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En guise de représailles, Diffusion Dimedia prive Renaud-Bray de nouveautés

Librairie Renaud-Bray, rue St-Denis à Montréal
Librairie Renaud-Bray, rue St-Denis à Montréal

Radio-Canada a appris que l'entreprise montréalaise Diffusion Dimédia a cessé de livrer les nouveautés d'une centaine d'éditeurs aux librairies du Groupe Renaud-Bray.

Le différend commercial qui oppose le distributeur à l'une des plus grandes chaînes de librairie de la province dure depuis une quinzaine de jours. La suspension des livraisons touche des éditeurs québécois comme Boréal et Septentrion, mais aussi de grandes maisons françaises comme les éditions du Seuil et les Presses universitaires de France.

Selon Diffusion Dimédia, le conflit aurait été déclenché lorsque Renaud Bray a changé unilatéralement les conditions de paiement des livres. Au lieu de payer tous les deux mois la totalité des volumes commandés, Renaud Bray aurait déduit du montant la valeur des invendus retournés à Diffusion Dimédia. Des livres qui étaient auparavant crédités à Renaud Bray, deux mois plus tard, dans l'exercice financier.

Selon Dimedia, ce changement cause d'importants problèmes de liquidité dans toute l'industrie.

C'est anticiper le crédit auquel on a droit et c'est donc déséquilibrer les trésoreries des distributeurs et, par la suite, des éditeurs, si on remonte la chaîne.

Pascal Assathiany, PDG de Diffusion Dimédia

Diffusion Dimédia affirme avoir consulté ses éditeurs avant de stopper la distribution des nouveautés pour faire pression sur Renaud-Bray.

Prix du livre au Québec

Le directeur général des éditions du Septentrion appuie Dimédia même s'il perd des ventes. Gilles Herman affirme que les pratiques commerciales imposées par Renaud-Bray ne tiennent pas compte de la fragilité financière de l'industrie du livre : « C'est embêtant, mais c'est un geste pour l'avenir qu'on fait, si on veut continuer à travailler dans de bonnes conditions, on ne peut pas accepter les conditions qui sont demandées par Renaud-Bray », dit M. Herman.

Les parties restent sur leur position

Blaise Renaud, qui a pris les rênes de l'entreprise familiale Renaud Bray il y a 3 ans, à l'âge de 26 ans, a commenté par téléphone le bras de fer qui l'oppose à Diffusion Dimédia. Il affirme en avoir assez de se faire imposer des règles commerciales par un petit groupe de distributeurs de livres qui contrôlent le marché et qui, selon lui, dictent les règles du jeu depuis 25 ans.

Quant à Pascal Assathiany, il dit ne pas se fixer de limite de temps dans ce conflit. « Quand un joueur devient plus gros, plus important, plus pesant et qu'il veut dicter sa loi, à quel moment, à quelle limite ça peut mener? Nous on a dit la limite, ils ont franchi une ligne rouge, et c'est pas acceptable. Mais peut-être que pour un autre distributeur, ce sera une autre ligne rouge », a commenté le PDG de Diffusion Dimédia.

Les livres distribués par Dimedia restent disponibles dans les 300 autres librairies du Québec et dans les grandes surfaces. 

D'après les reportages d'Alexandre Touchette et de Maxence Bilodeau

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