•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gab Roy libéré sous conditions

Gabriel Roy à sa sortie du tribunal
Gabriel Roy à sa sortie du tribunal Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Gabriel Roy, mieux connu sous le nom de Gab Roy, a été libéré sous conditions, mercredi, après avoir comparu en cour. Il lui est notamment interdit de se trouver seul en présence de mineurs. L'homme qui s'est fait connaître pour ses propos dégradants à l'endroit de la comédienne Mariloup Wolfe est accusé d'incitation à des contacts sexuels sur une mineure de moins de 16 ans et de leurre.

L'humoriste controversé a été arrêté mardi par la Surêté du Québec, dont l'enquête a commencé à la suite de la diffusion d'une vidéo sur le web dans laquelle une jeune femme raconte avoir été « abusée » par Gabriel Roy à l'âge de 15 ans. Elle affirme avoir essayé de se suicider et soutient qu'il y aurait une autre victime.

Gab Roy avait annoncé qu'il prenait sa « retraite » du web au début du mois d'avril, trois jours après la publication de cette vidéo.

Cliquez ici pour voir la sortie du tribunal de Gabriel Roy (Nouvelle fenêtre)

Une première poursuite

En octobre dernier, Gabriel Roy a publié sur son site web un texte dans lequel il racontait ses fantasmes sexuels à l'égard de la comédienne québécoise Mariloup Wolfe.

Dans un langage dégradant, il laissait entendre que dans son fantasme, la femme ne serait pas forcément consentante. Le texte a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Le blogueur l'a retiré de la toile et présenté ses excuses.

Mariloup Wolfe a décidé d'intenter une poursuite de 300 000 $ contre lui, en mars dernier. Elle estime que Gab Roy a porté atteinte à sa vie privée et à sa dignité.

Avant de se retirer de la vie publique, le M. Roy avait l'habitude d'utiliser dans son blogue et dans ses spectacles un langage vulgaire, sexuel et violent. Dans un de ses numéros mis en ligne, il faisait le récit détaillé d'une agression sexuelle d'une enfant, en se mettant dans la peau de l'agresseur. Il défendait sa démarche en affirmant vouloir « créer des malaises ».

Dénonciation par vidéo sur Internet : les deux côtés de la médaille

À l'émission 24|60, Anne-Marie Dussault a discuté du phénomène de la dénonciation par vidéo sur Internet avec Me Éloïse Gratton, avocate qui s'intéresse aux nouvelles technologies et à la protection de la vie privée, ainsi qu'avec René Morin, de l'organisme Cyberaide.ca.

Les deux invités s'entendent pour dire que, dans le cas où l'accusé serait reconnu coupable, une telle dénonciation publique par une victime pourrait encourager d'autres personnes à dénoncer des abus. 

« C'est assurément une manière de qui aura pour effet d'attirer l'attention sur cette situation-là, ce n'est peut-être pas la meilleure manière de procéder par contre. Il y a déjà des mécanismes en place qui fonctionnent très bien, on pense à Cyberaide.ca », précise René Morin. Selon lui, des cas médiatisés permettent souvent d'ouvrir un dialogue entre les parents et leurs enfants quant à leurs comportements sur Internet.

Pour Me Gratton, en vertu de la liberté d'expression, une personne est dans le droit de dire ce qu'elle veut sur les réseaux sociaux. « Mais c'est sûr que cette liberté d'expression là, elle n'est pas sans limites, alors il faut penser à la protection de la vie privée de l'individu qu'elle dénonce », dit l'avocate, ajoutant qu'il y a également des enjeux au niveau de la réputation de la personne visée.

« Dans une situation où la personne accusée serait tenue coupable, on se dit que peut-être que ça a encouragé un jeune à dénoncer une situation, mais il peut y avoir des abus dans certains cas », avertit-elle.

Anne-Marie Dussault reçoit l'avocate Éloïse Gratton et René Morin, de l'organisme Cyberaide.ca

Justice

Société