure, etc., ce n'est pas facile. J'ai tout fait par moi-même, mais j'aurais aimé avoir des conseils. »

Les avantages et les inconvénients de la vie d'entrepreneur : « On est libre! On n'a pas de patron. Pour les personnes qui aiment créer sans se faire dire quoi faire, c'est l'idéal. D'un autre côté, il n'y a aucune sécurité financière. On n'a que soi-même pour s'aider. »

Avez-vous un mentor? : « Oui. Ilan Saks, de l'équipe Founder Project. Il nous a appris à évaluer tous les aspects d'une situation. »

Votre ambition? : « Nous voulons devenir LA référence dans l'économie du partage. »

Marion Poirier, l'écolo aux milles idées

Marion Poirier, présidente et cofondatrice de TSHUMarion Poirier, présidente et cofondatrice de TSHU Photo : Naïma Benabdallah

Réalisation : TSHU (Nouvelle fenêtre) réinvente le bon vieux mouchoir en tissu pour en faire un accessoire de mode aussi utile que branché. Pour chaque mouchoir vendu, un arbre est planté en Éthiopie (en collaboration avec la fondation Weforest).

Quel est votre parcours? : « Je suis quelqu'un qui aime les projets fous. J'ai démarré toutes sortes d'entreprises de plusieurs tailles. J'ai travaillé à mon compte. J'ai même dirigé des organismes de musique baroque! J'ai aussi étudié en histoire de l'art. J'aime les belles choses. »

L'origine de l'idée : À la suite d'une visite en France avec Thomas Geismann, son partenaire dans la vie comme dans les affaires, l'oncle de ce dernier leur offre en souvenir un paquet de mouchoirs brodés à la main. De retour à Montréal, le couple découvre le plaisir d'utiliser les mouchoirs en tissu. L'idée de TSHU venait de germer dans leur tête. Quelques mois plus tard, les jolis mouchoirs (Nouvelle fenêtre) Leonard, Elvis, Champlain (ils ont tous un nom) apparaissent.

Une réalisation dont vous êtes fière : « Je suis très fière d'avoir réussi à réaliser TSHU. On a gagné plusieurs concours! On a eu énormément de soutien de la communauté d'entrepreneurs, mais aussi du milieu de la mode. »

Un conseil que vous aurais aimé avoir avant de vous lancer : « J'aurais aimé avoir l'expérience que j'ai maintenant il y a quelques années pour pouvoir faire les choses encore mieux! En fait, tous les conseils dont j'aurais eu besoin, je les ai eus. Mon partenaire Thomas me les a donnés. Il a des forces complémentaires aux miennes. C'est un avocat de formation, qui fait du développement d'affaires international. Il est très pragmatique et stratégique, alors que je suis fonceuse et passionnée. J'ai énormément de chance. »

Les avantages et les inconvénients de la vie d'entrepreneur : « Que des avantages! Certaines personnes verront le stress comme un inconvénient, mais pour moi, quand il n'y a pas de stress, il n'y a pas de motivation. Ça me sert de carburant. Un autre avantage, c'est que la seule personne à qui on a des comptes à rendre, c'est soi-même. »

Avez-vous un mentor? : « Non, je n'en ai pas. Par contre, je fais partie du groupe Entrepreneurs anonymes (Nouvelle fenêtre), et c'est comme avoir des plusieurs mentors dans toutes sortes de sphères. »

Un souhait pour l'avenir? : « Changer le monde un TSHU à la fois. On pense que le simple fait d'avoir un TSHU sur soi permet de diminuer la consommation de papiers mouchoirs. Ça permet de réduire son empreinte écologique. »

Tony Fama, l'homme de solutions

Tony FamaTony Fama, président et chef de direction de Technologies iLOC inc. Photo : Naïma Benabdallah

Réalisation : La montre TRiLOC (Nouvelle fenêtre). Elle permet de localiser une personne rapidement grâce aux technologies cellulaires.

L'origine de l'idée : Il y a cinq ans, le fils de Tony Fama, qui est autiste, a eu un épisode d'errance, alors que la famille se trouvait à Walt Disney. À la suite de cet incident, M. Fama a réalisé qu'il y avait peu de produits sur le marché pour éviter de telles situations. Il s'est donc mis au travail pour trouver une solution à ce problème et créer un produit qui pouvait également aider les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

Nommez-moi une réalisation dont vous êtes fier : « Ma compagnie a été la première du monde à intégrer la technologie 3G et le système Bluetooth à une montre. »

Auriez-vous aimé avoir un conseil avant de vous lancer? : « J'aurais aimé avoir plus de connaissances sur les investisseurs éventuels. Il faut beaucoup d'argent pour lancer une compagnie. »

Je ne me couche jamais sans avoir fini de... : « Je ne dors pas beaucoup! Ah ah! »

Les avantages de la vie d'entrepreneur : « Le pouvoir décisionnel, celui qui permet de changer les choses et la passion avec laquelle on travaille. »

Avez-vous un mentor? : « Non. Je travaille dans l'univers entrepreneurial depuis 35 ans. Mais j'en suis peut-être un pour d'autres personnes... »

Pour atteindre mon but, je suis prêt à... : « Satisfaire les soignants et les établissements qui utilisent la montre. Les personnes qui souffrent d'autisme ou d'alzheimer et celles qui peuvent avoir des épisodes d'errance doivent être retrouvées facilement. »

Votre rêve pour l'avenir? : « Agrandir la compagnie et développer encore plus le marché extérieur. »

François Poirier, le fonceur

François Poirier, fondateur de SobersmartFrançois Poirier, fondateur de Sobersmart Photo : Naïma Benabdallah

Réalisation : Sobersmart (Nouvelle fenêtre) est un ivressomètre, similaire à un porte-clés, capable de communiquer avec un téléphone intelligent. L'application met en contact son propriétaire avec les membres de sa famille et offre des options sécuritaires pour rentrer à la maison.

Quel est votre parcours? : « Je suis designer industriel. Je crée des produits depuis que je suis sorti de l'école. Ma passion, c'est le matériel, le produit physique, que ce soit du plastique ou de l'électronique. Dans mon milieu, je suis un peu le mouton noir parce que tout le monde fait des plateformes ou des applications. »

Une réalisation dont vous êtes fier : « À part avoir été nommé entrepreneur émergent à C2Mtl, nous avons présenté Sobersmart au Web Summit de Dublin et nous nous sommes classés dans les trois premiers gagnants au International Startup Festival. »

Un conseil que vous auriez aimé avoir avant de vous lancer : « Je l'ai eu : ne pas avoir peur de demander. De cette manière, j'ai ouvert des portes imprévues et j'ai souvent reçu des réponses plus positives que je ne l'aurais cru! Mes parents m'ont toujours dit : "Le pire qui puisse arriver, c'est de te faire dire non." Dans la vie, nous sommes souvent nos pires ennemis. Nous nous mettons nous-mêmes des bâtons dans les roues. »

Pour atteindre mon but, je suis prêt à... : « Tout. Au fur et à mesure que j'avance, je me rends compte que c'est moi qui fixe mes propres limites. Jusqu'à maintenant, chaque fois que je me suis poussé, j'ai toujours réussi. L'année dernière, j'étais bénévole à C2Mtl. Je me disais que l'année suivante, je voulais faire partie de ces entrepreneurs. C'est fait. Je fais partie des entrepreneurs émergents! »

Les avantages et les inconvénients de la vie d'entrepreneur : « Je travaille beaucoup, mais je n'ai jamais l'impression de travailler. »

Avez-vous un mentor? : « Non, pas vraiment, mais plusieurs personnes comme Kevin Rose ou Alexandre Taillefer m'ont inspiré. Mes mentors sont dans l'information que je consomme. Par exemple, je regarde des conférences TED et des vidéos sur l'entrepreunariat pour recueillir un maximum d'information. J'espère me souvenir, lorsque je serai un entrepreneur à succès, que partager de l'information permet d'inspirer d'autres personnes. »

Un souhait pour la suite des choses? : « J'espère atteindre mon but, c'est-à-dire, sauver des vies. Chaque jour, dix familles perdent un enfant à cause de l'alcool au volant. Ce serait le meilleur retour sur l'investissement possible. »

Société