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L'ex-administrateur de Lise Thibault livre sa version des faits

Le procès de Lise Thibault devrait durer six semaines.

Le procès de Lise Thibault devrait durer six semaines.

Photo : Jacques Boissinot, PC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-administrateur du cabinet de Lise Thibault, André Labrecque, a livré un témoignage incriminant à l'endroit de l'ex-lieutenante-gouverneure du Québec qui subit son procès pour fraude et abus de confiance. 

L'ancien administrateur a raconté que Lise Thibault lui aurait demandé de falsifier l'entête de la facture d'un brunch organisé le 1er février 2004 au chic Mount Stephen Club à Montréal afin d'obtenir un remboursement d'Ottawa. La facture pour 67 convives s'élevait à 4640,65 $.

La note qui accompagne la facture envoyée par le restaurant spécifie que la réception a été donnée « en l'honneur de Mme Anne-Marie Thibault », la fille de Lise Thibault.
Or, l'entête de la facture envoyée à Ottawa indique que la réception était offerte « pour souligner le 7e arnniversaire de la nomination » de la lieutenante-gouverneure. André Labrecque a raconté que c'est Mme Thibault qui lui avait demandé d'inscrire cette note.

M. Labrecque a également rapporté que Lise Thibault lui aurait mentionné qu'il allait « couler » avec elle après avoir pris connaissance des rapports incriminants des vérificateurs généraux concernant ses dépenses. Une menace qu'elle lui aurait répétée à une autre reprise et qui a secoué l'administrateur. « Monsieur le juge, ça fait sept ans que j'ai ça en tête, ce n'est pas rien de se faire dire ça », a-t-il déclaré devant le tribunal.

André Labrecque a affirmé qu'il n'avait aucun pouvoir décisionnel et aucun contrôle sur le budget.

Au moment de quitter son poste, Lise Thibault aurait réclamé  les 16 000 $ qui restaient dans un compte du cabinet, estimant que le montant lui revenait. M. Labrecque a dit ne pas avoir donné suite à sa demande.

Durant le témoignage de M. Labrecque, Lise Thibault a fait non de la tête à plusieurs reprises. On l'a même entendu murmurer « menteur ».

Lors de son interrogatoire policier en 2008, Lise Thibault a incriminé M. Labreque, l'accusant d'avoir voulu cacher des documents aux vérificateurs généraux.

André Labrecque va poursuivre son témoignage mercredi.

Factures d'un brunch au Mount Stephen Club le 1er févirer 2004.
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Factures d'un brunch au Mount Stephen Club le 1er févirer 2004.

Des frais d'hébergement questionnés

Plus tôt mardi, une ex-cadre supérieure de Patrimoine canadien a dit avoir tenté de dissuader Lise Thibault de se faire rembourser ses frais d'hébergement à Beaupré, alors qu'elle recevait déjà une allocation de logement du gouvernement du Québec. Mais elle a finalement accepté les factures de l'ex-lieutenante-gouverneure. 

Micheline Ouellette-Rogers a raconté avoir fait part de son inquiétude à l'ex-lieutenante-gouverneure dès le mois de mars 2003.

Lise Thibault venait alors d'emménager dans la résidence de son garde du corps à Beaupré, en banlieue de Québec, et réclamait le montant du loyer pour demeurer à l'extérieur de la Ville de Québec. Or, elle bénéficiait déjà d'une allocation mensuelle de 4000 $ pour se loger dans la capitale.

Selon Mme Ouellette-Rogers, Lise Thibault lui aurait répondu qu'elle ne partageait pas les mêmes préoccupations. « Elle n'avait aucun doute de pouvoir répondre à toutes questions de qui que ce soit concernant les décisions qu'elle prenait », a expliqué la femme, aujourd'hui retraitée.

Micheline Ouellette-Rogers a donc autorisé le remboursement sur la foi du document signé de la main de Lise Thibault, qui attestait que les frais étaient engagés dans l'exercice de ses fonctions.

« Qu'est-ce qu'on peut faire ? Elle l'a expliqué et a fourni les pièces justificatives. C'était à l'extérieur de Québec », a fait valoir Mme Ouellette-Rogers.

L'ex-cadre a dit être rarement intervenue dans la gestion des comptes des lieutenants-gouverneurs du pays. Elle était sollicitée seulement lorsqu'un « défi » se présentait. Les « défis » sont souvent venus du Québec, a-t-elle confié.

Une question de « bon sens », dit le juge

Micheline Ouellette-Rogers croit que Lise Thibault ne pouvait pas prétendre qu'elle était toujours en fonction officielle, même si elle portait le titre de lieutenante-gouverneure 24 heures sur 24.

Lorsque l'avocat de Lise Thibault, Me Marc Labelle, a insisté pour faire valoir à l'ex-cadre de Patrimoine canadien que c'était son opinion personnelle, le juge est intervenu.

Carol St-Cyr a répliqué que ce n'était pas seulement son opinion, mais aussi une question de « bon sens ». « Je suis juge 24 heures sur 24. Si je vais à la pêche, je n'envoie pas mon compte au ministère », a lancé le juge St-Cyr.

Quatrième semaine de procès

Le procès de l'ex-lieutenante-gouverneure du Québec entame sa quatrième semaine au palais de justice de Québec Il reste en principe deux semaines au procès, qui doit prendre fin le 30 mai.

Lise Thibault, 75 ans, subit un procès pour fraude et abus de confiance concernant des dépenses injustifiées de 700 000 $.

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