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Femmes autochtones disparues : une enquête publique de nouveau réclamée

Les manifestants réclament une enquête fédérale sur la disparition de dizaines de femmes autochtones au pays au cours des dernières années.
Les manifestants réclament une enquête fédérale sur la disparition de dizaines de femmes autochtones au pays au cours des dernières années. Photo: Frederic Pepin
La Presse canadienne

Le gouvernement conservateur a refusé, jeudi, de céder aux appels répétés pour la tenue d'une enquête publique sur les meurtres ou les disparitions de femmes et de filles autochtones en dépit d'un reportage laissant entendre qu'il pourrait y avoir beaucoup plus de cas que ce qui avait été estimé.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a de nouveau été pressé de déclencher une enquête après que le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) eut rapporté qu'il existait peut-être plus de 1000 cas de femmes autochtones assassinées ou portées disparues au Canada. La réponse de M. Blaney peut se résumer à un seul mot : non.

M. Blaney s'en prend au NPD

Au lieu d'acquiescer à la demande, le ministre s'est plutôt lancé dans une attaque en règle contre le refus du Nouveau Parti démocratique (NPD) d'appuyer le projet de loi budgétaire du gouvernement, qui comprend une subvention renouvelable de 25 millions de dollars sur cinq ans visant à mettre fin à la violence contre les femmes et les filles autochtones.

La députée libérale Carolyn Bennett a déclaré dans un communiqué que l'entêtement des conservateurs à ne pas ouvrir d'enquête sur cette affaire était incompréhensible. Elle a affirmé qu'un gouvernement qui refusait d'agir en dépit de ces statistiques troublantes ne pouvait pas prétendre lutter contre le crime et soutenir les victimes.

Citant une source anonyme, l'APTN a affirmé dans un reportage diffusé mercredi que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait maintenant identifié plus de 1000 cas de femmes et filles autochtones tuées ou disparues, une hausse considérable par rapport aux 600 cas d'abord répertoriés.

La GRC est arrivée à ce nouveau bilan après avoir communiqué avec plus de 200 corps policiers à travers le pays, a indiqué le réseau télévisé.

Jeudi, la police nationale n'a pas confirmé ni démenti la nouvelle.

Tyler Bates, directeur des Services nationaux de police autochtones et de la prévention du crime à la GRC, a transmis les questions au service des relations avec les médias de la GRC à Ottawa.

La sergente Julie Gagnon a affirmé que le rapport de la GRC n'était pas terminé, et qu'il serait prématuré de commenter davantage.

Dans un courriel, jeudi, elle a écrit que la GRC finalisait actuellement un examen des opérations à l'échelle du pays dans le but d'obtenir le bilan « le plus exact » possible du nombre de femmes autochtones assassinées ou disparues au Canada.

« Cette initiative aidera la GRC et ses partenaires à identifier les facteurs de risque et de vulnérabilité associés aux femmes autochtones assassinées ou disparues, afin de nous guider dans l'élaboration d'initiatives et de politiques d'application des lois, d'intervention et de prévention dans le but de réduire la violence contre les filles et les femmes autochtones », a expliqué Mme Gagnon.

Le ministère de la Sécurité publique n'a encore répondu à aucune question.

Plus tôt cette année, la GRC indiquait avoir conclu une « étude de dossiers détaillée » de plus de 400 cas de femmes et de filles assassinées ou disparues sur le territoire qu'elle dessert, et disait qu'elle poursuivait ses recherches.

Des notes internes obtenues par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information montrent que la GRC a examiné 327 dossiers d'homicide et 90 autres de personnes disparues concernant des femmes autochtones.

L'Association des femmes autochtones du Canada a déjà dit être au courant de l'existence d'encore plus de cas de femmes et de filles assassinées ou disparues que ce que mentionne l'étude de la GRC.

Politique