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Nigeria : les filles enlevées seront vendues, dit Boko Haram

Cuatro adolescentes secuestradas por Boko Haram que lograron escapar

Photo : Haruna Umar

Radio-Canada

Le groupe islamiste armé Boko Haram a revendiqué lundi l'enlèvement de plus de 200 lycéennes mi-avril, dans le nord-est du pays, et a menacé de les vendre comme esclaves.

J'ai enlevé vos filles. Je vais les vendre sur le marché au nom d'Allah et les marier de force.

Abubakar Shekau, chef du groupe

Dans un message vidéo, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, affirme que les jeunes filles suivaient une éducation occidentale et que cela devait cesser.

Le groupe extrémiste a déjà fait plusieurs milliers de morts au Nigeria depuis le début de son insurrection en 2009, au cours d'attaques visant des écoles, des églises, des mosquées et des symboles de l'État et des forces de l'ordre.

Mais l'enlèvement de 276 adolescentes constitue l'attaque la plus choquante depuis l'existence du mouvement, et suscite une colère de plus en plus forte parmi la population.

Des centaines de personnes ont manifesté une nouvelle fois lundi pour demander aux forces de sécurité de redoubler d'efforts. Ils accusent le gouvernement de ne pas en faire assez pour libérer les adolescentes. 

« Tant que les jeunes filles ne seront pas libérées, nous continuerons à manifester. Nous nous mobiliserons de plus en plus », dit Charlotte Obidairo, de l'ONG Youth Empowerment and Development Nigeria. 

À l'étranger, la diaspora nigériane se mobilise également pour alerter l'opinion publique. « La pression, c'est ce que nous voulons mettre sur le gouvernement nigérian, lui dire que le monde regarde ce qui se passe là-bas et qu'il fasse quelque chose », dit une manifestante à Washington.

Lors d'un séjour en Éthiopie, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a promis l'aide de son gouvernement pour libérer les captives et a qualifié ces enlèvements de « crime impensable ».

À la télévision nationale, le président du pays, Goodluck Jonathan, a promis de tout faire pour retrouver les jeunes filles, ajoutant qu'elles semblaient être en bonne santé.

Selon la police, 53 d'entre elles ont réussi à s'enfuir jusqu’à maintenant. 

Dans une entrevue accordée au journal nigérien Sunday Punch la fin de semaine dernière, deux filles qui se sont échappées racontent que leurs ravisseurs, qui portaient des uniformes militaires, ont prétendu être des soldats lorsqu’ils sont entrés dans l’école. Les adolescentes ont compris qu’ils étaient des insurgés lorsqu’ils se sont mis à crier et à tirer sur les gardiens de sécurité de l’école.

Les jeunes femmes ont réussi à s’échapper quand le camion qui les transportait est tombé en panne. Elles ont alors sauté en bas du véhicule et se sont cachées dans des buissons.

Anne-Marie Dussault en discute avec Sophie Langlois

Arrestations et disparitions mystérieuses

Lundi, deux manifestantes ont affirmé que la première dame du Nigéria, Patience Jonathan, avait ordonné leur arrestation. Selon elles, Mme Jonathan a remis en question l'existence même de l'enlèvement et les a accusées d'appartenir à Boko Haram.

Par ailleurs, d'autres manifestants s'inquiètent de la disparition mystérieuse de la directrice de l'école que fréquentaient les victimes, et du président du gouvernement local. Ni l'un ni l'autre n'ont été revus depuis qu'ils ont participé à une rencontre au palais présidentiel.

Qui est le groupe Boko Haram?

Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un sacrilège » en langue haoussa. Il revendique la création d'un État islamique dans le nord du Nigeria.

Le groupe est accusé d'avoir tué plusieurs centaines de personnes depuis le début de l'année. Il exige la libération de ses militants et veut imposer la loi coranique, la charia, dans son interprétation la plus sévère, dans tout le Nigeria, divisé entre le sud, à majorité chrétienne, et le nord, à majorité musulmane.

Les violences ont déjà fait plusieurs milliers de morts dans le nord et le centre du Nigeria depuis 2009.

Mobilisation sur le web pour la libération des jeunes Nigérianes

Sur Twitter, le mot-clic #BringBackOurGirls (Nouvelle fenêtre) (Ramenez nos filles) est utilisé par des internautes du monde entier pour attirer l'attention sur l'affaire, pour demander des actions pour sauver les adolescentes, ou simplement pour s'indigner. Selon le site Topsy (Nouvelle fenêtre), #BringBackOurGirls a été utilisé près d'un million de fois au cours des derniers jours.

De grandes organisations internationales relaient le mot-clic, comme l'UNICEF et Amnistie internationale.

La militante pakistanaise Malala Yousafzai, qui dirige maintenant sa fondation pour l'éducation des jeunes filles, a aussi pris position, lançant un message de solidarité envers les Nigérians et tous ceux qui demandent des actions pour la libération des jeunes filles. Rappelons que Malala Yousafzai, 16 ans, était parmi les finalistes retenus pour le prix Nobel de la paix en 2013. Des talibans avaient tenté, l'an dernier, de l'assassiner en lui tirant une balle dans la tête, parce qu'elle se battait pour que les filles puissent aller à l'école. L'adolescente avait réussi à s'en sortir après avoir reçu des soins en Grande-Bretagne.

Le mot-clic a été relayé lundi par différentes personnalités politiques, comme le secrétaire d'État américain John Kerry. Ce dernier affirme que l'enlèvement d'enfants par Boko Haram est un crime inadmissible. Il avance que son pays soutiendra le Nigeria pour le retour des jeunes filles et pour tenir les agresseurs responsables de leurs actions.

L'ex-secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, avait aussi pris position dimanche. Dans son tweet, elle affirme que l'accès à l'éducation est un droit fondamental, qu'il est inadmissible de l'utiliser pour cibler d'innocentes jeunes filles. Elle conclut en disant que face au terrorisme, nous devons nous tenir debout.

Une liste de quelque 180 noms de jeunes filles kidnappées a été publiée par une association chrétienne au Nigéria. Ces noms sont relayés sous diverses formes sur les réseaux sociaux.

Différentes initiatives ont vu le jour. Ici, plus de 200 jeunes filles d'une école britannique posent avec un ruban jaune en solidarité avec les plus de 200 jeunes filles enlevées au Nigéria.

Plus de 260 000 personnes ont jusqu'à maintenant signé cette pétition sur Change.org pour appeler « le gouvernement nigérian et la communauté internationale à leur porter secours au plus vite ».

Des rassemblements de solidarité sont organisés un peu partout dans le monde. Une page wiki a été créée pour en faire la promotion, par pays, dont le Canada.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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