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Les appels à la démission du maire Ford se multiplient

Rob Ford quittant sa résidence, jeudi matin

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Les candidats à la mairie de Toronto et les conseillers municipaux sont de plus en plus nombreux à exiger le départ définitif du maire sortant, Rob Ford, qui a annoncé son retrait temporaire de la politique mercredi soir pour régler un problème de dépendance à l'alcool.

Les aveux du maire surviennent au moment où de nouvelles révélations viennent encore ternir sa réputation. Trois quotidiens ont dévoilé de nouvelles informations selon lesquelles le principal intéressé aurait consommé de la drogue et tenu des propos inappropriés au cours des dernières semaines.

Le conseiller municipal, Doug Ford, a réagi la gorge nouée d'émotions, au retrait temporaire de la vie politique de son frère.

C'est l'une des journées les plus difficiles de ma vie.

Doug Ford, conseiller municipal et frère de Rob Ford. 

Doug Ford s'est toutefois dit soulagé que son frère aille chercher de l'aide et continue de lui offrir son soutien. 

La conseillère Karen Stintz, qui entend briguer la mairie de Toronto cet automne, a dit avoir été choquée et embarrassée par les propos tenus par Rob Ford à son égard. 

Au sujet de Mme Stintz, Rob Ford aurait déclaré, selon l'extrait audio diffusé par le Toronto Sun-que Radio-Canada n'a pas été en mesure d'identifier-, qu'il aimerait bien « se la faire » (« I'd like to f****ing jam her »).

Rob Ford en train de fumer ce qui semble être du crack dans cette photo obtenue par le site américain Gawker et le Globe and Mail.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rob Ford en train de fumer ce qui semble être du crack dans cette photo obtenue par le site américain Gawker et le Globe and Mail.

Photo : Courtoisie : Gawker

Les seules personnes qui peuvent décider du sort politique de Rob Ford sont les électeurs torontois. 

Karen Stintz, conseillère municipale et candidate à la mairie de Toronto

Olivia Chow, qui est aussi dans la course à la mairie, dit regretter que Toronto fasse de nouveau les manchettes un peu partout dans le monde, mais pour les mauvaises raisons. 

Les candidats John Tory et David Soknacki sont allés encore plus loin en demandant la démission de Rob Ford.  

« Comme tous les Torontois, je suis déçu par ces révélations concernant le comportement récent du maire Ford », a déclaré mercredi soir John Tory.

L'ancien chef du Parti progressiste-conservateur assure que le maire adjoint Norm Kelly, qui détient l'essentiel des pouvoirs de maire depuis une décision du conseil municipal en novembre, a son soutien pour prendre les rênes de la Ville d'ici les prochaines élections.

La première ministre Kathleen Wynne a aussi répété sa confiance envers Norm Kelly jeudi matin, lors de son jogging matinal. « Toute cette affaire est une distraction pour Toronto qui dure depuis longtemps », a déclaré Madame Wynne. Elle a ajouté qu'elle allait continuer à intéragir avec le maire adjoint.

Est-il possible pour Rob Ford de « guérir » en 30 jours?

Pour la Dre Marie-Ève Morin, directrice médicale en dépendance et santé mentale à la Clinique Opus, il importe de faire la distinction entre une désintoxication et une thérapie. Selon elle, une désintoxication à la suite d'un problème d'alcool peut durer de 7 à 10 jours, soit le temps d'évacuer la substance du corps.

« Ce n'est pas long une désintox, et ce n'est pas si difficile ; ce qui est difficile, c'est de ne pas recommencer, et c'est là que la thérapie entre en ligne de compte », explique la Dre Morin. « Une thérapie pour une dépendance sévère peut durer trois mois, six mois, neuf mois, un an. C'est le travail d'une vie », ajoute-t-elle.

Bien qu'elle ne puisse se prononcer de façon précise sur le cas de Rob Ford, ne connaissant pas en détail sa situation, la spécialiste estime qu'il est un peu utopique de penser que sa situation sera réglée en un mois. « En 30 jours, que tout soit réglé, que les gens aient un mode de vie et que l'abstinence soit intégrée... C'est assez rare », précise-t-elle. Finalement, elle juge que devant une telle situation, il importe de pratiquer l'abstinence et de vérifier si la situation ne cache pas d'autres problèmes, par exemple en santé mentale.

Anne-Marie Dussault s'entretient avec la Dre Marie-Ève Morin, directrice médicale à la Clinique Opus.

Des conseillers exigent aussi sa démission

Plusieurs élus municipaux ont vivement réagi sur Twitter depuis mercredi soir. La conseillère Jaye Robinson, qui avait été renvoyée du comité exécutif par Rob Ford en juin 2013, écrit que « seule une démission sera acceptable à ce stade-ci ».

Kristyn Wong-Tam, une conseillère de gauche, affirme, elle, que « Rob Ford peut tenter de régler ses problèmes de santé, mais que 30 jours ne seront pas suffisants pour changer ses attitudes racistes, misogynes, homophobes et ses tendances à enfreindre la loi. »

Rob Ford dans la tourmente

Rob Ford toujours dans la course à la mairie

Malgré ces nouvelles révélations, Rob Ford n'a pas l'intention de retirer sa candidature de la course à la mairie de Toronto, selon son avocat Dennis Morris.

Il a confié hier au réseau CBC mercredi soir que ce retrait temporaire était l'occasion pour Rob Ford de « prendre du recul, de respirer et de recevoir de l'aide pour ses problèmes de consommation de drogues ».

L'élection aura lieu en octobre 2014. 

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Ontario

Affaires municipales