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Ukraine : un référendum qui s'annonce chaotique sans question claire

Vyacheslav Ponomaryov, maire prorusse de Slaviansk, exhibe un bulletin de vote destiné au référendum qui sera tenu dimanche dans la région.

Vyacheslav Ponomaryov, maire prorusse de Slaviansk, exhibe un bulletin de vote destiné au référendum qui sera tenu dimanche dans la région.

Photo : ? Baz Ratner / Reuters

Radio-Canada

Dans les provinces ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk, les séparatistes prorusses tiendront un référendum dimanche même si les difficultés logistiques en rendent la tenue difficile, et que les tensions restent vives.

« Êtes-vous favorable à la proclamation d'une République populaire de Donetsk autogérée? », peut-on lire sur les bulletins de vote. Sur le document en noir et blanc, rien ne permet d'identifier s'il s'agit d'un original ou d'une copie.

« D'accord, ce n'est pas vraiment conforme à la loi, mais je pense que c'est le seul moyen », reconnaît Roman Liaguine, président de la commission électorale mise sur pied à la hâte.

Moins d'un jour avant sa tenue, environ 1650 $ ont été investis pour organiser le référendum de dimanche. Plus de la moitié de cette somme a été dépensée pour acheter l'encre des trois machines à imprimer, qui serviront à fabriquer les bulletins des trois millions d'inscrits du Donbass, région située dans le bassin houiller de l'Est de l'Ukraine.

Il s'agit par nature d'une consultation populaire, organisée par des gens ordinaires, sans argent.

Roman Liaguine, président de la commission électorale à Donestk

Les représentants des séparatistes n'ont rien dit du régime qu'ils comptent instaurer, ni s'ils souhaitent à terme leur rattachement à la Russie, comme la Crimée.

Une sécession de Donetsk et Louhansk, régions sidérurgiques et houillères qui représentent 16 % du PIB ukrainien, porterait un nouveau coup à Kiev.

À Louhansk, un milicien prorusse monte la garde devant une boîte destinée aux dons qui financeront notamment le référendum qui sera tenu dimanche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À Louhansk, un milicien prorusse monte la garde devant une boîte destinée aux dons qui financeront notamment le référendum qui sera tenu dimanche.

Photo : ? Valentyn Ogirenko / Reuters

Le maire rebelle de Slaviansk, Viatcheslav Ponomariov, s'attend à un taux de participation de 100 %, mais le pouvoir central à Kiev a averti les organisateurs du référendum d'autodétermination.

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a exhorté samedi les électeurs à ne pas voter « oui » au référendum, au risque de déclencher un chaos économique et social.

M. Tourtchinov, qui juge illégal ce scrutin organisé dans les régions russophones de Donetsk et Louhansk, a exhorté les populations concernées à plutôt participer à des « tables rondes » pour envisager une autonomie accrue.

Les 53 bureaux de vote des provinces de Donetsk et de Louhansk seront ouverts de 8 h à 22 h. Les urnes seront ensuite acheminées dans les deux chefs-lieux via des barrages tenus par des miliciens prorusses, mais aussi par les forces ukrainiennes qui tentent de reprendre les secteurs où l'autorité de Kiev est contestée. Le président russe, Vladimir Poutine, a lui-même demandé à un report du référendum, afin de permettre un dialogue entre les parties.

La Croix-Rouge dénonce la détention de ses travailleurs

De son côté, la Croix-Rouge a lancé un appel samedi aux deux camps afin qu'elles respectent la neutralité des travailleurs humanitaires après l'arrestation de neuf d'entre eux à Donetsk.

Ils ont été retenus pendant sept heures par des miliciens prorusses qui ont fait irruption dans leurs locaux, et qui ont frappé l'un d'eux, selon la Croix-Rouge. Un représentant des miliciens a indiqué qu'ils étaient soupçonnés de se livrer à des activités d'« espionnage ». La Croix-Rouge a expliqué qu'ils étaient sur le terrain afin de déterminer les besoins humanitaires de la population.

Tensions à Marioupol

À Marioupol, la tension demeurait vive, après l'assaut des forces ukrainiennes contre un poste de police. Des barricades bloquent les entrées de la place principale et des pneus enflammés noircissent le ciel de cette ville de 500 000 habitants.

Le calme est revenu dans la ville portuaire de Marioupol, samedi, après des combats opposant les forces armées loyalistes ukrainiennes aux militants prorusses, vendredi, lors desquelles une vingtaine de militants sont morts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le calme est revenu dans la ville portuaire de Marioupol, samedi, après des combats opposant les forces armées loyalistes ukrainiennes aux militants prorusses, vendredi, lors desquelles une vingtaine de militants sont morts.

Photo : Marko Djurica / Reuters

Le poste de police avait été attaqué par une soixantaine de miliciens prorusses, selon Kiev.

Le bilan des violences varie, selon les sources, de 7 à plus de 20 morts. Il y a eu des dizaines de blessés. Les troupes ont ouvert le feu sur le bâtiment à l'aide d'armes automatiques et de grenades RPG, à voir des images filmées la chaîne ITN.

Des civils ont été pris entre deux feux. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, a déclaré que seuls des « terroristes » avaient péri. Le chef de la police aurait été enlevé.

Les blindés de l'armée ont ensuite parcouru la ville en sens inverse, les soldats se repliant en tirant en l'air face à une foule hostile. Un blindé est tombé en panne, les militaires l'ont abandonné. Des prorusses l'ont incendié samedi.

Autre signe de la confusion qui règne dans cette région à une journée du référendum, des policiers en habit civil ont été aperçus en train de ramasser leurs uniformes au poste de police qui a été attaqué précédemment, avant de quitter les lieux sans donner d'explication.

Paris et Berlin accentuent la pression

Sur le plan diplomatique, François Hollande et Angela Merkel ont prévenu Moscou qu'ils tireraient les « conséquences appropriées » d'un échec de l'élection présidentielle prévue le 25 mai en Ukraine et se sont dits prêts à prendre de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie.

Nous avons des relations avec Vladimir Poutine et nous les utilisons pour qu'il puisse bien prendre en considération l'enjeu de ces prochaines semaines en Ukraine.

François Hollande, président français

« Nous sommes au niveau deux des sanctions et nous préférons qu'il n'y ait pas de niveau trois; cela dépendra de ce qui va se passer », a ajouté M. Hollande.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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