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Le premier roman inédit de Romain Gary publié pour le 100e anniversaire de sa naissance

L'écrivain Romain Gary en 1967.

L'écrivain Romain Gary en 1967.

Photo : Keystone/Hulton Archive/Getty Images

Radio-Canada

Romain Gary, alias Émile Ajar, aurait eu 100 ans le 8 mai. Pour l'occasion, Gallimard publie deux inédits. L'un fait le bilan de sa vie, quelques mois avant sa mort, l'autre est son tout premier roman, commencé à 19 ans.

La couverture du « Sens de ma vie », entretiens avec Romain Gary réalisés pour Radio-Canada, et publiés par Gallimard à l'occasion du centenaire de la naissance de l'auteur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La couverture du « Sens de ma vie », entretiens avec Romain Gary réalisés pour Radio-Canada, et publiés par Gallimard à l'occasion du centenaire de la naissance de l'auteur.

Photo : Gallimard

Resté inédit, Le vin des morts est le premier roman de Romain Gary, signé de son vrai nom, Romain Kacew. Gary commence à l'écrire en 1933, alors qu'il n'a que 19 ans et est encore étudiant. 

Il l'achève en janvier 1937 et le propose à divers éditeurs, mais tous refusent le manuscrit. Amèrement déçu, Gary l'offre alors à son amoureuse suédoise, Christel Söderlund (la Brigitte de La promesse de l'aube).

Sur la couverture, en capitales, l'auteur a utilisé son véritable nom, Romain Kracew, en francisant seulement le prénom, Roman.

Quel serait mon plus grand malheur? Perdre le manuscrit d'un roman terminé.

Romain Gary, in Livres de France n°3, 1967, citation en exergue de la présentation du Vin des morts

Un demi-siècle plus tard, en 1992, Christel Söderlund le met aux enchères à Paris. Un psychiatre passionné de manuscrits, Philippe Brenot, l'achète. Mais le fils unique de Romain Gary, qu'il a eu avec l'actrice Jean Seberg, est l'héritier du droit moral de l'oeuvre de son père et s'oppose à la publication de cette oeuvre de jeunesse.

Pourtant, pour Brenot, Le vin des morts est plus qu'une oeuvre de jeunesse, c'est une source à laquelle le futur Émile Ajar va puiser pour écrire de nombreuses oeuvres.

Près de 22 ans plus tard, le livre paraît enfin chez Gallimard, et Philippe Brenot en signe la présentation. L'éditeur note l'influence de Poe, de Céline, ou encore de Jarry, et parle d'un roman « aux allures de danse macabre qui dépeint avec sarcasme la société de l'après-guerre et de la crise des années 30 ».

L'écrivain Romain Gary et sa compagne, l'actrice Jean Seberg, à Venise en 1961.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'écrivain Romain Gary et sa compagne, l'actrice Jean Seberg, à Venise en 1961.

Photo :  Keystone/Hulton Archive/Getty

Le sens de ma vie est quant à lui tiré d'un entretien donné à Radio-Canada. Ce long monologue est le dernier témoignage de Romain Gary, quelques mois avant sa mort, le 2 décembre 1980. Il a été réalisé par Jean Faucher pour l'émission Propos et confidences, et a été diffusé deux ans plus tard.

Romain Gary y fait le bilan de sa vie : le rôle primordial joué par sa mère, son engagement dans la guerre, ses expériences diplomatiques, l'écriture de ses livres, ses films, ses amitiés, notamment avec Groucho Marx et Gary Cooper.

Il faut le lire comme le dernier état de son autobiographie, ou tout au moins de ce qu'il a bien voulu dévoiler de l'ambition, des espoirs, des succès et des humiliations qui ont fait sa vie.

Roger Grenier, dans sa préface au Sens de ma vie

Dans cet entretien testamentaire, Romain Gary apparaît tour à tour émouvant et drôle, orgueilleux et humble. Lui qui a jonglé avec de multiples pseudonymes tout au long de sa vie semble manifester le désir de lever enfin le voile sur sa vérité.

Romain Gary, de son vrai nom Roman Kracew, est né en 1914 à Vilna, en Russie, devenue aujourd'hui Vilnius, en Lituanie. Auteur d'une quarantaine de livres, il est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le Goncourt : la première en 1956, sous son nom de plume Romain Gary pour Les racines du ciel, et la deuxième, en 1975, sous celui d'Émile Ajar pour La vie devant soi.

Élevé par sa mère qui place en lui de grandes espérances, il arrive en France à 14 ans et s'installe avec sa mère à Nice. Après des études de droit, il s'engage dans l'aviation et rejoint le général de Gaulle en 1940. Son premier livre paraît en 1945, puis il devient diplomate. 

Il se suicide à Paris le 2 décembre 1980, laissant une lettre dans laquelle il révèle qu'il se dissimulait sous le nom d'Émile Ajar.


Le sens de ma vie, Collection Blanche, Gallimard, 112 pages
Le vin des morts, Collection Les cahiers de la NRF, Gallimard, 240 pages
Parution au Québec : 11 juin 2014

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