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Des militaires chinois accusés de cyberespionnage aux États-Unis

Le président chinois entame mardi, à Washington, sa visite officielle en territoire américain avant de repartir vendredi pour la Chine.

Le président chinois entame mardi, à Washington, sa visite officielle en territoire américain avant de repartir vendredi pour la Chine.

Photo : La Presse canadienne / Charles Dharapak

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un grand jury américain a inculpé début mai cinq membres de l'armée chinoise pour cyberespionnage à l'encontre de plusieurs entreprises américaines impliquées dans les secteurs du nucléaire, des métaux et de l'énergie solaire, a annoncé lundi le département de la Justice.

C'est la première fois que la justice américaine accuse publiquement la Chine de cyberespionnage.

Pékin a réagi en dénonçant des accusations fabriquées et en annonçant la suspension d'un groupe de travail sino-américain consacré à Internet.

Le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que la Chine avait émis une protestation auprès des États-Unis et dénoncé de « soi-disant poursuites » qui nuiront à la coopération et à la confiance mutuelle entre la Chine et les États-Unis.

« La position du gouvernement chinois sur la question de la sécurité d'Internet est cohérente et claire », lit-on dans un communiqué du ministère, qui exhorte les États-Unis à « une rectification immédiate ».

« La Chine est un farouche défenseur de la sécurité du réseau et le gouvernement chinois, les militaires et le personnel associé ne se sont jamais livrés à du vol en ligne de secrets commerciaux », ajoute le communiqué.

Les cinq militaires chinois qui étaient recherchés pour cyberespionnage.
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L'avis « recherché » affiché au département de la Justice des États-Unis

Photo : La Presse canadienne / AP

Malgré ces inculpations, les États-Unis entendent maintenir « une relation productive » avec la Chine, a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney. Washington veut travailler avec Pékin pour mettre fin aux atteintes à la cybersécurité, a-t-il ajouté.

Les pirates informatiques de l'Armée populaire de libération, dit l'acte d'inculpation, ont conspiré pour voler des secrets commerciaux susceptibles d'être utilisés par des concurrents chinois de ces entreprises, y compris des groupes publics chinois.

Six entreprises américaines, dont United States Steel Corp, Alcoa et Allegheny Technologies, ainsi qu'un syndicat, ont été victimes de ces cyberattaques, selon les autorités américaines.

« Message fort »

La décision américaine « indique que le département de la Justice a des preuves flagrantes et qu'il désire présenter ces éléments à un tribunal », estime Franck Cilluffo, directeur de l'institut de politique de sécurité intérieure à l'Université George Washington.

Les États-Unis, eux-mêmes mis en cause l'an dernier par les révélations sur le vaste espionnage pratiqué par l'Agence nationale de la sécurité (NSA), s'inquiètent depuis longtemps des activités de cyberespionnage en provenance de l'étranger, en particulier de Chine.

Dans un câble diplomatique de 2009 divulgué par le site WikiLeaks, ils imputaient l'origine d'attaques informatiques à une unité spéciale de l'Armée populaire de libération.

De telles charges sont avant tout symboliques, mais pourraient empêcher les individus inculpés de voyager en territoire américain ou dans les pays ayant un accord d'extradition avec les États-Unis.

« Cela envoie un message fort aux Chinois », juge James Lewis, du Center for Strategic and International Studies de Washington. D'autres experts jugent que cela n'aura guère d'effet.

Un responsable du FBI a dit la semaine dernière qu'il fallait s'attendre à de nombreuses inculpations ou arrestations dans des affaires de cybersécurité au cours des prochaines semaines.

Europol a parallèlement annoncé lundi que plus de 80 utilisateurs du logiciel espion « Blackshades » avaient été arrêtés dans 16 pays lors d'une opération menée à la mi-mai après l'interpellation de ses concepteurs aux États-Unis.

Dimanche, un haut responsable chinois chargé d'Internet a souhaité le renforcement de la cybersécurité dans le pays contre des « forces hostiles à l'étranger ».

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