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Rapport Ménard : étudiants satisfaits; policiers et libéraux critiques

Manifestation étudiante contre la hausse des droits de scolarité

Manifestation étudiante contre la hausse des droits de scolarité

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le rapport de la Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012, qui blâme le gouvernement Charest et la police pour leur gestion de la crise, est dénoncé par les libéraux et les policiers, mais est bien accueilli par plusieurs organisations étudiantes.

Au lendemain de la publication de ce rapport, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a déclaré qu'elle ne se sentait pas liée par les conclusions du volumineux document qui contient 28 recommandations.

« Je ne me sens pas concernée par le rapport Ménard, mais pas du tout. Je considère que c'est une réponse politique à une commande politique. »

— Une citation de  Lise Thériault, ministre de la Sécurité publique

« On avait clairement dit qu'on voulait faire le procès du gouvernement », a poursuivi Mme Thériault, dans une allusion aux propos de l'ex-ministre de la Sécurité publique, le péquiste Stéphane Bergeron, qui avait affirmé, dès l'annonce de la commission, que la crise étudiante aurait été évitée si le gouvernement Charest n'avait pas haussé les droits de scolarité.

Quant à Philippe Couillard, il a déclaré jeudi qu'il allait d'abord prendre connaissance du contenu de ce rapport et évaluer ses recommandations, tout en qualifiant lui aussi cette commission d'enquête de « politique ».

« Il est clair que ce rapport-là avait une motivation politique importante, je pense que personne n'est dupe de ça. »

— Une citation de   Philippe Couillard

Mise sur pied par le gouvernement péquiste de Pauline Marois dès l'arrivée du PQ au pouvoir, la Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012, présidée par l'ex-ministre péquiste Serge Ménard, a été à maintes reprises critiquée par les libéraux, qui y voyaient un règlement de compte partisan, plus qu'un réel exercice public.

Une des conclusions du rapport Ménard est que la crise étudiante aurait pu être évitée par le recours à des médiateurs.

Des conclusions irréalistes, selon les policiers

Pour les policiers, qui ont été au coeur de cette crise, l'exercice ne s'avère pas convaincant. « Depuis le début, on a dit que cette commission-là n'avait pas de crédibilité et on regarde les recommandations, ce n'est pas réaliste, mais pas du tout », a déclaré Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers de Montréal.

Pour Ian Lafrenière du service de police de la Ville de Montréal, beaucoup de changements suggérés par la commission Ménard ont déjà été faits, comme déplacer les policiers pour marcher à côté des manifestants et non en leur faisant face. M. Lafrenière ajoute que des efforts ont été faits pour mieux rejoindre les manifestants notamment à travers les réseaux sociaux.

Tout en reconnaissant qu'il y a des choses à améliorer, Ian Lafrenière tient à souligner que les policiers ne devraient pas être les seuls à faire cet exercice.

Le rapport Ménard sur le printemps 2012, qui blâme le gouvernement Charest et la police pour leur gestion du printemps étudiant, a été dévoilé discrètement mercredi soir. Patrice Roy s'entretient avec Ian Lafrenière du Service de police de la Ville de Montréal sur les recommandations proposées dans le rapport.

Un rapport bien accueilli par les étudiants

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) accueille favorablement le rapport Ménard et se réjouit de voir que la commission a identifié le « refus clair du gouvernement de négocier » et la remise en question de certaines techniques d'intervention des autorités policières comme les deux éléments qui ont contribué à la « création du climat de tension ».

Léo Bureau-Blouin, qui était à la tête du regroupement étudiant au moment de la crise, accuse le gouvernement libéral d'avoir torpillé le rapport quelques heures après sa publication.

Le nouveau président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jonathan Bouchard, s'est également réjoui de constater que le rapport insistait sur l'importance de la communication et de la négociation dans ce type de situation.

Mais le rapport ne convainc pas tous les étudiants. Selon le co-porte-parole de l'ASSÉ, Justin Arcand, la commission ne va pas assez loin, notamment pour dénoncer les arrestations de masse qui étaient monnaie courante lors des manifestations du printemps 2012.

« Il faut, en premier lieu, se rappeler qu'il y a un droit de manifestation et ce droit-là est inaliénable, il ne devrait pas y avoir de condition en fait », explique Justin Arcand.

Pour l'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois, les recommandations de la commission Ménard viennent confirmer des critiques qui sont mises de l'avant depuis longtemps par plusieurs observateurs, dont ceux de la commission des droits de l'homme de l'ONU. Ces derniers, explique-t-il, ont émis des réserves par rapport à certaines tactiques policières. La police de Montréal, dès 2005, avait été blâmée par l'ONU pour sa méthode des souricières qui consiste à « encercler des centaines de manifestants pour ensuite en interpeller quelques-uns », rappelle M. Nadeau-Dubois.

Une réflexion essentielle, selon le PQ

Le député et porte-parole du PQ en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, trouve pour sa part que la commission Ménard « fait des constats importants sur une crise exceptionnelle ». Il invite le gouvernement à y donner suite en analysant attentivement les recommandations qui y sont faites.

« Le gouvernement Couillard a le devoir d'y donner suite. Nous ne pouvions pas faire l'économie de ce genre de réflexion. Il ne s'agit nullement de remettre en cause le travail des policiers; le rapport va bien au-delà et nous incite à un exercice d'analyse beaucoup plus large », a déclaré Pascal Bérubé.

Couillard doit rompre avec l'époque Charest, dit QS

Pour Québec solidaire, le rapport Ménard montre clairement « la responsabilité politique du gouvernement Charest lors du printemps 2012 ».

« La crise étudiante a été montée de toutes pièces et a servi de prétexte à une répression systématique et violente d'un mouvement démocratique. Les forces policières ont été utilisées contre la jeunesse à des fins politiques », a indiqué la formation de gauche dans un communiqué.

« Ce nouveau gouvernement libéral doit marquer une rupture avec l'ancien et poser des gestes concrets pour que cette crise de confiance entre la police et la jeunesse demeure une exception historique. »

— Une citation de  Le député Amir Khadir

La commission Ménard

Présidée par l'ex-ministre péquiste Serge Ménard, cette commission a tenu des audiences lors de l'automne 2013. Son mandat était d'analyser les circonstances des 1370 manifestations et des actions de perturbation tenues au Québec au printemps 2012. Elle devait aussi identifier les causes de la détérioration du climat social lors de ces événements.

La commission comptait deux autres commissaires : l'ancienne syndicaliste Claudette Carbonneau et l'avocat-conseil Bernard Grenier. L'élaboration de ce rapport aura coûté 843 000 $.

Le gouvernement Couillard a attendu jusqu'à la dernière minute pour rendre public le rapport Ménard sur le printemps érable, et l'a fait hier soir à 15 minutes du 7ieme match de la série entre le Canadien et les Bruins. Entrevue avec la commissaire Claudette Carbonneau

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