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L'ex-PDG de l'agence des PPP a peu à dire sur les problèmes au CUSM

Normand Bergeron

La commission Charbonneau en direct

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-PDG de l'Agence des PPP, Normand Bergeron, n'a pu expliquer mardi à la commission Charbonneau pourquoi différentes irrégularités soulevées la semaine dernière par les enquêteurs de la commission André Noël et Éric Desaulniers n'ont pas entraîné la disqualification du consortium SNC-GISM.

Interrogé sur ces irrégularités - les contacts interdits entre des responsables du CUSM et de SNC-Lavalin, la demande de dérogation faite à la dernière minute par la firme de génie pour un stationnement hors terre moins cher -, M. Bergeron a invité la commission à poser ses questions à M. Soudry, plus directement impliqué que lui dans le dossier.

Il a soutenu qu'il s'était peu intéressé à ce dossier dans les semaines suivant son arrivée à l'agence, en août 2009, puisque son mandat consistait surtout à faire des recommandations au gouvernement pour modifier les façons de faire de l'Agence des PPP, qui deviendra peu après Infrastructure Québec.

La crédibilité de l'agence était alors à « son plus bas » : les ministères ne comprenaient pas toujours le bien-fondé et le fonctionnement des PPP et entretenaient des relations « difficiles » avec elle. Les coffres de l'agence, qui devait s'autofinancer, étaient par ailleurs vides, ce qui l'a forcée à emprunter pour payer des employés, et à en remercier d'autres, dont Pierre Lortie. 

Normand Bergeron a confirmé qu'un premier comité de sélection constitué pour évaluer les propositions soumis par SNC-GISM en novembre 2009 avait cessé son travail abruptement, après qu'Arthur Porter eut constaté que les deux consortiums ne respectaient par les exigences budgétaires du gouvernement.

Le directeur général du CUSM refusera peu après un changement de partenaire au sein du consortium OHL-PCUSM, ce qui entraînera sa disqualification.

M. Bergeron a admis qu'il n'avait « jamais vu un comité de sélection fonctionner comme ça ».

Il dit notamment avoir vu le président du comité de sélection Arthur Porter quitter la réunion du 30 novembre 2009 en compagnie du président du conseil d'administration du CUSM, l'ex-sénateur David Angus, et qu'à leur retour, les deux hommes ont annoncé « qu'ils voulaient mettre fin au comité ». M. Porter arguera que les deux propositions financières soumises par les consortiums ne respectaient pas les exigences budgétaires du gouvernement. 

Arthur Porter refusera ensuite d'accepter un changement de partenaire au sein du consortium OHL-PCUSM, entraînant du coup sa disqualification. 

À partir de ce moment, dit M. Bergeron, Arthur Porter souhaitait clairement négocier directement avec SNC-GISM dans ce dossier. Il arguait notamment que la valeur de leur proposition était supérieure à celle de PCUSM, bien que les résultats des sous-comités de sélection, alors partiels, donnaient plutôt l'avantage à ce second consortium.

Selon M. Bergeron, M. Porter avait cependant besoin que le Conseil des ministres approuve une modification au décret pour que cette négociation avec SNC-GISM aille de l'avant. Des démarches en ce sens ont été menées dès le début du mois de décembre 2009.

M. Porter n'obtiendra cependant jamais cette approbation, puisque l'Agence des PPP, devenue entre-temps Infrastructure Québec, n'était pas en mesure de déterminer laquelle des deux propositions était la plus profitable pour le gouvernement.

« En plus, j'avais été informé que le sénateur Angus avait communiqué avec le bureau du premier ministre pour mettre un peu plus de pression », a ajouté M. Bergeron. Il précisera plus tard que M. Angus avait d'abord parlé au chef de cabinet de Jean Charest, mais qu'il avait ensuite parlé directement au chef du gouvernement.

Selon lui, MM. Angus et Charest, qui se connaissaient, ont notamment discuté du dossier pendant la période des fêtes, en décembre 2009. 

L'ex-PDG de l'Agence des PPP, devenue Infrastructure Québec à l'automne 2009, précisera plus tard qu'à cette époque « M. Charest m'avait appelé directement pour me demander qu'est-ce qu'il devait dire au sénateur Angus, qui n'arrêtait pas de le harceler pendant la période des fêtes ».

« C'était dans la période où on avait présenté le décret au Conseil des ministres [pour lancer un nouvel appel de propositions, NDLR]. Il m'a demandé ce qu'il devait dire à M. Angus », a poursuivi M. Bergeron.

L'ex-PDG de l'Agence des PPP dit avoir recommandé au premier ministre de lui répondre « qu'à la mi-janvier, le Conseil des ministres allait se prononcer. Et d'attendre la décision du Conseil des ministres ».

« J'en ai plus jamais réentendu parler », a conclu M. Bergeron à ce sujet.

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