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1938 : À la veille de la guerre

La sélection italienne après sa victoire de 4-1 sur la Hongrie en finale, le 19 juin 1938, à Paris.
La sélection italienne après sa victoire de 4-1 sur la Hongrie en finale, le 19 juin 1938, à Paris. Photo: AFP

L'atmosphère est lourde, sur fond de rumeurs de guerre, quand la France accueille le Mondial en juin 1938.

La grande équipe d'Autriche du fameux Mathias Sindelar n'y participe pas. Depuis le 13 mars et l'Anschluss (le rattachement), les troupes allemandes du chancelier nazi Adolf Hitler ont pénétré le territoire autrichien.

L'Espagne est également absente, en proie à la guerre civile depuis 1936.

Malgré tout, 36 pays participent aux éliminatoires pour désigner les 14 pays qui accompagneront la France et l'Italie, qualifiées d'office respectivement comme pays organisateur et tenant de la Coupe.

Le Brésil et Cuba représentent le continent américain, les Indes néerlandaises, l'Asie. La plupart des pays sud-américains estiment que le Mondial doit se dérouler en alternance sur des continents différents. La décision de la FIFA est considérée comme une récompense à la patrie de Jules Rimet, le créateur de la compétition, qui lutte pour empêcher sa politisation.

Le Brésil fait le spectacle

En France, l'équipe brésilienne assure le spectacle. Dès le premier match, contre la Pologne, Leonidas, « le diamant noir » aux dribles déroutants, fait sensation avec quatre buts. Ernst Wilimowski réussit la même performance, mais la Pologne cède 6-5 en prolongation.

Leonidas est le meilleur buteur, sans avoir joué la demi-finale perdue 2-1 contre l'Italie. Le sélectionneur brésilien Ademir Pimenta voulait le préserver pour la finale...

En quarts de finale face à la Tchécoslovaquie, match qui devra être rejoué (1-1, puis 2-1), le Brésil montre un tout autre visage. C'est la « bataille de Bordeaux ». Les défenseurs Jose Mendes Zeze et Artur Machado sont expulsés, tout comme le Tchèque Jan Riha dans une bagarre générale qui fait cinq blessés, dont deux sont envoyés à l'hôpital.

Pour les Italiens, champions en titre, il faut gagner à tout prix. La consigne du Duce Benito Mussolini est claire : « Vaincre ou mourir. » Avec une équipe quasiment inchangée depuis 1934, les protégés de Vittorio Pozzo, qui ont successivement éliminé la Norvège, la France et le Brésil, sont intraitables.

Grâce à leurs attaquants Silvio Piola et Gino Colaussi, qui marquent deux buts chacun, ils battent la Hongrie 4-1 en finale, dans le stade de Colombes en banlieue parisienne, devant 45 000 spectateurs.

Après le doublé italien, la Coupe du monde marquera une pause de 12 ans. La Seconde Guerre mondiale se profile.

Le président de la FIFA, le Français Jules Rimet (gauche) tient l'urne pour son petit-fils Yves le 5 mai 1938, à Paris, pour le tirage officiel.Le président de la FIFA, le Français Jules Rimet (gauche) tient l'urne pour son petit-fils Yves le 5 mai 1938, à Paris, pour le tirage officiel. Photo : AFP

D'office

Pour la première fois, le pays organisateur, la France, et le champion en titre, l'Italie, sont exempts de phase qualificative.

Anschluss

La « Wunderteam » d'Autriche est « pillée » par l'Allemagne, dont les troupes ont envahi le pays, après la proclamation de l'Anschluss (le rattachement) au mois de mars. Cela ne sert pas les joueurs allemands, éliminés dès le premier tour, lors d'un match rejoué contre la Suisse.

Violence

Le quart de finale Brésil-Tchécoslovaquie se termine sur un pointage nul de 1-1 et sera rejoué deux jours plus tard. Connu comme « la bataille de Bordeaux », il est considéré comme le premier match violent avec l'expulsion de deux Brésiliens (Zeze et Machado) et du Tchécoslovaque Riha. En outre, cinq joueurs ont été blessés par les agressions commises par les deux camps.

Sortie prématurée

La France, le pays organisateur, est rapidement éliminée. Dès les quarts de finale, les coéquipiers de Jean Nicolas sont battus 3-1 par les Italiens.

Asie

L'Asie est représentée par les Indes néerlandaises, rapidement éliminées par la Hongrie (6-0).

Quadruplé

Ernst Willimowski inscrit quatre buts au cours du match perdu en prolongation 6-5 par la Pologne face au Brésil en huitièmes de finale. Le Brésilien Leonidas a longtemps figuré sur les tablettes comme ayant été le premier à marquer quatre fois, lors de ce même match, mais les statisticiens s'accordent généralement désormais à ne lui attribuer que trois buts.

Doublé

L'Italien Vittorio Pozzo est le premier entraîneur à gagner le Mondial à deux reprises (1934 et 1938). Il en est de même pour les joueurs Giuseppe Meazza et Giovanni Ferrari.

Les 22

Le Brésil est la première équipe à faire entrer au jeu 22 joueurs pendant le tournoi. L'équipe sud-américaine, il est vrai, a dû rejouer un match contre les Tchécoslovaques en quarts de finale.

Mission

L'équipe italienne doit faire face à une délicate mission : gagner le Mondial. Le dictateur Benito Mussolini a mis la barre très haut : « Ils doivent gagner pour montrer au monde ce qu'est l'idée fasciste du sport. » Plus tard, dans un télégramme adressé au capitaine Giuseppe Meazza, le Duce conclut par ces mots : « Vaincre ou mourir. »

Sauveur

Après la défaite (4-2) de son équipe face à l'Italie, le gardien de but hongrois Antal Szabo s'est réjoui d'avoir protégé le onze italien de la pression du Duce, Benito Mussolini, qui voulait la victoire à tout prix. « Au moins, en encaissant quatre buts, je leur ai sauvé la vie », a déclaré Szabo.

Interruption

Après cette troisième édition disputée en France en 1938, la Coupe du monde connaîtra une interruption de 12 ans, en raison de la Seconde Guerre mondiale. Le trophée en or de la compétition lancée par Jules Rimet survit au conflit mondial. Un fonctionnaire de la Fédération italienne de football le cache pendant cette période.

La sélection allemande procède au salut nazi avant son match contre la Suisse, le 4 juin 1938 au stade du Parc des Princes.La sélection allemande procède au salut nazi avant son match contre la Suisse, le 4 juin 1938 au stade du Parc des Princes. Photo : AFP

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