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La Virée des ateliers : l'envers du tableau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une centaine d'artistes en arts visuels de Montréal invitent la population à visiter leur lieu de travail à l'occasion de la Virée des ateliers.

Une centaine d'artistes en arts visuels de Montréal invitent la population à visiter leur lieu de travail à l'occasion de la Virée des ateliers.

Un reportage de René Saint-LouisTwitterCourriel

L'événement se tient au Pôle de création culturelle des Faubourgs, composé de trois anciennes usines de textiles converties en lieu de travail pour, entre autres, des peintres, des sculpteurs, des photographes et des bijoutiers. Un lieu de rencontre unique, selon la porte-parole de l'événement, Anne-Sophie Garcia.

« C'est vraiment le seul moment de l'année où l'on voit plus de 100 artistes et artisans-designers de mode sur la rue Parthenais donc dans les trois édifices : l'édifice Grover, le Chat des artistes et la coopérative d'habitations Lézarts », précise-t-elle.

Ces journées portes ouvertes rapportent moins aux artistes qu'une participation dans un salon des métiers d'arts, que ce soit celui de Montréal, de Québec ou de Toronto. Elles permettent cependant d'établir un contact plus personnel avec le public et d'éventuels acheteurs.

« En plus de partager notre passion avec les gens, ils sont super intéressés à connaître le métier de joaillière, de savoir ce qui il y a derrière le bijou », explique la bijoutière Nadine Charron. Ça nous permet de nous faire connaître et de nous vendre. Ça m'a souvent permis d'avoir des commandes privées par la suite ».

« C'est sûr que j'ai un plus gros chiffre d'affaires au Salon des métiers d'arts. Sauf qu'ici, les gens sont curieux de découvrir notre espace et les frais de participation sont beaucoup moins élevés que dans un salon. Mais les deux événements sont complémentaires. Je ne pourrais pas me passer ni de l'un ni de l'autre », dit Lidia R., qui partage son atelier avec Nadine Charron.

Je donne presque mes tableaux pour survivre, payer et garder mon petit atelier ici.

Patrycja Walton, artiste-peintre

Pour certains, cet événement suscite l'espoir d'être « découvert », comme l'artiste Patrycja Walton. « J'ai l'espérance que ça va attirer les galeristes professionnels », dit-elle avant de déplorer que la visibilité n'entraîne pas forcément les ventes.

« C'est vraiment tough, tough, tough à Montréal, au Québec, au Canada de survivre comme artiste. Je suis plus qu'à mi-carrière. J'approche de l'âge de la retraite. Et je suis encore dans une crise financière parce que je ne vends pas », explique Patrycja Walton.

Plus de la moitié des artisans ont un revenu annuel inférieur à 23 000 $ par année, soit le seuil de faible revenu. Plusieurs ont donc un double emploi.

C'est le cas du bijoutier Diego Pulitano, qui est aussi électricien en bâtiment. « Je ne suis pas coincé à faire de la répétition en série d'une pièce que je vais vendre pas cher. J'ai un revenu stable comme électricien qui me permet de prendre des risques dans ma création et prendre des risques dans les expositions. Chaque fois que je sors dans un salon, une exposition, ça me coûte de l'argent, il faut que j'investisse et ça prend du temps de sortir un revenu de ça ».

Certains artistes reçoivent parfois de grosses commandes, c'est le cas de la lampiste Véronique Lamarre. La Virée des Ateliers lui permet de se faire connaître du grand public, mais ce qui la fait vivre, ce sont les commandes en série d'architectes ou de designers qui achètent plusieurs lampes pour un magasin ou un restaurant.

Il arrive aussi que le public ait un coup de coeur. Lors de l'événement l'an dernier, la peintre-collagiste Marie-Andrée Couture a vendu huit toiles en un week-end, alors qu'elle en a vendu 12 dans le reste de l'année.

Mais qu'on vende ou pas, il faut être heureux dans ce qu'on fait, soutient la créatrice florale Louise Lefebvre. « Les gens qui ont des emplois qu'ils n'aiment pas vont souvent dépenser, dépenser pour acheter plein de trucs pour combler l'espèce de vide. Nous, on est heureux dans ce qu'on fait ».

La Virée des ateliers se termine dimanche, jour de la fête des Mères.

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