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1950 : L'Uruguay vingt ans après

L'attaquant uruguayen Juan Alberto Schiaffino (centre) bat le gardien brésilien Moacyr Barbosa pour égaliser la marque 1-1 dans la finale du 16 juillet 1950, à Rio de Janeiro.

L'attaquant uruguayen Juan Alberto Schiaffino (centre) bat le gardien brésilien Moacyr Barbosa pour égaliser la marque 1-1 dans la finale du 16 juillet 1950, à Rio de Janeiro.

Photo : AFP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le monde se remet à peine des ravages de la Seconde Guerre mondiale quand la FIFA décide en 1946 d'organiser au Brésil, seul candidat, le quatrième Mondial. Le trophée porte maintenant le nom de son créateur, Jules Rimet.

La Fédération anglaise de soccer, créée en 1929, s'inscrit à la FIFA et participe enfin au grand rendez-vous.

Au Brésil, le ballon rond est devenu une passion nationale. Les autorités construisent le plus grand stade du monde, dans la banlieue de Rio de Janeiro. Le Maracana est une enceinte circulaire de 200 000 spectateurs.

Précédée par une phase de qualification burlesque avec le retrait de nombreuses équipes comme l'Argentine, la compétition commence avec 13 équipes réparties en 4 groupes de 4, 3 ou 2 équipes, avant un tournoi quadrangulaire final regroupant les vainqueurs des poules.

La première surprise est la défaite de l'Angleterre, pays fondateur du sport, devant les États-Unis (1-0). Déstabilisés, les Anglais perdent par le même pointage contre l'Espagne et quittent la compétition par la petite porte.

Un autre ténor échoue au premier tour : l'Italie, double tenante du titre. La Squadra, il est vrai, est affaiblie par la tragédie aérienne de Superga, survenue en 1948 et dans laquelle ont péri 18 joueurs du Torino, club de nombreux internationaux.

Le Brésil brille... et perd

Le Brésil se sort d'un groupe équilibré, comprenant notamment la Yougoslavie et la Suisse. L'Uruguay gagne son unique match de poule contre la Bolivie (8-0). L'Espagne et la Suède complètent le tableau de la phase finale.

Avec 13 buts en 2 matchs et un duo d'attaque infernal Ademir-Chico, le Brésil marque les esprits et la coupe semble promise aux joueurs locaux quand arrive le choc avec l'Uruguay.

Le 16 juillet, pour cet ultime match, qualifié de véritable finale, le Maracana est plein à craquer. La Seleçao est favorite face à la Céleste, qui a peiné pour battre les amateurs de l'équipe suédoise, après une nulle contre l'Espagne.

Les Uruguayens ont beau faire de la résistance, le Brésil ouvre le pointage grâce à Friaça, juste après la pause.

Schiaffino redonne espoir aux siens en égalisant après l'heure de jeu. Puis, Ghiggia y va du tir victorieux à neuf minutes de la fin, un but accueilli dans un silence de mort. Le Brésil est inconsolable. Il lui faudra huit ans et la victoire en Suède pour se remettre de ce cauchemar.

L'Uruguay célèbre son deuxième titre. Vingt ans après celui enlevé sur ses terres.

Le gardien suédois Kalle Svensson plonge pour bloquer un tir du Brésilien Ademir, le 9 juillet 1950, à Rio de Janeiro. Ademir a marqué quatre buts et le Brésil l'a emporté 7-1.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gardien suédois Kalle Svensson plonge pour bloquer un tir du Brésilien Ademir, le 9 juillet 1950, à Rio de Janeiro. Ademir a marqué quatre buts et le Brésil l'a emporté 7-1.

Photo : AFP

Nouvelle formule

Pour la première fois depuis 1930, la formule retenue est celle de deux tours : un premier (groupes de 4, 3 et 2 équipes), puis une poule finale en tournoi quadrangulaire. Grâce à leurs résultats des premiers matchs de cette poule, le match entre l'Uruguay et Brésil est considéré comme la finale.

Première anglaise

Inscrite à la FIFA au congrès de Luxembourg en 1948, l'Angleterre participe pour la première fois à la Coupe du monde et est déjà considérée comme favorite, au même titre que le Brésil et l'Italie.

Avalanche de buts

Le groupe 4, qui comprenait l'Uruguay et la Bolivie, a donné lieu à une seule rencontre facilement gagnée 8-0 par la Céleste. Omas Oscar Miguez marque trois fois, Juan Alberto Schiaffino deux.

Un match nul suffisait

Grâce à ses deux larges victoires en deux matchs (Suède et Espagne) en poule finale, le Brésil n'avait besoin que d'une nulle contre l'Uruguay pour gagner « sa » Coupe du monde.

Le million

En 22 matchs, le plateau du million de spectateurs a été dépassé avec 1,3 million. La finale a regroupé officiellement 174 000 personnes (200 000 officieusement).

Pas de risques

L'Argentine n'est pas venue, sur décision du président Juan Domingo Peron, révélera ultérieurement un ex-dirigeant de la fédération argentine. Le dirigeant populiste, pour lequel le sport était un instrument de propagande, n'avait pas reçu les assurances que la victoire de l'Albiceleste était « totalement garantie ».

Et la presse?

Plus de 2000 ouvriers travaillant jour et nuit ont permis d'assurer en 22 mois, la construction du stade de Maracana. Il a seulement manqué une tribune... de presse.

Suicides

La défaite en finale face à l'Uruguay a provoqué une vague de suicides au Brésil. Le naufrage brésilien ce jour-là restera dans l'histoire sous le nom de Maracanazo (ou Maracanaço), soit « le désastre du Maracana ».

Oubli

Les dirigeants brésiliens étaient tellement abattus après la défaite en finale qu'ils en oublièrent d'organiser la cérémonie de remise du trophée. C'est le créateur du Mondial Jules Rimet qui a dû descendre sur le terrain pour remettre, en toute discrétion, le trophée au capitaine uruguayen Obdulio Varela.

Paria

Le gardien de but brésilien Moacir Barbosa a été considéré comme un paria dans son pays après la défaite. À tel point qu'en 1993, lorsqu'il a été invité par une chaîne de télévision pour commenter la préparation des Auriverdes avant un match qualificatif pour le Mondial de 1994... contre l'Uruguay, un responsable de la fédération brésilienne a ordonné qu'il soit exclu de l'entraînement.

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