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Uranium : mobilisation en vue des audiences du BAPE

 Une mine d'uranium canadienne (archives)

Une mine d'uranium canadienne (archives)

Photo : AFP / David Boily

Radio-Canada

Les audiences publiques du BAPE sur l'exploration et l'exploitation de l'uranium au Québec ne débuteront que le 20 mai prochain, mais déjà les esprits s'échauffent. Des médecins, des scientifiques, des défenseurs de l'environnement et des représentants du monde autochtone, en tout une dizaine de personnes, ont tenu à réaffirmer jeudi à Montréal leur opposition au développement de cette filière minière controversée.

Un texte de Normand GrondinTwitterCourriel

« Compte tenu des risques pour l'environnement et pour la santé des populations, nous demandons au gouvernement de Philippe Couillard de maintenir le moratoire québécois sur les mines d'uranium, comme le gouvernement précédent s'était engagé à le faire, en ne permettant aucun nouveau projet au Québec tant qu'il n'y aura pas une évaluation complète des risques et des impacts et tant qu'il n'y aura pas eu de consultation des communautés autochtones affectées », a affirmé Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine.

Les opposants ont principalement invoqué les risques possibles pour l'environnement et la santé humaine que représente l'exploitation d'une mine d'uranium. À ce sujet, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) faisait récemment état dans un rapport du très faible volume de données scientifiques relatives aux impacts sur la santé humaine de l'exploitation d'une mine d'uranium. Et ce, à l'échelle internationale.

L'INSPQ concluait cependant que même s'il n'existe pas de preuves que la filière minière est dangereuse, le contraire est aussi vrai : rien ne prouve qu'elle ne l'est pas. Il serait donc nécessaire dans l'avenir de réaliser plus d'études avant d'accorder à d'autres entreprises le droit de développer des projets au Québec, selon les opposants à uranium.

Au Québec, le projet d'exploration le plus avancé est celui de Strateco, situé au nord de Chibougamau, mais il est actuellement bloqué par le gouvernement et fait l'objet de poursuites devant les tribunaux.

Les opposants souhaitent donc obtenir un moratoire à long terme comme ceux qu'ont décrétés la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse.

« On est très, très inquiet et, selon nous, le principe de précaution doit toujours prévaloir », explique le Dr Éric Notebaert, de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement. Le médecin a invoqué d'éventuels problèmes d'infiltration de la nappe phréatique, de rejet dans l'air et dans le sol d'éléments radioactifs, d'anomalies génétiques et même de cancers pour justifier l'opposition de son association. « L'INSPQ rejoint les conclusions de l'institut national de santé américain, soit qu'il y a un lien possible entre une augmentation des leucémies en périphérie des régions où il y a des mines d'uranium. »

Le grand chef cri de Mistissini, John Longchap, et le chef de l'Assemblée des premières nations du Québec et du labrador, également présents, ont tenu une position commune, celle du refus de toute forme d'exploitation et d'exploration sur leurs terres. Ils ont également dit que la voix des peuples autochtones n'a pas encore été entendue clairement dans ce dossier. « Ce qu'on dit, c'est que dans le cas des peuples que nous représentons, il y a d'autres arguments qui méritent d'être sur la table - la question du des droits et des titres sur les territoires, notamment, et on veut que le gouvernement du Québec en tienne compte », a dit Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des premières nations du Québec.

Les audiences publiques sur l'uranium débuteront le 20 mai prochain. Il y aura une pré-consultation, puis on entendra des experts et, bien sûr, des citoyens. Le budget prévu est de 3 millions de dollars - ce qui équivaut à plus de la moitié du budget annuel du BAPE – et l'organisme devra rendre son rapport final en mai 2015.

Société