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Hivers chauds, arbres plus petits

Une forêt.

Photo : Istock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les hivers chauds qui risquent de survenir de plus en plus fréquemment en raison du réchauffement de la planète ne sont pas nécessairement une bonne nouvelle pour la croissance des arbres.

Selon une étude publiée dans la revue PLOS ONE, les arbres et les arbustes auraient une croissance moindre lorsque l'hiver est interrompu de façon précoce par des températures assez chaudes pour déclencher la croissance.

« Lorsque les températures hivernales fluctuent entre le froid et la chaleur, les plantes épuisent leurs ressources en tentant de commencer le processus de photosynthèse, et terminent l'hiver avec une réserve beaucoup moindre que ce qu'ils avaient au début de la période de froid. Elles doivent donc remettre leurs réserves à niveau durant l'été », explique Melanie Harsch, postdoctorante en biologie et mathématiques appliquées à l'Université de Washington et principale auteure de la recherche.

Les racines sont spécialement sensibles aux fluctuations de température, selon Mme Harsh. Les hivers plus chauds augmentent la respiration des racines, qui utilisent alors leurs réserves de carbone pour produire de l'oxygène. Ce carbone n'est donc plus disponible lorsque reviennent le beau temps et la saison de croissance.

Pour les besoins de l'étude, Melanie Harsch et ses collègues ont étudié deux espèces d'arbustes qui poussent sur l'île Campbell, un endroit inhabité de l'océan Pacifique faisant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO, situé près de la Nouvelle-Zélande. Ces deux espèces d'arbustes, Dracophyllum longifolium et Dracophyllum scoparium, peuvent croître jusqu'à 4,6 mètres et vivre jusqu'à 240 ans.

« Sur l'île Campbell, la neige est éphémère, donc les plantes n'en sont habituellement pas couvertes. Si nous devons voir des conséquences aux changements de conditions hivernales, nous les verrons ici des décennies avant les endroits où la neige est plus abondante et les hivers sont plus froids », précise Mme Harsch.

Les chercheurs ont ainsi découvert qu'alors que les hivers chauds aident les jeunes plants à s'enraciner, ils affectent du même coup la croissance des plants plus anciens. « Pour que la croissance puisse se produire, les plantes ont besoin de précipitations suffisantes, d'une température assez élevée et de nutriments. La croissance peut seulement survenir durant l'été sur l'île Campbell, quand la température est plus élevée que 5 degrés Celsius », indique la chercheuse.

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont coupé les arbustes en disques juste au-dessus du collet de la racine. Ils ont ensuite mesuré la largeur entre chacun des anneaux présents sur les disques. Ils ont ainsi noté que la croissance des plantes avait diminué alors que les températures hivernales augmentent.

Mélanie Harsch croit toutefois que les plantes de l'île Campbell pourraient éventuellement s'ajuster aux hivers plus chauds, tout en affirmant que la période de transition risque d'être difficile pour elles. « Peut-être que les hivers deviendront assez chauds pour que les plantes puissent faire de la photosynthèse et croître toute l'année, comme elles le font aux tropiques. À quel point certaines espèces seront-elles assez résistantes pour arriver à s'adapter? Est-ce que la croissance en été compensera les durs hivers qu'elles traverseront? Nous ne le savons pas », conclut la chercheuse.

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