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  • Exclusif
  • Un péage sur le pont Champlain alourdirait la circulation dans la région

    Le reportage de Davide Gentile, suivi des réactions politiques recueillies par François Cormier
    Radio-Canada

    L'implantation d'un péage sur le futur pont Champlain pourrait avoir de lourds impacts sur la circulation dans la région métropolitaine, estime Transports Québec. Selon des chiffres obtenus par Radio-Canada, les spécialistes concluent que le temps d'attente pourrait doubler sur les autres ponts et tunnels de la Rive-Sud de Montréal à l'heure de pointe du matin.

    Un texte de Davide GentileTwitterCourriel

    Selon des estimations « préliminaires », on évalue qu'entre 6000 et 13 000 véhicules se dirigeraient vers les quatre autres accès selon le montant du péage. Ces données ont été colligées en début d'année par le ministère des Transports. Cela explique peut-être en partie pourquoi l'ancien ministre des Transports Sylvain Gaudreault s'opposait bec et ongles à un péage sur le futur pont.

    Impacts d'un péage à 3 $

    À ce tarif, proche de celui du pont de l'autoroute 25, la circulation augmenterait d'environ 25 % sur le pont Victoria et de 13 % sur le pont Jacques-Cartier. On estime que c'est approximativement 2500 véhicules de plus qui se retrouveraient chaque matin sur le pont Jacques-Cartier.

    Quant au tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine et au pont Mercier, on évoque une augmentation de 8 % du nombre de véhicules. L'incidence serait presque nulle sur le nouveau pont de l'autoroute 30 aux Cèdres, en Montérégie.

    Pour ceux qui ont les moyens de payer, la circulation serait fluide. Un péage de 3 $ provoquerait une diminution d'environ 30 % de la circulation, soit environ 7000 véhicules. Selon une source, le péage ferait disparaître l'équivalent du volume d'une voie de circulation.

    Impact d'un péage à 5,60 $

    À ce tarif, le péage aurait un impact majeur. Selon nos informations, la hausse du nombre de véhicules serait d'environ 50 % sur le pont Victoria et de 23 % sur le pont Jacques Cartier. C'est 13 000 véhicules qui chaque matin se dirigeraient vers les autres accès en direction de Montréal.

    Dans ce scénario, la fluidité serait cependant immensément améliorée sur le futur pont Champlain, puisque le débit sur le futur pont diminuerait de 60 %. En clair, le péage, peu importe le montant exigé, faciliterait grandement la vie de ceux qui ont les moyens ou qui décideraient de payer pour traverser.

    Dans le scénario d'un péage à 3 $ les camionneurs seraient légèrement plus nombreux à emprunter le futur pont. Mais dans le cas d'un tarif à 5,60 $, le nombre de camions pourrait diminuer d'environ 20 %.

    Un péage pourrait par ailleurs clairement inciter des automobilistes à opter pour le transport en commun. Cependant, les spécialistes du ministère des Transports n'arrivent pas à évaluer cet impact avec précision. Selon nos informations, les fonctionnaires pensent qu'étant donné les importants retards anticipés sur les autres ponts, certains automobilistes pourraient aussi se résoudre à payer pour utiliser le nouveau pont. Les problèmes initiaux pourraient donc se résorber graduellement.

    Ottawa n'a pas l'intention de reculer

    Lundi, le ministre fédéral de l'Infrastructure, Denis Lebel, a de nouveau martelé la nécessité d'un péage. « Il y aura un pont et il y aura du péage », a dit M.Lebel. Le ministre a aussi laissé entendre qu'Ottawa devrait tôt ou tard reprendre les discussions quant à la cession des ponts fédéraux de la région de Montréal au gouvernement du Québec.

    Un argument pour Québec

    De son côté, le gouvernement du Québec on espère que ces chiffres du MTQ pourront servir à convaincre Ottawa que le péage n'est pas la solution. « C'est ce genre de chiffres là qu'il nous faut trouver pour démontrer au gouvernement fédéral que de régler le pont Champlain de cette façon-là pourrait causer des problèmes majeurs à l'économie de Montréal parce qu'il y a des gens qui, sur une base quotidienne, ne pourront peut-être pas payer pour aller travailler », a indiqué le ministre des Transports, Robert Poëti.

    À lire : Québec ne veut pas lancer la serviette

    Vers un futur pont Champlain

    Société