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Fracturation hydraulique : impacts méconnus, selon un rapport fédéral

Des puits de gaz naturel comme celui-ci sont nombreux dans le nord-est de la Colombie-Britannique.

Des puits de gaz naturel comme celui-ci sont nombreux dans le nord-est de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un rapport commandé par Environnement Canada indique que les impacts environnementaux de la fracturation hydraulique par l'industrie gazière sont méconnus.

« Les données concernant de potentiels impacts environnementaux ne sont ni suffisantes ni concluantes », mentionne le rapport rédigé par 14 experts internationaux. Le ministre de l'Environnement, Peter Kent, avait demandé l'étude pour répondre aux nombreuses préoccupations exprimées à travers le pays.

La fracturation hydraulique consiste en l'injection de produits chimiques et d'abrasifs à haute pression dans la roche pour libérer le gaz naturel. Les connaissances sur cette technique sont si inadéquates que les scientifiques et les organismes de réglementation devraient immédiatement étudier la manière de développer la ressource de façon sécuritaire et écologique, suggère un coauteur du rapport, Rick Chalaturnyk, qui enseigne l'ingénierie à l'Université de l'Alberta.

Les risques d'infiltration de gaz naturel dans les eaux souterraines ne sont pas correctement surveillés, note aussi le rapport, qui appelle l'industrie et les gouvernements à être plus vigilants. « Pour un développement de gaz naturel à grande échelle, je ne crois pas que vous voulez simplement dire aux gens : " Faites-nous confiance, nous savons ce que nous faisons " », fait valoir M. Chalaturnyk.

Selon le rapport, il faut faire suffisamment de recherches pour rassurer les Canadiens qui s'inquiètent pour leur santé et qui croient qu'on ne leur dit pas toute la vérité. « Il y a des raisons de croire que le développement du gaz naturel pose un risque pour les sources d'eau, mais l'ampleur de ce risque et l'existence ou non de dégâts déjà survenus ne peuvent être évalués à cause d'un manque de données scientifiques et de compréhension », peut-on lire dans le document.

Celui-ci avance en outre qu'on en sait peu sur les risques potentiels des produits chimiques utilisés dans la fracturation. La littérature scientifique sur leurs risques potentiels de persister, de se répandre et d'affecter le sous-sol, ou d'atteindre les eaux de surface est « minimale », selon le rapport.

L'histoire montre qu'en développant les sources d'énergie les plus importantes sur la planète, les impacts environnementaux d'importance ne sont généralement pas anticipés, soulignent les chercheurs.

« Ce qui est sans doute plus alarmant, c'est que quand des impacts négatifs ont été anticipés, ils ont été rejetés ou ignorés par ceux qui attendaient les bénéfices de l'activité économique produite par ces impacts », écrivent les auteurs du rapport.

Avec les informations de La Presse canadienne

Environnement